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LAC-MÉGANTIC

L'homme le plus détesté au Québec, Burkhardt s'explique

Le patron de la MMA reconnaît des erreurs de gestion après la tragédie de Lac-Mégantic

Burkhardt précise sa pensée
Photo d’Archives L’apparente arrogance et le sourire du patron de MMA avaient beaucoup irrité lors de son passage à Lac-Mégantic.

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Ed Burkhardt espère que la colère des habitants de Lac-Mégantic contre lui va finir par s’apaiser. Il compte même retourner dans la ville où l’un de ses trains a tué une cinquantaine de personnes.

Ed Burkhardt espère que la colère des habitants de Lac-Mégantic contre lui va finir par s’apaiser. Il compte même retourner dans la ville où l’un de ses trains a tué une cinquantaine de personnes.

Ed Burkhardt admet qu’il a fait des erreurs de gestion après l’accident. À commencer par le communiqué de presse publié par sa compagnie au lendemain de la catastrophe. La qualité du français en avait insulté plus d’un au Québec.

«Le premier communiqué de presse n’a pas été traduit par Google Translate. Il a été écrit rapidement pendant le week-end, on ne trouvait pas de traducteur, c’est donc un de nos employés du Maine qui l’a fait. Son français n’était apparemment pas très bon. C’est un embarras», dit le grand patron de MMA, depuis son bureau à Chicago.

M. Burkhardt affirme qu’il a maintenant recours à un service de traduction professionnelle.

«J’aimerais pouvoir parler aux gens de Lac-Mégantic en français, c’est une très belle langue, je regrette maintenant d’avoir choisi d’apprendre l’espagnol», a-t-il tenu à préciser.

Au sujet de la déviation de la voie ferrée du centre-ville, réclamée par de nombreux citoyens de Lac-Mégantic, il dit être d’accord, même si ce n’est probablement pas sa compagnie qui couvrirait les frais de 100 millions $.

«Il y a des discussions, nous appuyons ce plan, mais ça prendra du temps», dit-il.

Homme le plus détesté du Québec

Bien conscient qu’il est l’homme le plus détesté du Québec et que sa visite a été très mal reçue, M. Burkhardt est revenu sur son point de presse improvisé à Lac-Mégantic cinq jours après la tragédie.

«La raison principale de ma visite était pour m’excuser et offrir mes condoléances à la population». M. Burkhardt dit qu’il a essayé de rencontrer la mairesse Colette Roy-Laroche avant le point de presse, mais que la réunion a été annulée.

M. Burkhardt n’a pas engagé une firme de relations publiques pour gérer la crise.

«Je ne suis pas du genre à dorer la pilule et engager une firme de relations publiques. Je ne pense pas que c’est ce que la population voulait entendre, ils voulaient les faits.»

Il compte revenir visiter la ville, il ignore la date pour l’instant. A-t-il des plans pour aider Lac-Mégantic, comme de lancer une fondation?

«Il est encore trop tôt pour savoir ce que nous ferons, mais peut-être quelque chose comme ça», se contente-t-il de répondre.

L’homme d’affaires a admis partager une part du blâme dans ce drame. «Oui, nous partageons la responsabilité. Nous sommes impatients de connaître les résultats de l’enquête», a dit l’homme de peu de mots.

«Si j’étais dans les souliers de la population, je serais très fâché. Je ne sais pas quoi dire de plus. J’espère qu’avec le temps, la colère va se dissiper et les gens vont vouloir s’asseoir et travailler de façon constructive», dit-il.

Lors de sa visite à Lac-Mégantic, le dirigeant n’avait pas semblé affecté par l’ampleur du drame, souriant même par moments.

«C’est la pire chose que j’ai traversée de ma vie. Je ne peux pas dormir. Je travaille de longues heures chaque jour», dit-il aujourd’hui.

M. Burkhardt dit qu’il passe ses journées à parler aux compagnies d’assurances et aux agences environnementales, entre autres. «Tout ça n’est pas productif pour la compagnie, mais relié à la tragédie.»

«Les employés de MMA, les membres du conseil d’administration et la direction, nous sommes tous victimes de ce qui est arrivé», conclut-il.

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