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Exotisme mal adapté

Des experts affirment que les serpents n’ont pas leur place dans les maisons

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La mort de deux enfants étouffés par un python à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, relance toute la question de la réglementation entourant les animaux exotiques et sur les règles de sécurité à suivre pour manipuler de tels animaux.

La mort de deux enfants étouffés par un python à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, relance toute la question de la réglementation entourant les animaux exotiques et sur les règles de sécurité à suivre pour manipuler de tels animaux.

Pour le directeur du développement de la SPCA de Montréal, Anthony Johnson, des animaux sauvages tels que les serpents n’ont tout bonnement pas leur place dans les maisons des particuliers. «Des cas d’attaques de reptiles sur des humains sont rarissimes, confirme-t-il, mais nos coquets logements ne conviennent tout simplement pas à ces espèces aux besoins très spécifiques.»

Il indique que la SPCA voit parfois de ces serpents mal entretenus, malades, aboutir dans leurs murs. «Les gens achètent les serpents quand ils sont petits et dès qu’ils grandissent, ils veulent s’en débarrasser.»

Il existe des centres animaliers bien équipés pour recueillir les reptiles de toutes sortes, explique-t-il, invitant les propriétaires à passer par la SPCA pour faire adopter leurs protégés rampants et leur donner un cadre de vie mieux adapté à leur espèce.

Difficile à comprendre

Hervé Maranda est un passionné de reptiles depuis l’âge de quatre ans. Il dirige aujourd’hui l’Exotarium de Saint-Eustache, un zoo consacré aux reptiles, aux amphibiens et aux invertébrés en tous les genres. Avec ses 200 pensionnaires, il s’attarde à faire connaître les reptiles et leurs secrets aux jeunes et aux moins jeunes.

La récente tragédie de Campbellton le laisse perplexe, car, dit-il, les serpents même les plus agressifs attaquent rarement. «À ma connaissance c’est la première fois qu’un serpent tue deux êtres humains d’un coup».

Les rares cas d’attaques mortelles, dit l’expert, surviennent principalement quand le propriétaire nourrit son animal et que le serpent confond la nourriture et un humain. «Les serpents ne sont pas très intelligents. Ils fonctionnent à la mémoire. Il faut donc adopter un comportement très routinier en nourrissant son animal et ne pas le faire à mains nues».

Accident

Il cite le cas de ce propriétaire de serpent en état d’ébriété qui avait placé deux rats morts sous ses aisselles, une imprudence qu’il a chèrement payée.

Hervé Maranda rappelle que les reptiles causent globalement très peu d’accidents. «Statistiquement, il est nettement plus dangereux de vivre avec un gros chien qu’avec un serpent».

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