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Obésité | Chirurgies

Loin de la cible

Le Ministère est en déficit de près de 1000 chirurgies bariatriques par année

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Photo d’archives
En 2012-2013, plus de 2000 Québécois obèses morbides ont subi une chirurgie bariatrique. Il s’agit d’une augmentation de 71% depuis 4 ans, alors que 1176 personnes étaient passées sous le bistouri.

Bien que le nombre de chirurgies bariatriques ait fait un bond de 71 % depuis 2009 pour atteindre la barre des 2000, ce résultat est bien loin de l’objectif ministériel des 3000 chirurgies par année.

En 2012-2013, plus de 2000 Québécois obèses morbides ont subi une chirurgie bariatrique. Il s’agit d’une augmentation de 71% depuis 4 ans, alors que 1176 personnes étaient passées sous le bistouri.

Programme universel

Pourtant, le gouvernement est encore loin de son objectif. En 2009, le ministre de la Santé de l’époque, le Dr Yves Bolduc, avait indiqué que 3000 chirurgies par année seraient effectuées dès 2011-2012.

Cette mesure s’inscrivait dans le cadre d’un programme de 29 millions $ pour améliorer l’accès à la chirurgie bariatrique. Notamment, les patients n’ont plus à payer un montant d’environ 4000 $ pour se faire installer un anneau gastrique (voir autre texte).

Questionné à ce sujet, le ministère de la Santé (MSSS) souligne que le manque de temps opératoire et le peu d’intérêt des chirurgiens expliquent ce retard dans le plan d’action.

Or, le MSSS n’était pas en mesure de chiffrer le coût annuel du programme depuis 2009. Une mise à jour du programme est d’ailleurs prévue cet automne pour en améliorer l’efficacité.

À l’Hôpital du Sacré-Cœur, on effectue 12 chirurgies par semaine. Selon le Dr Ronald Denis, le problème relève d’un manque de budget.

Délai trop long

«Le gouvernement ne paie pas ce que ça coûte, tous les hôpitaux qui font cette chirurgie sont déficitaires, explique-t-il. Le délai d’attente est tellement long.»

Ce dernier souligne même qu’il a mis sur pied une fondation pour accélérer l’accès à la chirurgie. Chaque mois, huit interventions sont payées par sa fondation.

À noter, le centre hospitalier Pierre-Boucher et l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) sont les deux établissements qui opèrent le plus, avec plus de 500 interventions au cours de la dernière année (voir tableau).

Attente variable

Or, l’attente varie énormément d’un hôpital à l’autre. Alors que les patients de Lachine attendent en moyenne quatre semaines, ceux de Roberval patientent généralement 139 semaines (plus de deux ans et demi).

À l’IUCPQ, la liste d’attente dépasse les 2000 noms. Pourtant, attendre peut se révéler bénéfique, selon le Dr Simon Biron.

«Les gens me disent qu’ils sont venus au monde le jour de l’opération, dit le chirurgien. Ça transforme leur vie complètement.»

Selon une étude réalisée en 2008, les coûts associés à l’opération se remboursent en deux à quatre ans, grâce à l’amélioration de la condition physique du patient.


► Au Québec, 250 000 personnes souffrent d’obésité morbide, et 2615 demandes de chirurgies sont actuellement en attente.

Qui a droit à la chirurgie bariatrique ?
Un surplus d’au moins 100 livres (45 kg) par rapport au poids idéal
Les patients sont priorisés selon leur état de santé
Le délai varie de quelques semaines à quelques années
Risques pour la santé liés à l’obésité
Diabète de type 2
Hypertension
Maladies cardiovasculaires
Cancers
Arthrose
Problèmes respiratoires
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