/opinion/blogs/columnists
Navigation

Le téléphone plus intelligent que nous

Coup d'oeil sur cet article

Pape

La scène est triste à mourir. Au restaurant, deux personnes se font face. Mais elles ne se parlent pas. Chacune, sur son téléphone intelligent, pianote un message à quelqu’un d’autre. Ou encore elle consulte son compte Facebook. Le silence peut durer plusieurs secondes, voire quelques minutes, sans que personne n’y trouve quelque chose d’inconvenant. Car on voit la même chose à la table d’à côté. C’est une scène qui en dit énormément sur notre époque, une scène infiniment plus parlante, probablement, que les théories qui cherchent à en rendre compte.

Qui aurait imaginé il y a quelques années l’immense transformation des mœurs qui vient avec les téléphones portables? Cette manie, par exemple, de prendre un appel en toutes circonstances, comme si chaque message était urgent, a quelque chose de loufoque. Est-ce le président des États-Unis au bout du fil? Alors pourquoi se presser autant? Évidemment, il y a des urgences, des vraies, celles de la vie ordinaire, aussi. Mais ceux qui se jettent sur chaque appel comme si leur vie en dépendaient ne craignent pas la maladie d’un proche : ils attendent l’appel avec un grand A. D’ailleurs, ceux qui manquent un appel sont souvent pris de fureur. Qui sait, une nouvelle vie se trouvait peut-être au bout du fil?

Le téléphone est intelligent ? La formule est exécrable. Mais c’est aussi un aveu: nous lui demandons d’être intelligent à notre place. Chose certaine, il est finalement plus intelligent que nous. Il nous domestique. À travers lui, c’est un asservissement bizarre relevant de l’hypnose qui opère. L’homme contemporain dépend de plus en plus de son téléphone pour fonctionner socialement. Il ne parvient plus à décrocher. Il lui faut un écran à chaque moment, sans quoi il se sent abandonné, en rupture avec le monde. Il est, comme on dit très exactement, déconnecté. Il oublie à ce moment, pourtant, qu’il y a d’autres manières de se connecter avec le monde qu’avec un portable.

Mais il y a d’autres scènes. Souvent, au musée, j’ai constaté que les visiteurs ne regardent pas les toiles ou les sculptures. Ils ne parviennent en fait à les observer qu’à travers la médiation de leur téléphone intelligent. Je ne sais trop comment l’expliquer, sinon en supposant que c’est notre manière de voir le monde qui change du tout au tout. D’autant qu’avant, on prenait une photo pour soi et ses proches. Désormais, elles sont immédiatement destinées à paraître sur Facebook, dans le grand travail de mise en scène de soi favorisé par les médias sociaux.

De même, lors d’un événement important, chacun veut en conserver la trace sur son portable personnel. Les photos sont nombreuses, aujourd’hui, qui nous montrent, lors d’un événement important, mille bras tendus avec un portable censé immortaliser pour chacun le moment magique. C’était le cas, de mémoire, lors de l’élection de Barack Obama, tout comme ce l’était lors de l’élection du nouveau pape. Il faudra que ces comportements soient étudiés un jour par un ethnologue qui examinerait de l’extérieur les nouveaux rituels qui constituent la civilisation technologique. Je devine qu’on étudiera aussi la portée religieuse des ruées de masse envers les commerces quand ils mettent en circulation un nouveau gadget, ou la nouvelle version d’un gadget.

J’en reviens à notre contemporain qui consulte frénétiquement son portable. Il y a là une terrifiante misère affective. Comme si l’homme, laissé à lui-même quelques secondes, était jeté dans le vide et découvrait brutalement son propre néant intérieur. Son téléphone intelligent lui sert alors de bouée. Il ne risque pas de s’ouvrir à sa propre pensée. D’examiner le monde par son propre regard.  J’ignore si c’est déjà le cas, mais chose certaine, un jour, les psychologues seront pris avec des patients victimes d’une sérieuse dépendance technologique.

