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Pas juste la démence en cause

Pas juste la démence en cause
Nancy Poirier, psychologue

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Même si Isidore Havis souffrait de ­démence, il aura fallu un élément ­déclencheur pour mener à cet épisode de violence soudaine, selon des psychologues.

Même si Isidore Havis souffrait de ­démence, il aura fallu un élément ­déclencheur pour mener à cet épisode de violence soudaine, selon des psychologues.

«La plupart des patients déments ne sont pas violents à ce point. Je crois que le vase était déjà plein et qu’il s’est passé quelque chose», croit Nancy Poirier, ­psychologue à l’Institut Douglas, ­spécialisé en santé mentale.

Présence d’Hydro

Selon elle, la venue des employés ­d’Hydro-Québec sur le terrain de l’homme de 72 ans, en matinée, a pu provoquer les événements.

«Si la personne se sentait à la base très menacée, la présence des inconnus a pu ­déclencher quelque chose dans sa fragilité, croit la spécialiste. Les gens ­déments qui se barricadent ont souvent à un sentiment de ­vulnérabilité.»

Pour la Dre Poirier, le fait que M. Havis possédait beaucoup d’armes à feu est aussi un signe qu’il cherchait à se protéger et que ses ­problèmes ne sont pas récents.

La démence est un syndrome associé à la vieillesse qui se traduit par une altération de la fonction cognitive.

Elle affecte notamment la mémoire, le raisonnement, la compréhension et le ­jugement. L’Alzheimer, la forme de ­démence la plus connue, représente ­environ les deux tiers des cas.

Dépression ?

Une crise de démence ne dure pas 20 heures, précise la psychologue Céline Castillo.

Selon elle, la maladie mentale ou la ­«fragilité de personnalité» peuvent ­expliquer ce qui s’est produit.

«Il est peut-être dément, mais ça prend autre chose pour en arriver là. C’est plus complexe que ça pour un délire aussi long, souligne celle qui a une formation en ­psychiatrie criminelle. Souvent, la ­démence est liée à la dépression. La ­personne constate qu’elle perd des ­facultés, elle perd le contrôle, et ça peut ­déclencher une crise.»

La psychologue avoue par ailleurs ne pas être surprise par ce genre d’événements.

«Ça surprend sur le coup, mais ça ne m’étonne pas, dit-elle. La maladie mentale est comme un virus. Vous pouvez très bien fonctionner et tout d’un coup, quelque chose entre dans la faille et vous perdez la carte.»

Par ailleurs, Nancy Poirier croit que M. Havis devrait subir une évaluation ­psychiatrique.

 

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