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Isidore Havis

Difficile d’obtenir des soins

Des centaines de gens atteints de maladie mentale désirent se faire soigner, mais se font retourner chez eux

Difficile d’obtenir des soins
Photo archives / Agence QMI Isidore Havis, le forcené qui s’était barricadé dans son domicile de Côte-Saint-Luc à la fin du mois de juillet, est décédé samedi dernier à l’hôpital, a confirmé son avocat Jeffrey Boro lundi matin.

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L’homme de 72 ans qui s'est barricadé dans sa demeure de Côte-Saint-Luc figure parmi les centaines de patients atteints de maladie mentale qui réclament des soins, mais qu’on refuse de traiter en raison du manque de ressources.

C’est du moins ce que croit Paul G. Brunet, président du Conseil pour la protection des malades, qui reçoit des dizaines de plaintes de gens malades désirant se faire soigner de leur propre gré.

«Ça nous vient autant des gens déséquilibrés qui demandent d’avoir accès à des soins et qui n’y parviennent pas que des proches qui craignent qu’un membre de leur famille commette l’irréparable», rapporte Me G. Brunet.

Selon lui, le siège de 20 heures qui s’est déroulé dans l’ouest de l’île s’ajoute aux multiples drames impliquant des personnes qui n’ont pas été admises dans une institution adaptée à leurs besoins.

Manque de ressources

«Il suffit de penser au meurtre gratuit survenu sur St-Laurent tôt lundi. Pour moi, il y a des liens, dit-il. Ces drames ne semblent pas faire l’objet de suivi, on continue à prendre ces cas trop à la légère par manque de ressources et de budget.»

Me Brunet souhaite que cet événement sonne une alarme dans la tête des élus municipaux et des intervenants de l’Agence de la santé et des services sociaux.

Arsenal d’armes

Plus de 180 armes et une quarantaine de baïonnettes ont été saisies dans la résidence d’Isidore Havis. Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal ont dû consulter le registre canadien des armes à feu afin de prendre connaissance de tout son arsenal.

«Le discours conservateur qui dit qu’un registre des armes à feu ne sert absolument à rien n’a aucun sens dans une pareille situation», explique Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM).

Uniquement sur l’île de Montréal, 75 000 armes à feu sont enregistrées, dont 60 000 sont des armes longues. Depuis sa création en 1998, quelque 20 000 permis ont été refusés ou révoqués.

«Si le registre est détruit demain matin, on perd la trace de 60 000 armes à feu. Ça n’a aucun sens, dit M. Francoeur. Je pense que dans le dossier du forcené, notre système de santé a levé les yeux sur la bande.»

Le président de la FPPM assure que des gens sont probablement déjà en train de révoquer les permis d’armes à feu de l’homme de 72 ans.

«Pas aveugles»

Questionné au sujet de ces avoirs, l’avocat du suspect doute qu’aucun des Havis n’était au courant qu’il possédait toutes ces armes.

«C’était dans un locker bien verrouillé. Ses proches ne connaissaient peut-être pas le nombre exact, mais ils ne sont pas non plus aveugles», a commenté Me Jeffrey Boro.

Le septuagénaire devait comparaître de son lit d’hôpital hier, mais son état de santé ne le lui a pas permis. Il devrait toutefois comparaître aujourd’hui.

Plusieurs accusations seront portées contre lui, notamment pour agression armée, pour avoir proféré des menaces, pour avoir braqué une arme à feu et pour port d'une arme dans un dessein dangereux.

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