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Marc Jetté, libraire passionné

Marc Jetté, libraire passionné

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Marc Jetté est auteur, artiste, libraire, enseignant, lecteur, chroniqueur, commerçant, mais surtout, un inestimable témoin de l’ascension de la bande dessinée québécoise depuis la fin des années 1970.
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Marc Jetté, libraire passionné
Marc Jetté est auteur, artiste, libraire, enseignant, lecteur, chroniqueur, commerçant, mais surtout, un inestimable témoin de l’ascension de la bande dessinée québécoise depuis la fin des années 1970.
Jean-Dominic Leduc
collaboration spéciale

Comme beaucoup, l’homme-orchestre s’est intéressé à la bande dessinée dès son plus jeune âge via le mythique journal Pilote. Dans les meilleures années de l’hebdomadaire français, de surcroît. Après avoir abandonné des études en graphisme publicitaire du Cégep Ahuntsic – «Honte à moi!» s’écrit-il l’œil rieur –, il se lance quelques mois plus tard dans le lettrage des séries Woody le Pic et Archie pour le compte des Éditions Héritages, qui publiaient des traductions françaises de séries américaines. Parallèlement, il enchaîne la réalisation d’illustrations pour des manuels scolaires et des livres jeunesse avant de tenter une première percée dans la cour des grands.

«Je me suis présenté aux bureaux de Croc à trois reprises pour y présenter mon portefolio à Pierre Huet. Le magazine était l’unique porte d’entrée dans le domaine professionnel de la bande dessinée d’ici, se remémore le libraire. Même si je n’ai pas été engagé, M. Huet s’avéra de bon conseil.»

L’artiste courtisa également des éditeurs européens, américains et montréalais. Les encouragements fusèrent de toutes parts.

En 1993, il fit la rencontre déterminante d’André Poliquin, bédéiste indépendant à qui l’on doit notamment L’escadron Delta, Stranox et Tabarnacos. De cette amitié naquit Jean Nendur, fanzine qui connut 16 numéros, dans lequel l’artiste publia des bandes, mais aussi des chroniques sur la relève locale et des artistes établis.

Il lancera l’ouvrage Censure et bande dessinée américaine en 1997 aux Éditions De Roussan, en plus de travailler à l’écriture d’un livre portant sur les auteurs québécois publiés à l’étranger. Ces copieu ses biographies seront finalement publiées dans le défunt fanzine Mensuhell.

Ces années furent riches en rencontres, notamment avec les artistes émergents de la scène montréalaise, dont Bernie Mireault, Yanick Paquette et Éric Thériault. À ce dernier, le libraire souffla l’idée d’un projet autour de Frankenstein, qui fit quelque temps plus tard, sous la direction de Thériault, l’objet d’un collectif intitulé Frankestein réinventé publié aux éditions 400 Coups dans la collection Rotor. Car, oui, Marc Jetté agit aussi à titre d’entremetteur artistique, multipliant les rencontres et saines émulations!

Studio 9

Après avoir été employé à la librairie Millenium durant huit ans, l’homme ouvre sa propre librairie rue Saint-Hubert en 2004. Studio 9 est la somme de ses diverses passions: un lieu favorisant les rencontres, où s’y côtoient comic books, romans graphiques, fanzines et livres d’art. Un endroit éminemment sympathique, à l’image du commerçant.

Ses efforts furent d’ailleurs soulignés en 2012 alors que la librairie s’est retrouvée en nomination aux Shuster Awards dans la catégorie meilleure boutique de BD au Canada. Une prestigieuse candidature qui souligne avec éclat l’excellence de son travail de libraire.

BDQ

Tour à tour acteur et témoin de l’évolution de la scène locale, Marc Jetté souhaite que notre bande dessinée devienne un objet de fierté natio nale, au même titre que notre cinéma et notre littérature.

