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Des vétérinaires négligents

Les soins de dizaines de vétérinaires mis en cause

Des vétérinaires négligents
Photo courtoise Des années après sa mort, Mireille Laroche pleure encore la perte de son chien, Buddy.

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Opération ratée, animal blessé lors d’une chirurgie, vente de médicaments au marché noir...Près de 40 vétérinaires ont dû comparaître devant un conseil de discipline depuis 2001 pour leur comportement négligent.

Ghislaine Martineau était loin de se douter qu’une simple opération de routine de détartrage et d’extraction de dents allait tourner au cauchemar lorsqu’elle est allée porter sa petite chienne Canelle à la Clinique vétérinaire Beauce-Nord, en août 2004.

Pendant l’opération, le vétérinaire fracture par inadvertance la mâchoire de la chienne caniche miniature. Sur le coup, il a tenté de réparer la fracture, sans en aviser Mme Martineau, utilisant une méthode «inappropriée».

Pire encore, l’enquête du conseil de discipline de l’Ordre des vétérinaires révèle que le praticien n’aurait jamais dû procéder à l’opération de détartrage et d’extraction, qui aurait dû être confiée à un hôpital vétérinaire.

Le vétérinaire, le Dr Paul-Émile Cliche, a finalement écopé de deux réprimandes et de trois amendes totalisant 2600 $.

La décision du comité de discipline n’indique pas si Canelle a gardé des séquelles de son opération ratée.

Une quarantaine de cas

L’histoire de Canelle est l’un des 43 cas traités par le conseil de discipline de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ) depuis 2001.

Malgré des visites d’inspections professionnelles fréquentes et l’obligation de suivre de la formation obligatoire, des vétérinaires sont pris en faute chaque année.

«Malheureusement, comme dans toutes les professions, il y a des gens qui ont de la difficulté à se conformer aux normes et lois établies», explique Dr Joël Bergeron, président de l’OMVQ.

«On constate que c’est souvent les mêmes noms qui reviennent. Mais il y a 2300 médecins vétérinaires au Québec. La grande majorité d’entre eux font un travail exceptionnel».

Les erreurs de diagnostic, les problèmes de suivi et les coûts reliés aux services sont les motifs de doléance les plus fréquents reçus par l’Ordre.

«Les plaintes partent souvent d’une insatisfaction ou d’une incompréhension entre le vétérinaire et le propriétaire de l’animal. C’est d’ailleurs pourquoi on offre maintenant plusieurs ateliers aux vétérinaires pour qu’ils améliorent différents volets liés à la communication», souligne Dr Bergeron.

 

Des cas étonnants
Voici quelques cas traités par le conseil de discipline de l’Ordre des médecins vétérinaires au cours des dernières années.
Drogue et marché parallèle
Précision - Jean-Claude Marsan
Dans notre article intitulé « Des vétérinaires négligents », publié le 30 juin dernier, nous avons rapporté que l'ex-vétérinaire Jean-Claude Marsan avait été radié en 2004 par le Comité de discipline de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec pour une période de sept ans pour avoir acheté une quantité importante de Kétamine non pas pour un usage vétérinaire, mais plutôt pour un « marché parallèle ». Nous tenons à préciser qu'il ne s'agissait pas là d'une accusation criminelle mais plutôt d'une plainte disciplinaire déposée par le syndic. Aussi, contrairement à ce qui a été publié, M. Marsan n'a pas écopé d'une radiation d'une semaine en 1999 pour avoir été sous influence de la drogue sur son lieu de travail, mais bien pour ne pas s'être « abstenu d'exercer sa profession dans des conditions ou états susceptibles de compromettre la qualité de ses actes ou la dignité de sa profession ».

LES FAITS REPROCHÉS : Le Dr Charles Marsan a dû se présenter plusieurs fois devant le conseil de discipline au cours des dernières années.
En 1999, M. Marsan a écopé d’une radiation d’une semaine pour avoir été sous influence de la drogue (cannabis et cocaïne) sur son lieu de travail.
En mars 2003, il aurait «projeté à l’extérieur de sa clinique, de façon intempestive et injustifiée, un chat», en réponse aux propos du syndic de l’OMVQ.
Toujours en 2003, il a été reconnu coupable de 10 chefs d’accusation, notamment pour avoir permis l’exercice de la médecine par des personnes non qualifiées et pour ne pas avoir maintenu dans ses locaux une hygiène suffisante pour assurer la santé et la sécurité des animaux,
En 2004, le vétérinaire a été radié pour sept ans pour avoir acheté une quantité importante de Kétamine, un produit utilisé dans la fabrication de drogues, non pas pour un usage vétérinaire, mais plutôt pour un «marché parallèle.»
Euthanasie au camping
LES FAITS REPROCHÉS : Selon la preuve amassée par le syndic, la vétérinaire Anne-Marie Chassé aurait euthanasié un chat après que celui-ci a endommagé sa tente. La vétérinaire, qui était en vacances avec son mari aux Îles-de-la-Madeleine, dit s’être basée sur l’apparence physique de l’animal pour prendre cette décision, puisqu’il semblait amaigri. Elle aurait fait la même chose ensuite avec un autre chat, qui semblait errant. La vétérinaire a écopé d’une radiation de deux semaines.
Elle enterre des chats dans sa cour
LES FAITS REPROCHÉS : À la suite de plaintes de propriétaires d’animaux, l’Ordre des médecins vétérinaires a entrepris une enquête sur une vétérinaire de l’Anse-Saint-Jean. On lui a notamment reproché de pratiquer dans des lieux «impropres, inadéquats et non dotés du matériel et des équipements requis». Christine Belley aurait aussi enterré ou permis que soient enterrés des corps d’animaux euthanasiés dans le sol de sa propriété. Lors d’une visite du syndic, la vétérinaire aurait admis ne pas stériliser son matériel et ses instruments. La Dre Belley a enregistré un plaidoyer de culpabilité pour tous les chefs retenus contre elle.