Comment alors se libérer de l’asservissement technologique? Il ne s’agit pas de se transformer en luddite technophobe mais de se libérer de l’asservissement psychologique propre à l’écran. Une telle réforme intellectuelle et mentale n’est possible qu’à condition d’avoir d’autres références auxquelles s’accrocher. Car il ne s’agit pas non plus de fermer l’écran pour jouer à l’anachorète, mais pour renaître au monde autrement, libéré de la névrose engendrée par la technolâtrie. À chacun sa manière de lutter contre l’époque, mais j’en vois bien peu qui n’ont pas à se déconditionner de leur téléphone, de leur écran portatif. Comment quelqu’un peut-il passer deux heures sur Facebook sans se rendre compte un instant qu’il gâche du temps qu’il pourrait lire un classique – ou simplement un bon roman – pendant ce temps?

Car je l’ai souvent dit, le livre me semble être l’envers de l’époque. Il n’est pas fait pour surfer. Il exige une grande concentration. Cela prend du temps pour le traverser, et lirait-on rapidement qu’il ne se laisse pas consommer d’un clic. Encore faut-il savoir lire, chose de plus en plus difficile dans un monde où la capacité de concentration a fondu. Pour réapprendre à lire, il faudra se rééduquer psychologiquement comme d’autres se rééduquent physiquement. Mais il peut aussi s’agir du théâtre ou du cinéma. Ou encore du sport, de l’excursion en forêt. N’est-ce pas une manière de dire qu’il s’agira d’une libération des sens?

Une chose est certaine : la vie sans écran aura quelque chose d’une décrispation. Ce n’est qu’à cette condition, d’ailleurs, me semble-t-il, que nous saurons en faire un usage intelligent, modéré, sans que l’écran ne devienne une extension physique de notre esprit, finissant par nous absorber. Ce n’est qu’à cette condition, autrement dit, que nous renverserons le rapport de domination avec lui et que nous nous libérerons de cette étrange tension mentale et physique si caractéristique de l’époque. Pour habiter le monde, encore faut-il savoir que le monde existe.

Ce midi, j’allais rejoindre un ami pour luncher. Il revenait de Turquie et je lui avais demandé de me conter son voyage. C’est qu’il sait sentir les pays et en rendre compte. Lorsqu’il parle d’un pays, on le sent avec lui. J’ajoute qu’il est immensément cultivé et que cela lui permet de comprendre ce qu’il voit, de savoir ce qu’il avait d’abord deviné. Et bien évidemment, à la table, il ne pianotait pas sur son portable, il m’attendait avec un bouquin consacré, si je ne me trompe pas, à Istanbul. J’ai su immédiatement qu’il s’agirait d’un repas absolument agréable. Et je ne me suis pas trompé.

35 commentaire(s)

Marc Pilon dit :
26 juillet 2013 à 17 h 35 min

Le temps est venu de pouvoir couper toutes les communications en un clic. Tout est interconnectés. C'est intelligent ? Passer son temps à texter, pendant une conversation, c'est intelligent ? Connaître 15 mots de passe. Mais ne pas avoir le réflex de faire le 911. C'est intelligent ? Savoir tout de son téléphone débile et na pas prendre de nouvelle de sa mère malade. Intelligent ? Dépenser des milliard en communication et empêcher les gens de parler. Où est l'intelligence ?

Si je cris à l'aide, j'ai plus de chance de me faire dire "Ta gueule, j'entend pas ma télé" que de voir une personne m'aider. À moins qu'il ait un téléphone intelligent pour me filmer et montrer mon geste sur Youtube à toute la planète ! Là, peut-être, quelqu'un me reconnaîtra et m'apportera de l'aide, si je suis toujours en vie !