Chaque jour, l’artisan y contribue bien humblement derrière son comptoir en partageant cette vibrante passion avec quiconque pousse la porte de son commerce. Une force tranquille. Un passeur.

Studio 9, 5835, rue Saint-Hubert, Montréal

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Marc Jetté est auteur, artiste, libraire, enseignant, lecteur, chroniqueur, commerçant, mais surtout, un inestimable témoin de l’ascension de la bande dessinée québécoise depuis la fin des années 1970.

Comme beaucoup, l’homme-orchestre s’est intéressé à la bande dessinée dès son plus jeune âge via le mythique journal Pilote. Dans les meilleures années de l’hebdomadaire français, de surcroît. Après avoir abandonné des études en graphisme publicitaire du Cégep Ahuntsic – «Honte à moi!» s’écrit-il l’œil rieur –, il se lance quelques mois plus tard dans le lettrage des séries Woody le Pic et Archie pour le compte des Éditions Héritages, qui publiaient des traductions françaises de séries américaines. Parallèlement, il enchaîne la réalisation d’illustrations pour des manuels scolaires et des livres jeunesse avant de tenter une première percée dans la cour des grands.

«Je me suis présenté aux bureaux de Croc à trois reprises pour y présenter mon portefolio à Pierre Huet. Le magazine était l’unique porte d’entrée dans le domaine professionnel de la bande dessinée d’ici, se remémore le libraire. Même si je n’ai pas été engagé, M. Huet s’avéra de bon conseil.»

L’artiste courtisa également des éditeurs européens, américains et montréalais. Les encouragements fusèrent de toutes parts.

En 1993, il fit la rencontre déterminante d’André Poliquin, bédéiste indépendant à qui l’on doit notamment L’escadron Delta, Stranox et Tabarnacos. De cette amitié naquit Jean Nendur, fanzine qui connut 16 numéros, dans lequel l’artiste publia des bandes, mais aussi des chroniques sur la relève locale et des artistes établis.

Il lancera l’ouvrage Censure et bande dessinée américaine en 1997 aux Éditions De Roussan, en plus de travailler à l’écriture d’un livre portant sur les auteurs québécois publiés à l’étranger. Ces copieu ses biographies seront finalement publiées dans le défunt fanzine Mensuhell.

Ces années furent riches en rencontres, notamment avec les artistes émergents de la scène montréalaise, dont Bernie Mireault, Yanick Paquette et Éric Thériault. À ce dernier, le libraire souffla l’idée d’un projet autour de Frankenstein, qui fit quelque temps plus tard, sous la direction de Thériault, l’objet d’un collectif intitulé Frankestein réinventé publié aux éditions 400 Coups dans la collection Rotor. Car, oui, Marc Jetté agit aussi à titre d’entremetteur artistique, multipliant les rencontres et saines émulations!

Studio 9

Après avoir été employé à la librairie Millenium durant huit ans, l’homme ouvre sa propre librairie rue Saint-Hubert en 2004. Studio 9 est la somme de ses diverses passions: un lieu favorisant les rencontres, où s’y côtoient comic books, romans graphiques, fanzines et livres d’art. Un endroit éminemment sympathique, à l’image du commerçant.

Ses efforts furent d’ailleurs soulignés en 2012 alors que la librairie s’est retrouvée en nomination aux Shuster Awards dans la catégorie meilleure boutique de BD au Canada. Une prestigieuse candidature qui souligne avec éclat l’excellence de son travail de libraire.

BDQ

Tour à tour acteur et témoin de l’évolution de la scène locale, Marc Jetté souhaite que notre bande dessinée devienne un objet de fierté natio nale, au même titre que notre cinéma et notre littérature.

Chaque jour, l’artisan y contribue bien humblement derrière son comptoir en partageant cette vibrante passion avec quiconque pousse la porte de son commerce. Une force tranquille. Un passeur.

Studio 9, 5835, rue Saint-Hubert, Montréal

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