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Montréal | Barricadé

«Les médecins ne l’ont pas aidé»

«Les médecins ne l’ont pas aidé»
Photo Agence QMI, Maxime Deland

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La famille du forcené qui a tenu la police en haleine et tiré sur un agent du GTI, à Côte-Saint-Luc dénoncent les médecins qui ont refusé à quatre reprises de ­l’interner en psychiatrie au cours de la dernière année.

La famille du forcené qui a tenu la police en haleine et tiré sur un agent du GTI, à Côte-Saint-Luc dénoncent les médecins qui ont refusé à quatre reprises de ­l’interner en psychiatrie au cours de la dernière année.

Isidore Havis, 72 ans, a tenu un siège de 20 heures, dans sa maison de l’ouest de l’île, mardi et hier, muni de plus d’une ­centaine d’armes à feu, avant de se rendre et d’être conduit à l’hôpital, hier matin.

Par la voix de son avocat, Me Jeffrey Boro, sa famille a dénoncé l’inaction du personnel médical d’un hôpital de l’ouest de l’île devant la situation intenable qu’elle vivait.

Les membres de la famille Havis ­savaient pertinemment que l’état de santé du père de famille se détériorait ces ­derniers temps.

Aujourd’hui, la famille Havis est sous le choc de voir que, sans aide, sans traitement, le septuagénaire se soit rendu jusqu’à causer la situation à haut risque qu’on a connue et qui aurait pu dégénérer.

Ils ont d’ailleurs tenté de le faire soigner pour une quatrième fois, en mars dernier, lorsqu’il s’est présenté dans un centre hospitalier pour une ­insuffisance cardiaque, a appris le Journal.

La famille a alors fait savoir aux médecins qu’en plus de cette insuffisance, l’homme souffrait de démence et présentait des signes avant-coureurs de la maladie ­d’Alzheimer. Elle a demandé à ce qu’il soit traité dans une institution parce qu’il nécessitait désormais trop de soins pour eux.

«La réponse qu’on leur a donnée a été: on règle un problème à la fois, revenez une autre fois», a indiqué l’avocat de M. Boro.

Test médical

Le septuagénaire aurait tout de même subi des tests afin de vérifier s’il était en bonne santé mentale. À ce moment, un médecin lui aurait posé des questions sur son nom, son âge, le jour de la semaine et ses problèmes de comportement. «Quand le patient répond correctement à toutes ces questions, le médecin se ­retourne vers la famille et lui dit que c’est peut-être elle qui a le problème», a fait savoir Me Boro, estimant qu’il est difficile de poser un diagnostic clair au début de la maladie d’Alzheimer.

«Quand une famille vit avec une personne 24 heures sur 24, elle voit les signes et des symptômes qu’un médecin ne voit pas dans une entrevue de 10-15 minutes, c’est ça le problème...»

L’avocat de l’homme de 72 ans a confirmé au Journal que les médecins n’ont rien fait à la suite de cette consultation.

«Avec le début de cette maladie de ­démence, vous pouvez être très bon pour une journée ou deux et la troisième journée, vous perdez la boule», a-t-il souligné, après s’être entretenu avec la famille ­immédiate hier.

Peu apprécié par le voisinage

Les membres de la famille Havis ne sont pas les seuls à avoir remarqué ses étranges comportements. Plusieurs voisins s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un individu «aigri et solitaire» qui réagissait fortement pour des «stupidités». «Ce n’est pas une personne sympathique. Il reste toujours dans sa maison et on ne le voit que très peu. Nous essayons d’avoir le moins de lien possible avec lui», a affirmé Judy Cherow, une voisine.

Son mari, Harvey Cherow a parlé à quelques reprises avec le septuagénaire.

«Ce n’était pas un bon gars. Il était très désagréable, toujours en train de confronter les gens. Sa femme était toujours de son côté, elle se dévouait pour lui», dit-il.

«Je savais qu’il n’était pas normal à 100%, mais jamais qu’il possédait des ­dizaines armes», a-t-il renchéri.

Monique Ohayon habite le même maison jumelée. «Je partage mon mur du salon avec lui», affirme-t-elle.

«Il habitait à la fenêtre. Il sortait souvent en gueulant. Il sortait lorsque quelqu’un se stationnait devant chez lui», raconte la femme qui a plus d’une fois reçu des fleurs de l’épouse de M. Havis, pour excuser les excès de son mari.

«Je pense qu’il a besoin d’aide. Il ne doit pas aller en prison, ça va être pire. Il a ­besoin de soins», a-t-elle conclu.

Avant de prendre sa retraite, M. Havis était un homme d’affaires. Il a tenu un ­magasin de vêtements sur la rue Notre-Dame Ouest, dans le quartier Saint-Henri.

 

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