arnold lambert dit :
26 juillet 2013 à 17 h 38 min

Je me régalais lors d'un concert à ciel d'étoiles au Festival Intl de Jazz de Mtl quand j'ai remarqué ,autour de moi,une demi douzaine d'écran de tél ou de tablette portés à bout de bras au dessus des têtes qui affichaient le spectacle en cours. Oui je le jure j'ai vu ces abrutis visionner le ''show'' sur leurs petits écrans à bout de bras et obstruant la vue de tous ; tant et tellement que j'ai aussi remarquer que certains spectateurs faute d'y voir à cause des écrans suivaient une partie de l'évènement de la même façon. Puis observant la foule derrière moi et sur plusieurs dizaine de mètres j'ai bien vu des centaines d'autres participants avec leurs appareils portés au dessus des têtes ne manquait plus qu'il y ait une averse pour y ajouté une forêt de parapluies. J'avouerai candidement que j'ai déjà ma propre dépendance à mon portable ''intelligent'' mais que je n'en suis pas encore à vivre mes sorties de spectacles ''live'' ....sur écran!!

Jean-François Gauthier dit :
26 juillet 2013 à 18 h 23 min

Excellent commentaire de Mme Beaulieu. Qu'on le veuille ou non tous les secteurs d'activité humaine seront impactés par le numérique. Voulons-nous subir les décisions des autres ou se donner les moyens de gérer l'information comme la ressource publique qu'elle est? Quelles sont les valeurs publiques qui doivent prévaloir par rapport à la révolution numérique qui est en cours? Les québécois peuvent, comme plusieurs pays le font, se faire un plan pour tirer le maximum des avantages que peut nous apporter cette révolution. L'initiative citoyenne des Assises nationales du numérique est une opportunité pour mettre en commun nos idées et se donner la stratégie qui guidera nos choix collectifs. Co-créer notre 21eme siècle: parce que l'information est le sang qui coule au coeur de notre démocratie, de notre économie et de notre notre culture.

John Doe dit :
26 juillet 2013 à 19 h 53 min

@Jean-François Gauthier Hm. Créer un 21e siècle sur la base résultante de la désastreuse deuxième partie du 20e siècle... ouais on n'a qu'à faire ça. Mais pour en revenir au sujet qui nous préoccupe, ne savez-vous pas à quel point la télévision a changé notre rapport avec l'information? avec notre conception de la réalité? de la vérité, aussi. Le débat n'est pas nouveau; nous cherchons aujourd'hui à comprendre les effets qu'auront les technologies mobiles récentes mais hier nos ancêtres prophétisaient ceux qu'ont eu le télégraphe, par exemple. Vous pouvez prétendre vous offusquer de la récente tendence, c'est légitime, mais les dégâts (ultérieurs) sont déjà là.

J-F. Couture dit :
26 juillet 2013 à 20 h 42 min

Ah! Le fameux téléphone dit «intelligent». Certes, les concepteurs dudit appareil sont probablement, voire certainement intelligents. Les utilisateurs? Bien, cela dépend.

Quant à moi, je préfère parler de téléphones polyvalents ou multifonctions. Quant au mien, il est tout simple. Il passerait probablement pour un cancre et sa cote «R» ferait qu'on le refuserait en médecine. Le pauvre, à part téléphoner, il ne peut que prendre des photos et encore, pas d'excellente qualité.

Pour me séduire, un appareil, quel qu'il soit doit être utile, je veux dire vraiment utile. Et cette manie de ne jamais sortir sans cette laisse électronique me laisse de glace. S'il y en a que cela amuse, grand bien leur fasse.

