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LAC-MÉGANTIC

Bulle de joie dans l’océan de tristesse

Bulle de joie dans l’océan de tristesse
Photo Françoise Belle-Isle Françoise Belle-Isle, qui tient le chien Cocotte dans ses bras, accueille les animaux errants dans son Refuge des chiens des chats de Lac-Mégantic.

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Prêter main-forte aux citoyens de Lac-Mégantic, cela veut aussi dire les aider à retrouver une vie un tant soit peu normale. Y compris en les réunissant avec leur animal familier.

Prêter main-forte aux citoyens de Lac-Mégantic, cela veut aussi dire les aider à retrouver une vie un tant soit peu normale. Y compris en les réunissant avec leur animal familier.

«Vous devriez voir les scènes de retrouvailles des gens évacués avec leurs animaux. Il y en a qui pleurent, qui rient, c’est touchant!» Françoise Belle-Isle est à la tête du Refuge des chiens des chats de Lac-Mégantic. Depuis une semaine, sa vie est un tourbillon. Elle aide ses concitoyens, mais elle sillonne aussi les rues dévastées à la recherche d’animaux errants.

Au cœur de la détresse ambiante, explique-t-elle, revoir son chien, son chat, sa perruche, que l’on croyait perdus avec tout le reste, c’est un petit pas salutaire vers un retour à la normalité.

Appuyée par une brigade chevronnée de la SPCA Estrie depuis samedi, elle patrouille dans la zone sinistrée pour retrouver les animaux familiers égarés, recueillir les bêtes blessées, mais aussi et surtout, pour nourrir les chiens et les chats laissés à leur domicile par les propriétaires évacués.

Mme Belle-Isle explique que les sinistrés pouvaient choisir soit d’être relocalisés avec leur compagnon à poils ou même à plume ou de le laisser sur place.

«Dans le cas des chats, surtout, que le changement peut traumatiser, certains maîtres ont opté pour les laisser à domicile. Nous allons les nourrir, dans certains cas escortés par la police quand il s’agit du périmètre contrôlé.»

Elle s’émerveille du soutien épatant de la SPCA Estrie, qui a installé une unité d’urgence sur le lieu du désastre.

Une équipe « incroyable »

«Cette équipe-là est incroyable. Ils me donnent un stage en accéléré sur ce qu’il faut faire en cas d’urgence.»

À la SPCA Estrie, on confirme que l’unité multidisciplinaire comprenant un vétérinaire est sur place. «Nos membres prêtent leur épaule aux gens qui en ont besoin; on a beaucoup de beaux témoignages», explique Cathy Bergeron, porte-parole. L’unité trouve des familles d’accueil aux petits rescapés.

Le refuge de Françoise Belle-Isle, lui, a vu le jour à Lac-Mégantic il y a six mois seulement, mais c’est dans cette période de crise qu’elle en perçoit pleinement l’utilité. Car, au milieu de toute la tristesse ambiante, son travail et celui de la SPCA offrent aux résidents de petites bulles de joie, celle de renouer avec un compagnon qui incarne un quotidien normal perdu.

Des gens isolés

Bien sûr, la perte d’une vie animale ne se compare pas à celle d’une vie humaine. Sauf que, pour bien des gens, un chien ou un chat revêt une grande valeur affective.

«Beaucoup de résidents du quartier qui a été détruit sont isolés sur le plan social. Leur animal de compagnie, c’est l’unique relation importante dans leur vie.»

Rapidement, avec la SPCA, un centre d’hébergement d’urgence a été mis sur pied. Il accueille actuellement entre 20 et 30 pensionnaires, y compris des oiseaux et des poissons. Au fil des jours, les besoins des animaux et de leurs maîtres évoluent: «Dans l’ensemble, au début, on voyait peu d’animaux blessés.»

Mme Belle-Isle remarque cependant que de plus en plus de chats traumatisés, les yeux noircis, hagards, surgissent des recoins. Elle pense par ailleurs que les patrouilles de contrôle animalier trouveront peu d’animaux orphelins de leurs propriétaires: «Là où on n’a pas retrouvé de blessés, où tout a été détruit, on ne retrouvera pas plus de chiens ou de chats blessés», conclut-elle sobrement.

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