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Festival d’Avignon

Les festivaliers dans l’univers de Laura Cadieux

Les festivaliers dans l’univers de Laura Cadieux
Photo courtoisie Cécile Magnet interprète le rôle-titre dans l'adaptation française de la pièce C’t’à ton tour Laura Cadieux de Michel Tremblay, présentée au Festival d’Avignon.

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C’était jour d’ouverture hier pour l’OFF d’Avignon, mais aussi jour de première pour la nouvelle création de Christian Bordeleau. Le metteur en scène et comédien québécois, qui vit en France depuis 30 ans, présente jusqu’au 31 juillet prochain son adaptation de C’t’à ton tour, Laura Cadieux de Michel Tremblay.

C’était jour d’ouverture hier pour l’OFF d’Avignon, mais aussi jour de première pour la nouvelle création de Christian Bordeleau. Le metteur en scène et comédien québécois, qui vit en France depuis 30 ans, présente jusqu’au 31 juillet prochain son adaptation de C’t’à ton tour, Laura Cadieux de Michel Tremblay.

La pièce est présentée au Théâtre des Amants, une petite salle de 50 places. Un monologue joué seul sur scène par la comédienne française Cécile Magnet.

Pendant un peu plus d’une heure, la comédienne incarne Laura Cadieux, cette femme qui ­depuis dix ans, va chez son gynécologue deux fois par semaine pour recevoir un traitement pour perdre du poids. On la suit dans l’une de ses journées typiques, de son entrée dans le métro de Montréal où elle a cru perdre son fils, à la salle d’attente chez son médecin où elle retrouve ses copines.

Cécile Magnet porte la pièce sur ses épaules et elle ne s’en laisse pas imposer. Malgré quelques oublis dans le texte lors de la première, la comédienne n’a pas semblé déstabilisée. Elle défend le personnage avec brio, rendant cette Laura Cadieux à la fois drôle et sympathique. Elle navigue aisément entre les différents personnages qui peuplent le récit, se mettant tantôt dans la peau de Mme Therrien et de Mme Thibault, tantôt dans celle de Mme Brouillette ou de Mme Tardif.

Accent français

Christian Bordeleau, qui a déjà adapté et mis en scène plusieurs pièces de Tremblay en France, ­arrive une nouvelle fois à rendre compréhensible pour un public français un texte à l’accent et aux expressions très québécoises sans pour autant en dénaturer la langue. Un travail d’adaptation savamment dosé qui évite au spectateur ­français de décrocher et qui ne ­perturbe en rien le spectateur ­québécois.

Plusieurs tournures de phrases et expressions ont d’ailleurs été conservées, comme lorsque Laura Cadieux se traite elle-même de «grosse torche», qu’elle dit «j’va tomber» ou bien qu’elle s’exclame «parce que chu grosse tabarnak!» Le tout avec un accent français, puisque Cécile Magnet n’essaie pas d’imiter l’accent québécois. Elle garde le sien et c’est tant mieux. Christian Bordeleau l’a compris ­depuis longtemps et assume complètement son choix. Un acteur français qui essaie de prendre l’accent québécois n’est jamais très convaincant.

Nouvelles adaptations

Christian Bordeleau en est aujourd’hui à sa 8e adaptation et mise en scène de Michel Tremblay en France, avec sa compagnie Les Productions du Chemin Vert, vouée à la production de pièces de théâtre issues du répertoire québécois.

Il présente d’ailleurs pour une seconde année consécutive à Avignon À toi pour toujours, ta Marie-Lou. Une pièce qui vient d’être présentée pendant plus d’un mois au Théâtre Lucernaire à Paris et dans laquelle Cécile Magnet tient le rôle de Marie-Lou. La comédienne monte ainsi sur scène deux fois par jour pendant les trois semaines du festival.

Après l’OFF d’Avignon, Christian Bordeleau sera de retour à Paris pour travailler sur la mise en scène de La duchesse de Langeais, une autre pièce de Tremblay qui sera présentée à l’automne prochain avec deux autres monologues de l’auteur québécois, au Théâtre les déchargeurs, à Paris.

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