Pierre Bouchard dit :
26 juillet 2013 à 21 h 30 min

En science biologique avec ramification au psychologique, on parle de plus en plus de problèmes du aux neurotransmetteurs d'individus qui seraient déficients. Les enfants sont les premiers a qui les spécialistes auraient détectés ces difficultés qui expliqueraient leurs problèmes de concentration scolaire dont le fameux ritalin se serait révélé l'élixir. En constatant la marque psychique des écrans sur nos vies en termes de facteurs d'influence du milieu social on peut présumer qu'autrement ou autant que cet environnement technologique révolutionnaire influe sur le cerveau. Que l'explication génétique des courts-circuits par déficit de sérotonine ou de dopamine n'a rien d'absolument certain en termes d'importance fondamentale quant à la cause des problèmes de concentration chez les enfants comme chez les adultes. L'adrénaline suscité par l'inter-action informatique est toute aussi vérifiée que ce soit par les courriels, les blogues ou réseaux sociaux, la possibilité de cliquer sur n'importe quel sujet comme de se laisser engloutir par les côtés ludiques et pulsionnels du net. Le jeu et le sexe ou le mirage de Facebook faisant du web entre autres que ce soit par le support de l'ordinateur de bureau, celui du portable ou du téléphone une voie d'hypnose qui atteint directement le cerveau probablement de façon plus virulente que ces fameuses étincelles qui brouilleraient l'efficacité des neurotransmetteurs dans ce cerveau. Et si vérification ultime des neurotransmetteurs se fait quant à leur causalité sur la performance ou non des personnes comment ne pas prendre en compte cet autre étude de janvier-février qui a établit que les expériences traumatisantes ou marquantes influent sur le fonctionnement biologique des gènes que ceux ci plastiques réagissent aux conditions de vies sociales des individus comprenant exemple l'omnipotence des écrans.

René Béland dit :
26 juillet 2013 à 22 h 19 min

C'est alors que je vis la lumière. Car c'est en lisant la chornique (les...) de monsieur Bock-Côté que je me rendis compte que, finalement, mon dédain des bidules- technologiques- jouets était tout .a fait normal. Je suis normal! Dieu que c'est rafraichissant de le lire. Merci.

Fin du message...

R.B.

Pierre Bouchard dit :
26 juillet 2013 à 22 h 26 min

Pour simplifier mon propos. Les difficultés de concentration scolaire, de lecture de livres en 2013 ne peuvent s'en tenir à l'alchimie des neurones au moment où la télé, l'ordinateur envahissent le champ de vision de nos yeux. La technologie fragmente le rapport à la réalité la réduit à des nouvelles pendant que les réalités durables sont vues en rapport avec le déclenchement d'événements. La tragédie de Méganic est plus que le résultat de maladresses, elle est le fruit de la déréglementation c'est dire que le sujet explicatif qu'on ne parlera pas en une des téléjournaux c'est le néolibéralisme qui ramène tout à une question d'efficacité et de profits. Sans néolibéralisme et un conducteur par train de marchandises qui en offre une illustration, la tragédie n'aurait pas eu lieu. L'analyse est secondaire par rapport à l'événement dans la fragmentation de l'information. Tout va trop vite dans notre civilisation comme ces trains et hier en Espagne qui déraillent sur un virage à 180 km heures. Les stimuli du monde actuel brouillent la concentration. Il y a des enfants qui sont élevés par de nouvelles gardiennes depuis 50 ans, la télévision qui occupe stratégiquement nos salons.

La concentration durable sur un livre plus abstrait demande un temps continu, artisanal qui n'est plus le nôtre.

Alain Mallette dit :
26 juillet 2013 à 23 h 09 min

Dire que certaines personnes sont mortes a cause de ces petits gadgets.Chez nous,maintenant il est interdit de le tenir a table.Fini.A table on mange,on boit et on discute FACE A FACE,pas dans un bidule gros comme une calculatrice.

ABroad dit :
26 juillet 2013 à 23 h 53 min

Et dire que je lis cette intéressante chronique et envoie mon commentaire directement de mon "téléphone intelligent". Dois-je avoir honte???

belgix dit :
27 juillet 2013 à 5 h 26 min

Amusant, il y avait un article dans la presse australienne disant que 62% de femmes avait déja interrompu leur ébats amoureux pour regarder leur téléphone intelligents. Chez les hommes c`était 48%.

La raison que ceux ci ont donné était 34% pour répondre à un appel, 24% pour répondre à un texto et 22% pour répondre à un courriel.

Le sondage a été réalisé avec 1747 hommes et femmes en Angleterre.

