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Hotline Miami, une petite fête d'ultra violence

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Je sors de la DeLorean et me faufile dans l'entrepôt. Un mafieux me tourne le dos. Je le saisis et lui ouvre la gorge d'une oreille à l'autre, sans bruit. Son sang recouvre la pièce alors qu'il se tortille au sol. Je franchis la porte de la cuisine et lance au garde mon bâton de baseball. Il s'effondre de douleur. Je m'approche de lui, sort la perceuse de ma poche, et lui enfonce la mèche entre les yeux. J'ai du cerveau sur les mains. Je tue le chien de garde qui rôde dans le corridor principal à coup de katana et monte à l'étage supérieur.

 

Voici comment se lirait Hotline Miami s'il avait été un roman au lieu d'un jeu vidéo. Plutôt sanglant, non ? Et pourtant, la description ci-haut est plutôt « douce » si on la compare à ce qui attend réellement le joueur durant les quelques heures que durent le jeu. Hotline Miami nous plonge au milieu d'un univers crade, dégradant et déroutant, à mi-chemin entre Miami Vice et Drive, Irréversible et American Psycho. On y incarne un personnage sans nom, sans réel destin outre de servir de juge et de bourreau au service d'étranges appels téléphoniques. Pourtant, il n'est pas né tueur : sa première « mission » se solde par un haut de coeur hautement pixellisé. Le « héros » acquiert au fil du temps (et des boucheries atroces) une sorte de caractère métahumain, à la fois ange gardien et vengeur. En effet, le héros ne tue que des membres de la mafia russe... mais est-ce réellement une justification valable pour les meurtres atroces du protagoniste ? Le joueur doit lui-même trouver la réponse à cette question.

Le jeu est disponible sur PC, PS3 et PSVITA. Ces deux dernières plates-formes bénéficient du système Cross Play, qui permet l'achat du jeu une seule fois pour les deux systèmes. De plus, Cross Play met à jour automatiquement la progression d'une plate-forme à l'autre.

D'emblée, précisons que la meilleure version est celle disponible sur PS Vita. Les contrôles sont plus fluides, l'écran tactile étant d'une grande aide afin de faire défiler la carte de jeu. De plus, le fait de jouer avec un casque d'écoute augmente grandement l'immersion. Et que dire de la trame sonore fantastique, agrémentée par les couleurs « néons » éclatantes jaunes, roses et bleues magnifiques sur l'écran OLED du Vita... du pur bonheur. Attention aux regards des gens dans les transports en commun, par contre : le jeu a suscité la moue désapprobatrice de la plupart de mes « colocs » de bancs d'autobus, qui ne semblaient pas apprécier le gore abondant...

Hotline Miami n'est certes pas pour tout le monde. Le jeu est hyper violent et malsain à souhait. Le jeu est réservé à un auditoire adulte et averti. Je serais d'ailleurs profondément mal à l'aise de voir un enfant y jouer. De plus, le niveau de difficulté est assez élevé. C'est justement l'essai et erreur qui constitue la clé afin de venir à bout des nombreux mafieux qui peuplent chaque niveau.

Ce sont ses excès en tous genres qui affirment le succès de Hotline Miami. Le jeu est en tout point un véritable exploit, voire un chef-d'oeuvre du genre. En fait, je me suis surpris à y investir plus de temps que dans The Last of Us, joué simultanément...

Feu vert : Les graphiques, l'excellente trame sonore, une jouabilité fantastique, un niveau de difficulté qui rappelle l'ère du NES et la violence extrême au service du thème.

Feu rouge : La violence extrême et le niveau de difficulté déplaira à plusieurs ; un jeu à ne jamais mettre entre les mains des enfants, à moins de souhaiter payer énormément de frais de psychiatre plus tard.

Hotline Miami (Dennaton Games) - 2012 (PC), 2013 (PS3, Vita)

https://youtu.be/2o9SUPgyZRY