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Charles Aznavour

«Le Québec est ma vieille maîtresse» Charles Aznavour

«Le Québec est ma vieille maîtresse»
photo collaboration spéciale Marc Chaumeil

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Provence, FRANCE | Le grand Charles Aznavour sera de retour au Québec le 17 août prochain pour un concert unique à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu. La vedette de la chanson française nous a accueillis chez lui, en France, dans son mas provençal, quelques semaines avant son spectacle. Une occasion rêvée de revenir avec lui sur son immense carrière et sur ses liens étroits avec le Québec.

Provence, FRANCE   |  Le grand Charles Aznavour sera de retour au Québec le 17 août prochain pour un concert unique à l’International de montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu. La vedette de la chanson française nous a accueillis chez lui, en France, dans son mas provençal, quelques semaines avant son spectacle. Une occasion rêvée de revenir avec lui sur son immense carrière et sur ses liens étroits avec le Québec.

Charles Aznavour et le Québec, c’est une histoire d’amour qui dure depuis longtemps. Depuis 65 ans exactement. «Le Québec est ma vieille maîtresse», nous lance le chanteur de 89 ans, alors que nous venons de prendre place dans son grand canapé d’angle.

La légende de la chanson française nous reçoit dans son bureau, une grande pièce aux hauts plafonds d’au moins 75 mètres carrés à vue d’œil. On est d’abord frappé par les dizaines de disques d’or et de distinctions accrochés aux murs.

Juste devant, son bureau, sur lequel trônent deux grands écrans d’ordinateur. «J’écris sur l’ordinateur, mais le départ d’une chanson, c’est toujours à la main», précise le chanteur, qui se surprend lui-même de s’être également mis au courriel.

À côté, un fauteuil de massage, une bibliothèque remplie de CD, une autre de DVD et, à l’opposé de la pièce, un bar où Aznavour, amateur de vin, aime bien déguster un bordeaux, un vin de pays ou un porto.

RESPECT DU PUBLIC

Avec cette chaleur estivale, on opte plutôt pour de l’eau. «C’est l’eau de mon puits», nous précise le chanteur, pas peu fier de nous annoncer que son eau est meilleure que celle d’Évian.

Chemise à carreaux à manches courtes, pantalon gris, bretelles et chaussures confortables aux pieds, Charles Aznavour, qui fêtera l’an prochain ses 90 ans, semble plutôt en forme. Mais le chanteur est inquiet et ne le cache pas. Il a la voix enrouée et ça le tracasse. Il nous le montre en chantonnant. Dès qu’il monte un peu dans les aigus, il n’arrive pas à tenir la note. Son médecin lui a prescrit des médicaments et le chanteur doit éviter de trop parler. On le sent inquiet. Attristé même.

Quelques jours plus tard, son agent nous rappellera pour nous dire que M. Aznavour va très bien et qu’il a bien retrouvé la voix.

De mémoire, Aznavour nous a dit qu’il n’a jamais annulé un concert pour un problème de voix au cours de sa carrière. «Même lorsque j’avais seulement un filet de voix, je suis monté sur scène. Mais en le disant toujours au public au début de mon tour de chant», souligne l’artiste, qui se fait un devoir de ne jamais rien cacher à son public, même le fait d’utiliser un télé­souffleur pendant ses concerts.

«Je fais comme les Américains, reconnaît-il, en se détendant un peu. Barbra Streisand utilise un prompteur grand comme celui-là», nous dit le chanteur, en pointant l’écran géant sur lequel il aime regarder des films.

DES LIENS INDÉLÉBILES

Charles Aznavour s’est produit à Montréal au tout début de sa carrière, à la fin des années 1940, alors qu’il formait un duo avec le pianiste Jean Roche. Poussés par Édith Piaf, les deux Français s’étaient d’abord rendus à New York, avant de jouer pendant trois ans au Faisan Doré, boulevard Saint-Laurent. Roche est resté dans la Belle Province après avoir épousé une Québécoise, alors qu’Aznavour a choisi de retourner en France. Mais le Québec ne l’a jamais vraiment quitté, même après l’énorme succès qu’il a connu par la suite.

Cela va de soi, donc, pour Aznavour, lui qui est aujourd’hui éditeur des chansons de son ami Félix Leclerc. C’est Aznavour aussi qui, il y a une quinzaine d’années, a fait découvrir Lynda Lemay aux Français. Et puis, il y a sa sœur, Aïda, qui possède un passeport canadien, et une bru qui est Québécoise. Son plus jeune fils, Nicolas, a quant à lui poursuivi un doctorat il y a quelques années à l’Université de Montréal avant de s’installer près de Lausanne, en Suisse. Le couple Aznavour y possède sa résidence principale, tout près du lac Léman.

Le Québec, c’est donc bien plus qu’une histoire d’amour pour Charles Aznavour, c’est aussi une histoire d’amitié et familiale. Sans compter qu’il a été nommé

citoyen d’honneur de la Ville de Montréal en 2002, officier de l’Ordre du Canada en 2008 et qu’on lui a remis un doctorat honorifique de l’Université de Montréal l’année d’après.

UN CADEAU POUR LE PUBLIC QUÉBÉCOIS

Alors, quand on lui demande pourquoi il a accepté ce grand concert à Saint-Jean-sur-Richelieu, lui qui ne se produit que très rarement en extérieur, le célèbre chanteur nous répond simplement que «c’est parce que c’est le Québec et que c’est important pour moi. Vous savez, c’est un peu chez moi et j’aime bien y retour­ner». Un beau cadeau, en somme, qu’il offre aux Québécois.

À quoi pourra-t-on s’attendre pour ce prochain passage en sol québécois? «Il n’y aura rien de spectaculaire, pas d’effets de lumières. Ce sera moi avec mes chansons.»

Des chansons incontournables, une voix reconnaissable entre mille, une présence sur scène, un personnage à la fois taquin, sympathique et émouvant, n’est-ce pas cette simplicité-là que les spectateurs veulent voir lorsqu’ils assistent à un concert du grand Aznavour?


Le dernier passage de Charles Aznavour au Québec remonte à avril 2012. En 2008, le chanteur a joué sur les plaines d’Abraham, à Québec, dans le cadre des festivités du 400e anniversaire de la ville.

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