Eric dit :
27 juillet 2013 à 8 h 22 min

Tu m'as fait avoir une pensée pour...

Johnny 5

Rien de moins.

Eric dit :
27 juillet 2013 à 8 h 34 min

"I need a hero"

et...

Portez attention à ; " Time to memory failure."

Voilà mes mots.

Sylvain Beauséjour dit :
27 juillet 2013 à 11 h 44 min

Un bon livre, une conversation direct, et quoi encore..... Je n'ai rien contre ça, mais entre un livre con ou une conversation futile, j'aime mieux consulter un blog intelligent ou passer une message pertinente à un ou plusieurs amis. Le téléphone intelligent est intelligent pour les personnes intelligentes.

André Falardeau dit :
27 juillet 2013 à 11 h 49 min

J'ai constaté cette réalité de façon frappante,pas plus tard que cette semaine , Lorsque je donnait des instructions très pointu à un de mes employés et q'au beau Milieu de cette conversation son portable sonne et qu'il me quitte au beau milieu de Cette entretien le plus naturellement du monde et reviens au bout de 5 minutes. En me disant que c'était son beau frère qui était en train d'organiser le camping Pour le prochain week-end !!! Et tout ça sur ces heures de travail renumer.

Nelson dit :
27 juillet 2013 à 17 h 47 min

Rien n'arrête le progrès....

Rien empêche de déconnecter les iphones...

Rien n'empêche de juste savoir qui appelle, lui dire que nous sommes occupés, et continuer avec ce que nous faisions.

Les profs, médecins, avions, etc, exigent que les téléphones portables soient déconnectés.

Le téléphone a internet maintenant, et une grande partie de nos communications travail et vie personnels...et affaires....ça passe par là.

Nous communiquons dans ce blogue, dans ce moment, par internet.....

Des idées, des informations, des opinions...nous faisons un débat social et politique par internet.

L'internet (partie du tél intelligent) à fini avec les dictatures communistes et certains dictatures arabes....et avec jean Charest.....et nous avons eu la Commission Charbonneau.

Sans parler des diplômes à distance, opérations chirurchicales, etc.

Et si certains veulent s'abrutir avec ça, c'est leur affaire.

Benton Frazer dit :
27 juillet 2013 à 17 h 57 min

Pendant la tempete orageuse d il y a quelques jours, on a éprouvé une panne d électricité qui a duré deux ou trois heures et je dois avouer que je grafignait a ne plus avoir d ordinateur. j étais en mode déprivation sensorielle , j ai survécu et je fais un autre aveu, lorsque je veux lire, je préfere m isoler dans un endroit public ou la tentation de faire autre chose (autre chose électronique) est impossible. Je n ai pas le choix que de lire. a chacun sa façon.

Eric dit :
27 juillet 2013 à 18 h 44 min

Je comprend un peu l'envergure du propos en ce sens que nous... avons eu d'autres bébelles dans les mains avant celles-ci.

Partons de la génération Walkman.

Et c'est drôle... mais... y'a un peu de ce coté... "Lâche-ton Nintendo un peu".

Ironique dans l'ensemble, la vraie question relève plus de savoir... en profiterez-vous pour évoluer?

Comme dans toutes choses... ne dit-on pas... abuses-pas.

Voilà.

Pierre dit :
27 juillet 2013 à 19 h 23 min

Mon cher Bocky, vos chroniques sont toujours très pertinente, c'est un plaisirs de vous lire, même sur mon téléphone intelligent dois-je admettre.

Benton Frazer dit :
27 juillet 2013 à 19 h 45 min

Je ne sais pas a quel point on peut comparer mais je suis en train d écouter un album de Liona Boyd et ça me fais penser a ce qu écoutent mes filles; du rap et musiques punk, rock alternatif. ( j ose espérer qu avec le temps elles élargieront leur perspectives)

Et j écoute moi aussi de la musique plus ``heavy``, je suis un amateur de rock progressif, mais tout cela pour dire que pour apprécier la musique classique, en plus d avoir l oreille musicale, il faut aussi etre capable de délaisser une certaine sur-stimulation, il faut faire place au silence et pour certains, cela vient naturellement et d autres fois il faut faire un effort, un certain ascétisme est requis.

