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Niveau d’excitation mesuré

Une nouvelle étude permet de distinguer le désir mental et l’excitation physique

Niveau d’excitation mesuré
Photo journal de montréal, anne-lovely etienne Sabina Sarin, la chercheuse, dans le laboratoire avec la caméra qui mesure la température des organes génitaux

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Des centaines de Montréalais se sont sacrifiés pour la science en acceptant de participer au visionnement de films pornographiques. On leur a remis 75 $ pour leur temps.

Des centaines de Montréalais se sont sacrifiés pour la science en acceptant de participer au visionnement de films pornographiques. On leur a remis 75 $ pour leur temps.

Même si le sujet paraît léger, une première étude sérieuse de l’Université McGill sur l’excitation sexuelle des hommes et des femmes différencie ce qui se passe dans la tête et dans le corps.

Dans un laboratoire qui ressemble à une chambre à coucher, 140 participants en bonne santé, hétérosexuels, hommes et femmes, âgés de 18 à 50 ans, se sont prêtés à l’expérience.

«En tout, 750 personnes ont été appelées pour participer à l’étude, mais on en a éliminé 80%. Pour ce qui était des hommes, les plus difficiles à trouver étaient ceux qui avaient des problèmes de désir mental et les plus faciles, ceux qui avaient des problèmes érectiles», dit Sabina Sarin, doctorante au département de psychologie de l’Université McGill.

Une caméra infrarouge thermique mesurait l’excitation physique par l’augmentation de la température des organes génitaux pendant le visionnement du film érotique. Munie d’une lentille, elle capte des images thermographiques. Ces images calculent le degré de l’excitation physique.

«Au visionnement d’un acte sexuel, le sang descend immédiatement vers les organes génitaux. Une étude a déjà montré la stimulation physique de femmes en regardant des singes s’accoupler. Même si le cerveau n’indique rien d’excitant, le corps confirmait tout le contraire», explique Mme Sarin.

Assis ou couchés sur un lit et équipés de lunettes pour regarder les films, les participants cliquaient sur une souris d’ordinateur pour indiquer leur degré d’excitation.

«Un questionnaire leur était donné à la fin du visionnement. Sur une échelle de 0 à 10, je leur demandais, par exemple, à quel point ils se sentaient détendus», indique-t-elle.

Ce qui peut sembler embarrassant, c’est que même s’ils étaient seuls dans la pièce, les participants étaient observés depuis une autre pièce par la chercheuse. Elle pouvait interagir avec eux en leur posant des questions.

Travailleurs du sexe

L’étude est en cours depuis près de quatre ans. Jusqu’à présent, les résultats prouvent qu’il existe vraiment une distinction entre le désir mental et l’excitation physique.

«On voit vraiment une différence chez les hommes qui ont des problèmes érectiles: beaucoup de clics sur la souris, mais aucun changement de température et aucune réaction physique au niveau du pénis. Alors, lorsqu’une femme s’en veut parce qu’un homme n’a pas de réaction en dessous de la ceinture, ça ne veut pas dire qu’il n’est pas allumé par elle», constate Mme Sarin.

À la suite de cette étude, le même laboratoire testera le fonctionnement sexuel chez les travailleuses du sexe.

«Ce sera la première étude qui se penchera sur l’excitation d’une travailleuse du sexe. On veut voir s’il y a une différence entre les filles qui travaillent dans l’industrie et celles qui n’y travaillent pas, et aussi comparer leur envie sexuelle envers leurs clients et leur partenaire», conclut Mme Sarin.

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