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Québec Issime a le coeur gros

Le musicien Guy Bolduc parmi les disparus à Lac-Mégantic

Québec Issime a le coeur gros
Photos courtoisie Pierre Doré (en mortaise), fondateur de Québec Issime, se désole à l’idée de devoir faire le deuil de son ami Guy Bolduc ainsi que des projets qu’ils rêvaient de réaliser ensemble.

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Plus les heures avancent et plus l’espoir de retrouver le guitariste d’origine chicoutimienne, Guy Bolduc, dans les décombres du bar le Musi-Café à Lac-Mégantic s’amenuise, ce qui laisse craindre le pire à la troupe Québec Issime dont il a fait partie.

«C’est une journée pas mal triste. Je peux vous dire que la gang du spectacle Cow-Boys, qui est présentement en préproduction, a le cœur gros. Guy, c’était un musicien qui faisait du bruit, un chum de la gang», a confié le producteur de Québec Issime, Robert Doré.

«À l’heure où on se parle, il est sûrement décédé, mais au moins, en faisant ce qu’il aimait le mieux», a-t-il poursuivi, trouvant complètement absurde l’idée qu’une personne jouant de la musique dans un bar un vendredi soir puisse se retrouver à proximité d’un train qui explose.

Pas d’illusion

De son côté, le fondateur de Québec Issime, Pierre Doré, ne se fait pas d’illusion de retrouver Guy Bolduc vivant.

«Il n’y a plus vraiment d’espoir selon sa femme Caroline Tremblay qui l’a dit sur Facebook. C’est un désastre tout ça. On regarde ça aller depuis deux jours, c’est terrible. Nous sommes malheureusement des spectateurs impuissants», indique celui qui se remémore les souvenirs d’un gars qu’il considérait comme son ami.

Un gars «smatte»

«Si tu me demandes de te nommer un gars “smatte” dans vie, c’est Guy Bolduc. Il avait toujours un sourire dans la face. C’était un type extraordinaire et un excellent musicien.»

«Quand j’ai déménagé du Saguenay pour aller habiter dans le nord de Montréal, je me rappelle qu’il faisait de la musique dans les bars et il posait du plancher pour combler les fins de mois. Cela ne l’a pas empêché de sauter dans son char et de faire 3-4 heures pour me venir m’accueillir», se souvient-il.

Mais ce qui a marqué le plus ce dernier est la belle époque des bars sur la rue St-Dominique à Jonquière. «Nous avons tellement eu des beaux trips avec Guy quand il jouait comme chansonnier à La Fricassée ou encore au Shooter.»

«Je me souviens des après-spectacles que nous faisions là-bas avec les chanteurs et les danseuses. On évoluait dans un petit monde donc on se côtoyait très souvent. Tellement, qu’il y a une dizaine d’années, il a même fait partie du band de Québec Issime pendant environ une demi-saison en alternance avec un autre musicien. À chaque fois qu’on jouait ensemble, c’était mémorable», se rappelle-t-il.

Un projet mort dans l’œuf

Un des seuls regrets de Pierre Doré à l’endroit de Guy Bolduc est que leur projet ne verra jamais le jour.

«Guy avait réalisé son rêve d’avoir son propre studio à sa maison de Blainville. Il voyait grandir ses enfants et il ne voulait peut-être pas faire du bar encore longtemps même s’il adorait ce qu’il faisait.»

«Je me rappelle qu’à chaque fois qu’on se voyait, on se disait qu’un jour nous allions nous faire une session d’enregistrement. Malheureusement, ce ne sera pas dans cette vie. C’est assez brutal», constate-t-il.

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