Jai l impression que la musique populaire elle aussi peut etre est abrutissante avec sa surdose de beat et volume et sensualité, encore une fois de sur-stimulation, enfin c est pas grave mais juste pour dire.

Eric dit :
27 juillet 2013 à 22 h 30 min

Ça a le même potentiel qu'une machine à Poker et une Encyclopédie...

Dans le même bidule...

"That's the point."

Benton Frazer dit :
27 juillet 2013 à 23 h 02 min

a Eric; c est un point, mais c est aussi que ça modifie nos comportements malgré nous dans le sens ou on devient addicté au stimuli, et ce , pour certains, tellement qu ils ne peuvent plus, on du moins , on de la difficulté a avoir l attention requise pour une tache plus complexe et diffuse, qu est la lecture.

C est ce que je crois comprendre de cela aussi. Le médium influence le message en créant une relation symbiotique. Marshall McLuhan : the medium is the message.

Eric dit :
27 juillet 2013 à 23 h 44 min

Ça dépend si ça résonne dans une canisse vide.

À 14 ans je programmais en Basic... ainsi... oui... je conçois tes dires. Dans la mesure où il s'agit d'un grand buffet.

Cette gourmandise n'en est pas nécessairement une. C'est une suite d'idée selon ce que je comprend. Une roue qui tourne... en temps réel.

Comme le hamster qui va faire une couple de "spin" dans roue.

Mais... si certains sont décédés devant leurs ordinateurs... oubliant de manger... faut seulement convenir que nous vivrons de nouveaux drames, pas dans leurs finalités, mais assurément leurs récits.

Savoir lire... c'est surtout et d'abord savoir quand sortir son dictionnaire.

Ça t'en dis long sur le gabarit des troupes.

Pour la symbiose...

C'est techniquement la même chose... à l'intérieur d'un autre espace temps... tout simplement.

Insultant... Ça dépend... Je veux que tu gardes tes chandelles pépère, c'est pour les urgences.

En gros... tout l'monde a raison... et la vitesse... de l'esprit ou n'importe où ailleurs... dérange... je peux te le confirmer, te le réaffirmer... et te le reconfirmer...

(Concept, j'ai vu Turbo aujourd'hui avec mon gars... bon film... de beaux rires d'enfants dans la salle)

Benton Frazer dit :
28 juillet 2013 à 0 h 30 min

Si je peux me permettre, le paradoxe dans tout cela est que, lorsqu on considere la complexité du transistor, les propriétés physiques du silicone, comment sa structure moléculaire est modifiée lorsqu on envoie une charge électrique de telle intensité . Qu a partir d un language binaire on puisse créer un alphabet qui n est limité que par le bit rate qu on y détermine. il est possible de recréer de l audio, des images, toute cette complexité ( qui m échappe en bonne partie) requiert une main d oeuvre qualifiée pour créer et améliorer cette technologie et le paradoxe c est que cette technologie peut nous abrutir; en fin de compte, contribuer non pas a nous élever intélectuellement mais a nous abaisser.

Benton Frazer dit :
28 juillet 2013 à 7 h 57 min

a Eric, désolé, de un je croyais que vous m adressiez la parole car dans mon paragraphe je mentionne ``a quel point`` et vous sembliez repliquer ``that s the point`` en réponse a mon texte ce qui n est pas le cas et deuxiemement étant donné la prose dans votre billet suivant, je constate que vous n avez pas besoin de petites roulettes sur votre bicyclette, coefficient espace temps, patati et patata...

Johanne Audrey Johnson dit :
28 juillet 2013 à 9 h 55 min

Tout à fait d'accord! A moins d'être neurochirurgien, mère d'un jeune enfant, ou aidant naturel responsable d'un personne à la santé fragile, ou d’une situation particulière exceptionnelle, je ne vois aucune raison de prendre ses appels en tout temps ou à posséder le dernier gadget techno, simplement parce qu’il existe.

