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Broue | France

Les Français font Cul sec à Avignon

L’adaptation de la pièce Broue fait ses débuts dans l’Hexagone

Cul sec
Photo Courtoisie Cul sec, adaptation française de Broue, est présentée au Festival d’Avignon jusqu’à la fin du mois de juillet.

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AVIGNON | L’adaptation ­française de la célèbre pièce de théâtre québécoise Broue est présentée au Festival OFF d’Avignon jusqu’au 31 juillet prochain. Le Journal de Montréal a assisté à cette création avignonnaise baptisée Cul sec pour le public français.

AVIGNON | L’adaptation ­française de la célèbre pièce de théâtre québécoise Broue est présentée au Festival OFF d’Avignon jusqu’au 31 juillet prochain. Le Journal de Montréal a assisté à cette création avignonnaise baptisée Cul sec pour le public français.

Dès l’ouverture de la pièce, changement de décor. Cul sec nous convie au bistrot chez Gigi, avec table ronde et banquette en cuir, plutôt qu’à la ­taverne Chez Willy. Mais à l’intérieur de cet établissement où les femmes sont exclues, les langues se délient toujours autant et les différents ­personnages se succèdent à un rythme effréné.

D’une pièce de deux heures, le metteur en scène et comédien français Thomas Le Douarec en a fait une pièce d’une heure et quart. Il fallait donc couper certains personnages, mais il en a conservé tout de même seize sur les dix-huit interprétés par Michel Côté, Marc Messier et Marcel Gauthier dans Broue.

Thomas Le Douarec les a parfois transformés ou adaptés pour mieux les faire coller à la réalité française. D’autres, comme Frankie, un Antillais qui aide son ami habillé en Elvis à écrire une lettre de pardon à sa femme, a été créé par l’acteur qui l’incarne, Didier Constant.

Personnages familiers

On retrouve également Verrue, le clochard qui arrive dans le bistrot déjà saoul et qui s’effondre sur une ­table pour y rester pendant toute la durée de la pièce. Il n’aura pas conscience de toute la galerie de personnages aussi drôles que pathétiques qui défilera dans le bar.

À l’instar de Bonin et Bob dans Broue, les serveurs Jacky et Jeannot écoutent, commentent ou évitent d’une oreille attentive ou distraite les confidences de leurs clients. Hervé, le gérant sans complexe d’un magasin de chaussures, Pointu le pompier à l’accent du sud de la France plus ou moins compréhensible, Manu le pyromane paranoïaque, Peter l’Anglais archi snob ou encore le petit Léo dont le père veut faire de lui un homme en le faisant boire jusqu’à le rendre malade, se succèdent ainsi sur scène. Ici, au bistrot, on ne parle pas de hockey, mais bien de soccer.

Didier Constant, Philippe Vieux et Christian Mulot , les trois comédiens français qui campent tous ces rôles, s’en sortent plutôt bien. Ils naviguent aisément entre les différents personnages et arrivent à nous faire croire en eux, bien que certains ne soient pas encore tout à fait au point. Quelques personnages, comme les deux ambulanciers qui occupent le bistrot ­pendant toute une nuit, mériteraient cependant d’être retravaillés.

Le soir de notre passage, il y avait une trentaine de spectateurs dans la salle du Théâtre Arto, un petit théâtre de quelque 70 places du centre d’Avignon où est présentée Cul sec. Pas trop mal quand on sait que 1300 spectacles sont joués pendant le Festival IN et OFF d’Avignon.

Pas comme au Québec

Le public présent ce soir-là a souri souvent, ri un peu, mais la réaction n’a rien à voir avec les éclats de rire du public québécois qui va voir Broue depuis plus de trente ans. Comme nous l’a confié Thomas Le Douarec, Cul sec en est encore à ses tous débuts et avec les comédiens, ils sont encore à la travailler.

Avec ce spectacle, Thomas Le Douarec n’a pas essayé de faire un Broue à la française. Cul sec est une adaptation libre, elle s’inspire de la structure et des personnages de la version originale, mais la pièce est une véritable création française.


► Cul sec est présentée au Théâtre Arto à Avignon jusqu’au 31 juillet. Si la réaction du public est bonne,Thomas Le Douarec et ses comédiens espèrent pouvoir monter la pièce à Paris à l’automne ou à l’hiver prochain.

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