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Verdict Adèle Sorella

Coupable de meurtres

Adèle Sorella, 47 ans, a pris le chemin du pénitencier où elle restera pendant au moins 25 ans

Adèle Sorella
Illustration agence qmi, delf berg Croquis du juré qui a annoncé le verdict hier au procès d’Adèle Sorella.

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Reconnue coupable des meurtres de ses fillettes, Adèle Sorella a pris le chemin de la prison hier, où elle risque de passer le reste de sa vie.

À la quatrième journée de délibérations, le jury chargé de la juger au terme d’un procès de deux mois s’est entendu sur un verdict: coupable de meurtres prémédités, le crime le plus grave du Code criminel.

Vers 11h, les jurés ont remis une note à la juge Carol Cohen pour l’aviser qu’ils en étaient arrivés à un consensus. Dans la salle d’audience, les sièges étaient presque tous occupés. Aucun membre de la famille de Sorella n’était présent. La tension était palpable lorsque le jury a fait son entrée.

«Coupable»

Avant de s’assoir, la jurée numéro 4 a fixé Sorella, installée dans le box des accusés. Une autre assise dans la rangée arrière pleurait, tandis que la jurée numéro 3 avait les yeux rouges.

C’est le juré numéro 5 qui a fait l’annonce du verdict attendu depuis vendredi. Debout, l’air confiant, il a répondu avec assurance à la greffière qui a demandé le verdict quant à l’accusation de meurtre prémédité pour la mort d’Amanda: «coupable», a-t-il répondu en anglais. Même réponse concernant l’accusation de meurtre de la jeune Sabrina.

La juge a ensuite demandé à Sorella de se lever, puis s’est adressée à elle.

«Vous êtes condamnée à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 25 ans», a-t-elle dit.

Adèle Sorella aura donc 72 ans lorsqu’elle pourra demander une libération conditionnelle. Elle a pourtant à peine bronché hier. D’ailleurs, depuis le début de son procès, elle a eu peu de réactions, sauf lors de certains témoignages de proches.

Prison

Avant de quitter la salle, Me Pierre Poupart, qui représente la femme, l’a embrassée sur les joues. Ce dernier semblait abasourdi par le verdict prononcé.

Depuis 2010, Adèle Sorella jouissait d'une libération sous caution. Ainsi, durant les deux mois qu'a duré le procès, elle retournait à la maison après chaque journée d’audience. Mais hier, c’est le chemin des cellules qu’elle a pris, sous escorte.

Faute d’employé en raison de la journée fériée, la femme été obligée d’emprunter le corridor principal, avant d’être conduite au quartier cellulaire. Elle est passée devant plusieurs curieux qui venaient d’assister au prononcé de son verdict.

Elle tentait de cacher, avec son long foulard, les menottes qu’elle portait aux mains derrière son dos.

Longues délibérations

Séquestré depuis jeudi soir, le jury aura donc mis un peu plus de trois jours avant de s’entendre, de façon unanime, sur le sort de la femme. Manifestement, le doute que Me Poupart a tenté de semer lors de ses deux journées de plaidoiries n’a pas fait le poids.

En effet, considérant le verdict qu’ils ont rendu, les jurés ont, selon toute vraisemblance, adopté la thèse de la Couronne voulant qu’Adèle Sorella avait l’opportunité exclusive de tuer ses filles: elles ont été vues pour la dernière fois avec leur mère le matin du drame, elles ont été tuées chez elles et il n’y avait aucune trace d’effraction dans la maison.

Selon la Couronne, Sorella s’était arrangée pour se retrouver seule pour pouvoir exécuter son crime, le 31 mars 2009, dans sa résidence de Laval. Elle aurait en effet profité de l’absence de sa mère, qui vivait chez elle, pour tuer ses enfants.

Sorella aurait prétendu un rendez-vous chez le médecin avec les filles ce matin-là. Elle aurait ensuite pris ce qu’elle avait à sa disposition pour commettre son crime: une chambre hyperbare, a avancé la Couronne.

L’appareil thérapeutique qui administre de l’oxygène sous pression servait à la jeune Sabrina, pour ses problèmes d’arthrite juvénile. Lorsqu’il n’est pas en fonction et que les fermetures éclair sont fermées, l’appareil devient complètement hermétique. Les filles auraient manqué d’air au bout de 90 minutes.

Or, lors de leurs délibérations, les jurés n’avaient pas à s’entendre sur la façon dont les fillettes ont été tuées, puisque la cause reste à ce jour indéterminée. Ils devaient par contre être unanimes sur la responsabilité de l’accusée.

Les avocats de Mme Sorella, Mes Pierre et Guy Poupart, ont préféré ne pas faire de commentaires à la suite du prononcé du verdict.

Ce qu’ils ont dit
«
Deux innocentes victimes de trop et une mère condamnée. Quels drames pour une société! Mon point de vue a toujours été qu'un meurtre d'enfant devait être un homicide au premier degré automatiquement.»
– Pierre-Hugues Boisvenu, Sénateur



«
C’est un mauvais verdict. Il n’a pas été démontré qu’elle savait que la chambre hyperbare pouvait être utilisée comme ça. Il faut prouver qu’elle savait combien de temps ça prenait pour mourir. C’est de la spéculation.»
– Me Daniel Rock, l’avocat de Giuseppe De Vito, le père des enfants.



«
On considère que c’est un dossier qui n’est pas facile. Les membres du jury ont travaillé très fort pour rendre leur verdict. On considère que justice a été rendue aujourd’hui. On est satisfait du verdict.»
– Me Maria Albanese, procureure de la Couronne



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