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Prix de l’essence à la pompe

Conducteurs en otages

Alors que les consommateurs auraient dû souffler en 2013, les pétrolières continuent d’engranger des profits

Essence
© Photo Jean-Francois Desgagnés

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Dans toutes les régions du Québec, l’industrie pétrolière se moque des conducteurs en empochant de plus en plus d’argent pour chaque litre vendu, alors que le prix à la pompe aurait dû diminuer en 2013.

Dans toutes les régions du Québec, l’industrie pétrolière se moque des conducteurs en empochant de plus en plus d’argent pour chaque litre vendu, alors que le prix à la pompe aurait dû diminuer en 2013.

Le CAA-Québec publie vendredi une analyse des prix de l’essence pour les six premiers mois de l’année en cours.

L’organisme soulève un constat fort inquiétant: une augmentation importante de la marge prélevée au détail par l’industrie pour chaque litre d’essence vendu. Ces marges de détail sont en moyenne 18 % plus élevées dans l’ensemble de la province que celles observées en 2012. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’écart moyen pour les six premiers mois de l’année montre même une augmentation de 42,2 %. Dans la région de Québec, cet écart moyen s’est apprécié de 20 % et à Montréal, de 28 %.

Plus cher

Grâce à cette analyse, le CAA-Québec affirme que les automobilistes de la plupart des régions ont payé leur litre d’essence plus cher depuis le début de l’année qu’en 2012. Pourtant, à Montréal, à Québec et à Sherbrooke, les prix moyens du litre d’essence sont demeurés pratiquement identiques à ceux observés en 2012, respectivement 137,1, 134,5 et 135,6 cents le litre. Avec un prix inchangé, l’industrie gonfle ses revenus, alors que les automobilistes pourraient profiter d’un répit.

Le CAA-Québec demande donc à l’industrie d’agir de manière plus raisonnable. Plusieurs consommateurs ne seront pas surpris d’apprendre qu’ils paient trop cher, mais les moyens de défense sont quasi inexistants et l’impuissance persiste.

«Dans 16 régions sur 17, il y a une augmentation. On paie le même prix qu’en 2012, mais ils se sont gardé une plus grande marge de manœuvre. En théorie, nous aurions dû payer moins cher et ce n’est pas ce qui s’est produit. L’industrie a généré plus de profits», explique le conseiller Philippe St-Pierre. Pour arriver à ce constat, le CAA-Québec s’est attardé à l’écart moyen entre le prix affiché à la pompe de janvier à juin 2013 et le prix minimum estimé (PME) calculé chaque semaine par la Régie de l’énergie pour cette même période.

«Ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle lorsque le prix ne baisse pas. Souvent, les augmentations sont refilées aux consommateurs avec les fluctuations à la hausse, mais à l’inverse, elles ne sont pas retournées aux clients ou seulement cent par cent. C’est enrageant.»

Pistes de solution

Afin de contrer le marché actuel, deux pistes sont envisagées par le CAA: la concurrence créée par un joueur comme Costco et l’introduction de mécanismes de contrôle par le gouvernement.

«C’est un dossier prioritaire et il faut des mécanismes pour mieux encadrer les prix de l’essence. À Québec, par exemple, nous avons un marché uniforme avec une stabilité inquiétante pour le consommateur. Le prix pourrait être de quatre à cinq cents de moins. Ça presse!» termine M. St-Pierre.

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