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Déménager plus intelligemment

Le SPVM enquête déjà sur des propriétaires d’immeubles qui sont dans sa mire pour octobre prochain

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La police de Montréal promet de scruter à la loupe ses éventuels propriétaires, après avoir appris qu’elle louait un immeuble à un trafiquant de drogue lié à la mafia.
Photo le journal de montréal, mélanie bergeron
L’escouade Éclipse du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), spécialisée dans les gangs de rue, est localisée dans un immeuble de l’avenue Papineau appartenant, entre autres, à un trafiquant de drogue qui purge actuellement une peine d’emprisonnement.

La police de Montréal promet de scruter à la loupe ses éventuels propriétaires, après avoir appris qu’elle louait un immeuble à un trafiquant de drogue lié à la mafia.

«C’est frustrant d’être dans des locaux dont l’un des propriétaires s’acoquine à des gens qui ne sont pas nos amis», déplore Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

L’édifice du 6665 rue Papineau, qui abrite les bureaux de l’escouade Éclipse du SPVM, spécialisée dans les gangs de rue, est la propriété d’un trafiquant de drogue lié à la mafia.

Vérifications

Ce n’est qu’en 2010 que le corps de police a découvert la véritable identité de Vincenzo Armeni, l’un des propriétaires de l’immeuble, qui purge actuellement une peine de 19 ans de prison pour trafic de stupéfiants.

Or, depuis 2006, la police de Montréal effectue une enquête préalable uniquement à la signature d’un tout nouveau bail. Ces vérifications systématiques vont bien au-delà du passé criminel ou de la réputation dans le voisinage, assure M. Lafrenière, qui a toutefois refusé de dévoiler les critères étudiés.

Le bail venant à échéance en octobre prochain, le SPVM n’a pas l’intention de renouveler sa location.

«Nous sommes en train de négocier et de terminer nos enquêtes sur les propriétaires d’immeubles pour le déménagement prévu en octobre prochain», dit-il, craignant que cette sortie médiatique fasse grimper le prix des loyers dans le secteur.

Bail signé

Si ces récentes investigations n’ont pas permis de prendre connaissance du présent dossier, c’est qu’il s’agissait d’une reconduction de bail. Dans pareil cas, aucune vérification n’est effectuée.

Et si le SPVM a préféré garder pignon sur rue à cet endroit jusqu’à aujourd’hui, c’est que le bail les y contraignait.

«Ça aurait été encore plus frustrant que les citoyens de Montréal payent un local durant 3 ans et qu’il n’y ait aucun policier dedans, a-t-il répondu, soulignant que ça ne changeait strictement rien à la sécurité. C’est une question purement éthique et d’inconfort très logique...»

Du côté de la Ville, on se dit satisfait des mécanismes mis en place afin d’éviter qu’une telle situation se reproduise.

«L’argent des contribuables doit aller dans les mains de compagnies ou de personnes qui ne sont pas impliquées dans des domaines questionnables», a commenté Jonathan Abecassis, porte-parole du maire Laurent Blanchard.

Lyn Thériault, conseillère de la Ville et vice-présidente de la commission de la sécurité publique, estime que le SPVM devra dorénavant faire preuve de plus de diligence.

«Il est essentiel que des vérifications soient faites auprès de tout prochain propriétaire auquel nos services, quels qu’ils soient, loueront des locaux», a-t-elle conclu.


  • Auparavant, la Communauté urbaine de Montréal possédait la plupart des édifices qu’elle occupait.
  • L’édifice est occupé par le SPVM depuis 1998. Il a d’ailleurs servi de poste de quartier jusqu'en 2008.

 

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