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Arrestation musclée

Geste «plus grave que de fumer»

La Ronde défend les gestes de ses agents

Geste « plus grave que de fumer »
Photo Le Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin Robert Kelley - Arrêté

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Le client arrêté de façon musclée à La Ronde, dont une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux, aurait «mis en danger la sécurité des autres visiteurs en fuyant la sécurité à l’intérieur du parc», a indiqué La Ronde hier par voie de communiqué.

C’est pour cette raison, et non seulement parce qu’il a fumé une cigarette dans le Monorail, que les agents de sécurité l’auraient interpellé, soutient l’établissement. Il aurait également refusé à plusieurs reprises de quitter le site de façon pacifique, indique La Ronde.

La vidéo montre cinq agents en train de maîtriser Robert Kelley, 22 ans. Ce dernier a avoué leur avoir résisté, car les agents voulaient le menotter, geste qu’il ne comprenait pas.

«S’il y a eu escalade, c’est entièrement dû au comportement agressif et menaçant du visiteur», prétend plutôt La Ronde.

Accusations ?

Le Service de police de la Ville de Montréal a confirmé avoir procédé à l’arrestation du jeune homme. Ce dernier pourrait faire face à des accusations de mena­ces de mort et de voies de fait.

Le directeur des poursuites criminelles et pénales analyse actuellement la possibilité de déposer ces accusations. Interrogé pendant plusieurs heures par les enquêteurs, le prévenu a finalement été relâché sous promesse de comparaître.

De son côté, Robert Kelley soutient n’avoir jamais menacé les agents de sécurité et allègue qu’ils l’ont plutôt roué de coups de matraque et de genou.

Pas de réglementation

Un flou juridique subsiste autour de la fonction d’agent de sécurité.

«Il n’y a pas encore de réglementation autour de l’utilisation des différents outils comme la matraque ou les menottes», expli­que Denis Lévesque, directeur général du Bureau de la sécurité privée (BSP), qui a ouvert une enquête à la suite de cet incident.

La loi appliquée est celle qui régit le simple citoyen, qui est autorisé à se défendre et à défendre ses biens.

«Un simple citoyen a le droit de procéder à une arrestation s’il prend quelqu’un en flagrant délit», ajoute M. Lévesque.

Les enquêtes concernant le comportement des agents de sécurité sont rares, assu­re-t-il. Le BSP s’attarde plus fréquemment aux agents qui travaillent sans permis, selon lui.

L’enquête, commencée vendredi, pourra prendre encore quelques semaines. L’emploi d’une force raisonnable par les agents de sécurité sera notamment étudié. Leur permis pourrait être suspendu ou révoqué s’ils ont utilisé une force plus grande que nécessaire.

 

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