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Lac-Mégantic

Victimes méconnaissables

L’intensité des flammes et des brasiers rend l’identification des dépouilles extrêmement difficile

Lac-Mégantic
© photo Reuters Plusieurs sources confirment que les corps dans le périmètre sont carbonisés, voire se sont volatilisés.

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Le deuil des familles de Lac-Mégantic pourrait s’éterniser, l’intensité des explosions et des incendies n’ayant laissé que cendres, ossements, dents et quelques bijoux fondus pour identifier les victimes.

«Il ne reste plus rien», a avoué le porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), Michel Brunet, qui a pu voir de très près la zone dévastée. Il a même mentionné que la scène lui faisait penser à des images d’archives de la Seconde Guerre mondiale. Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, a quant a lui parlé d’un endroit dévasté comme si «une bombe atomique» était tombée sur la rue.

Plusieurs sources témoignent d’une scène d’horreur et confirment que les corps à l’intérieur du périmètre sont complètement carbonisés, voire se sont volatilisés.

Homme ou femme?

D’ailleurs, les autorités ne pouvaient pas indiquer hier si les cinq personnes dont elles ont confirmé la mort étaient des hommes ou des femmes. Cette situation fait craindre le pire aux citoyens de Lac-Mégantic, qui anticipent un deuil interminable.

«Il y a des familles très éprouvées, avec trois à quatre décès dans le même groupe», a tristement signalé Maurice Bernier, préfet de la MRC du Granit.

«Ce sera un deuil très long et très difficile, surtout si on n’est pas en mesure d’identifier des personnes, ça va être encore pire», a-t-il convenu, d’une voix dévastée, soulignant que des gens risquent de rester avec un doute pour le reste de leur vie.

ADN demandé

Pour l’instant, les corps retrouvés sont entreposés dans un camion réfrigéré. Celui-ci transportera les dépouilles jus­qu’au laboratoire du coroner de Montréal, où les analyses seront pratiquées.

La porte-parole du coroner, Geneviève Guilbeault, confirme que l’identification des victimes sera très ardue. «C’est un travail qui sera complexe et fastidieux. Vous avez vu l’intensité de l’incendie.»

Des échantillons d’ADN ont notamment été demandés aux proches des victimes pour faciliter la tâche des experts. «La cueillette de données ante mortem fait partie des moyens qu’on utilise pour procéder à l’identification. C’est un incontournable et elles ont été recueillies dans la mesure du possible», a-t-elle relaté, indiquant qu’il est aussi possible de faire l’identification par fiche dentaire.

D’ailleurs, l’anthropologue et spécialiste en anthropologie judiciaire médico-légale Guy Gauthier souligne qu’une dent peut résister à des températures supérieures à plus de 1100 °C.

«Il est possible d’identifier une victime dont le corps aurait été brûlé ou carbonisé par l’entremise de sa dentition. (...) Ces analyses peuvent prendre quelques semaines en laboratoire», a-t-il convenu. 

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