La dépendance technologique est aussi dommageable que les autres dépendances, sans oublier les nombreux accidents de la route causés par cette folie. Je n'ai pas de téléphone intelligent, parce que... je n'en ai pas besoin. Tous mes appels peuvent attendre jusqu'au retour à la maison et même si parfois, j'aimerais parfois rejoindre mon amoureux au supermarché et lui dire que j'ai oublié de mentionner que j'ai besoin d'un poivron rouge, ben.... on vit avec les graves conséquences de cuisiner sans!

Même si ça surprend toujours parce que je suis informaticienne, je ne consomme jamais une technologie dont je n'ai pas besoin parce que pour moi c'est se créer un besoin inutile et rentrer le bras dans le tordeur de la consommation. Pour moi, le moins de gadget possible, l'auto la plus simple possible sans air climatisé, et la télé sans le câble, parce que les 6 postes gratuits satisfont totalement nos besoins de télé.

La technologie pour la technologie, c'est absurde, cher et créé des besoins totalement inutiles. Il faut couper se lien malsain avec la Déesse « Techno » et s’en servir à bon escient et non se laisser asservir par elle.

Je ne suis pas contre la technologie, au contraire, lorsqu’elle répond à un réel besoin et solutionne un problème important, la technologie est époustouflante et fabuleuse et me renverse et m’emballe, surtout dans le domaine de la santé. J’adore l’internet et je ne retournerais pas en arrière parce que c’est une avancée qui a transformé tous nos échanges et, bien utilisé, c’est un outil indispensable et révolutionnaire. Mais pour ma part, je me suis demandé : est-ce que j’ai...

Johanne Audrey Johnson dit :
28 juillet 2013 à 9 h 56 min

Je ne suis pas contre la technologie, au contraire, lorsqu’elle répond à un réel besoin et solutionne un problème important, la technologie est époustouflante et fabuleuse et me renverse et m’emballe, surtout dans le domaine de la santé. J’adore l’internet et je ne retournerais pas en arrière parce que c’est une avancée qui a transformé tous nos échanges et, bien utilisé, c’est un outil indispensable et révolutionnaire. Mais pour ma part, je me suis demandé : est-ce que j’ai besoin d’être connectée en tout temps et ma réponse est : non.

Tout est dans le dosage. Il faut trouver l’équilibre entre nos besoins et nos désirs et ne pas confondre les deux. Il ne faut pas oublier que lorsqu’on fait une religion de la technologie, il y a un prix à servir cette nouvelle Déesse vorace et exigeante. Quand je vois des gens passer la nuit à attendre pour acheter leur nouveau I-qqchose ou quand je croise des gens en train de prendre une marche au jardin botanique avec leur amoureux et pitonner le nez à terre tout le long, je me dit qu’ils ont sans doute une vie bien remplie en objet de toutes sortes à l’extérieur d’eux, mais plutôt vide à l’intérieur en ce qui concerne les valeurs et besoins essentiels.

Il faut oser couper tous les cordons ombilical, même, et surtout, les gros cordons ombilicaux de fibre optique!

Eric dit :
28 juillet 2013 à 10 h 33 min

@ Benton Frazer

"Tu fais des beaux "wheelies" toé-si tu sais.

;)

Bonne journée Benton.

Eric dit :
28 juillet 2013 à 10 h 54 min

@ Benton...

By the way...

Le meilleur transistor que je connais, et le pire, c'est celui qui nous anime.

La photonique aussi... ça fait un bail qu'on la fréquente...

C'est le "radar" qui a mangé une volée.

;)

Eric dit :
28 juillet 2013 à 11 h 33 min

Je me sens généreux... et il y a ici de bonnes âmes.

Vous avez un téléphone intelligent... héhé...

Cherchez ça:

Flobots

Handlebars.

Le vidéo...

Y'est raide selon que t'acceptes de le recevoir.

