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Informatique | Appel d'offres

L’Université Laval aux aguets

Les effets de l’appel d’offres controversé de l’UQAM se font sentir à Québec

Université Laval
© Photo d’archives, René Baillargeon Un appel d’offres où le seul fournisseur autorisé était Cisco a été présenté par l’Université Laval en mai dernier.

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Discrètement, l’Université Laval a entamé une réflexion pour modifier son processus d’appel d’offres dans le domaine des technologies de l’information, a appris notre Bureau d’enquête.

Discrètement, l’Université Laval a entamé une réflexion pour modifier son processus d’appel d’offres dans le domaine des technologies de l’information, a appris notre Bureau d’enquête.

Le 30 juillet, nous révélions que l’UQAM avait réalisé un appel d’offres de 13 M$ visant les produits d’un seul fournisseur, Cisco. Rappelons que cet appel d’offres a été reporté et fait l’objet d’une étude par le gouvernement. L’industrie croit que la facture serait réduite de moitié si l’appel d’offres était ouvert à des fournisseurs concurrents.

Même histoire

Un appel d’offres de l’Université Laval (UL), adjugé en mai dernier, soulève aussi plusieurs questionnements. Exactement comme l’UQAM, l’UL a préparé un contrat où «le seul manufacturier autorisé est Cisco», peut-on lire dans les documents d’appel d’offres. Il s’agit d’un contrat de 1,1 M$ visant la modernisation de ses infrastructures en télécommunications, déjà alimenté par Cisco.

Le contrat est qualifié comme un «bar ouvert» pour Cisco par des joueurs de l’industrie. L’appel d’offres inscrit d’ailleurs l’achat de plusieurs produits Cisco «sans s’y limiter».

Près de la moitié de la valeur du contrat, soit 500 000 $, vise le remplacement et l’ajout de produits. Cette facture baisserait de moitié, selon des joueurs du marché. Ils expliquent que des produits d’une demi-douzaine de marques différentes peuvent cohabiter avec les équipements déjà en place à l’UL.

L’UL avait pourtant été rencontrée et a reçu des demandes du milieu pour ouvrir à la concurrence. Mais elle en a décidé autrement.

Reportage influent

Selon ce qu’on a découvert, peu de temps après notre premier reportage sur le sujet, l’UL a manifesté son intention de modifier son processus d’appel d’offres pour ouvrir à la concurrence. L’Université y songeait déjà, mais se serait activée avec notre reportage, qui pourrait faire enfin «avancer le dossier» et changer les choses, ont exprimé des sources du milieu.

Appelée à commenter cette réflexion, la direction des communications de l’Université Laval s’est limitée à répondre par courriel que leur processus est conforme aux lois.

L’UL pas verbomotrice

L’UL dit tester les technologies et retenir ceux qui sont compatibles avec leurs systèmes. Finalement, la porte-parole écrit que tous les fournisseurs des technologies retenus sont en concurrence.

Dans le cas de l’appel d’offres présenté plus haut, un seul fournisseur représentait toute la concurrence. Johanne St-Pierre, des communications à l’UL, a affirmé qu’aucune entrevue n’allait être donnée sur le sujet. Pourquoi? a-t-on demandé. «Aucune entrevue ne sera donnée sur ce sujet», a-t-elle répondu, une deuxième fois, sans justification.

Nos autres questions à la direction des communications sont demeurées sans réponse.

 

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