/opinion/columnists
Navigation

Établir des priorités

Coup d'oeil sur cet article

C’est bien beau d’offrir des services gratuits, mais il faut quand même établir des priorités, sinon c’est le foutu bordel, tout le monde se pointe avec sa liste d’épicerie et on finit par crouler sous la demande...

C’est bien beau d’offrir des services gratuits, mais il faut quand même établir des priorités, sinon c’est le foutu bordel, tout le monde se pointe avec sa liste d’épicerie et on finit par crouler sous la demande...

L’excellent article qu’Héloïse Archambault a signé hier sur le programme de procréation assistée en est la preuve.

LE HAUT ET LE BAS DE LA LISTE

Il y a tellement de femmes qui se pointent dans les clini­ques pour se faire implanter un embryon dans l’utérus qu’on ne sait plus où donner de l’éprouvette.

Qui on accepte? Qui on refuse? Qui on met en haut de la liste?

Pas évident...

Je ne me ferai pas d’amis auprès de la communauté homo­sexuelle que j’ai défendue avant-hier dans ma chronique sur le pape et sa supposée «ouverture» envers les gais, mais il me semble que ce programme a été créé pour aider les couples ­infertiles.

Or, techniquement, les femmes homosexuelles ne sont pas infertiles. La «tuyauterie» fonctionne parfaitement, tous les morceaux sont à la bonne place.

Idem pour les femmes célibataires qui souhaitent avoir ­recours à une FIV pour avoir un enfant.

Biologiquement, ces femmes PEUVENT avoir un enfant. Elles ne sont pas malades. ­Pourquoi l’État paierait-il pour leur traitement?

Elles veulent une FIV au lieu de demander à un de leurs amis de leur rendre

service? Pas de problème: qu’elles paient.

SOYONS RÉALISTES

Vous me trouvez sévère? Non: je suis réaliste, c’est tout.

Si ça ne tenait qu’à moi, tout serait gratuit tout le temps. ­Malheureusement, ce n’est pas comme ça que ça marche. Notre dette est de 250 milliards $. Quand ta carte de crédit est remplie au max, tu ne peux pas acheter des cadeaux à tout le monde.

Tu dois établir des priorités.

La priorité, dans le cas de la procréation assistée, ce sont les couples infertiles. Les autres devraient passer après... s’il reste du fric.

UNE QUESTION DIFFICILE

Comprenez-moi bien: je ne suis pas contre le fait que des lesbiennes ou des femmes célibataires aient recours à la FIV. C’est leur droit.

Je dis seulement que, étant donné qu’elles ne sont pas ­mala­des, ce n’est pas à l’État de payer.

Aujourd’hui, on se pose la question pour la procréation ­assistée. Mais bientôt, on devra se poser cette question pour tous les programmes publics. Quels sont les cas que nous ­devrions prioriser?

Qui devrait passer avant les autres?

Pas facile, comme question. Mais il faut se la poser. On ne peut pas aider tout le monde tout le temps. Sinon on va couler à pic.

UN ORDRE

Je l’ai dit au printemps 2012: à mes yeux, la situation des vieux au Québec est plus scandaleuse que celle des étudiants. Et le fait que des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour soutenir le second groupe ne change rien à ­l’affaire.

Quand je donne de l’argent à des organismes de bienfaisance, j’établis des priorités: je vais d’abord aider telle cause (la recherche sur le cancer), puis telle autre ensuite (les enfants autistes)...

On devrait faire la même chose avec l’argent que les ­contribuables versent à l’État.

Y aller par ordre de priorité.

 

Commentaires