Lewis Walker dit :
28 juillet 2013 à 20 h 06 min

Moi sa fait 5 ans que j'ai lâché le domaine des télécoms. J'avais un cell et une pagette sur moi pendant 3 ans ... la joie de se faire rejoindre a 8h le soir, 10h, 2h du matin ... sa fait 5 ans que je n'ai plus de cell et mon dieu que je suis bien. Avoir la paix en tout temps. Ceux qui me connaissent me laisse un message sur ma boite vocale a la maison ou m'envois un courriel ... que je regarde quand j'en ai envie. C'est sa la vrai liberté. Et je ne regrette tellement pas de ne pas avoir de cellulaire. Et quand je prend du temps avec mon kid ou ma blonde, j'adore le fait de ne pas être dérangé par un appel, que sa soit au restaurant, cinéma etc ... Essayer sa de ne pas avoir de cellulaire, vous allez vous sentir mieux et surtout, libre ... vraiment libre.

Jippy dit :
29 juillet 2013 à 11 h 38 min

Chaque instant est un trésor précieux. Le temps n’attend personne...Vous lui donnerez davantage de valeur si vous le partagez avec ceux qui vous sont chers! Pour reconnaître la valeur d’une seconde: Informes-toi auprès d’une personne qui a survécu à un accident. Pour reconnaître la valeur d’une minute: Informes-toi auprès d’une personne qui vient de manquer le train, le bus ou l’avion. Pour reconnaître la valeur d’une semaine: Informes-toi auprès de l'éditeur d’un magazine hebdomadaire. Pour reconnaître la valeur de neuf mois: Informes-toi auprès d’une maman qui vient tout juste d’accoucher. Pour reconnaître la valeur d’une année: Informes-toi auprès d’un étudiant qui a raté l' examen final. Pour reconnaître la valeur de dix années: Informes-toi auprès d’un couple nouvellement divorcé. C'est Einstein, semble-t-il, qui aurait affirmé un jour craindre pour l'avenir de l'Humanité si elle ne parvenait pas à « maîtriser adéquatement » la technologie...(dans le sens où l'Être humain deviendrait esclave de la machine).

Jo Mi-temps dit :
29 juillet 2013 à 21 h 27 min

La technologie possède ses beaux et ses bons côtés que ce soit dans le domaine de la recherche scientifique de la médecine ou autres domaines qui font avancer et évoluer l'interconnexion et l'intercontinentalité de l'humanité. Mais la technologie s'avère aussi les avantages et les inconvénients des téléphones intelligents, des Ipads, des Ipods, des Blackburry, des médias sociaux qui nous font sentir qu'on est quelqu'un pouvant parfois briser l'isolement et susciter quelconques rapprochements.....virtuels du moins et parfois pas trop engageants.....

Certains reprocheront à ces nouvelles technologies de communication la portée catéchistique chez certains adeptes affichant des symptômes de manque de concentration, de déficit d'attention avec comme antidote aseptiqiue très contemporain, des comprimés de ritalin pouvant parfois se faire confondre à travers la réalisation d'un BAC universitaire, la croyance de la culture générale que la Colombie-Britannique s'avère un état d'Amérique du Sud.......Le simple livre lui, tente dans son altruisme et son intimité de nous amener quelque part, de par l'effort du parcours de ses pages bien sûr de nous divertir mais aussi parfois de nous apprendre, de nous informer et de nous former en devenir que nous ne sommes pas le centre ni le moyeu mais bien l'un des rayons. L'un des rayons qui a à assumer sa portance et son rôle à jouer dans la société dans laquelle il tournoie......

Simon Poulin dit :
30 juillet 2013 à 20 h 25 min

Moi, je dirais que le téléphone d'aujourd'hui est plus intelligent que la majorité des chroniqueurs des journaux Québécois.

M. Couture dit :
3 août 2013 à 9 h 13 min

J'ai lu cette article en déjeunant sur mon smartphone au restaurant avec en agréable compagnie je voit le problème.