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Montréal-Québec pour 4$

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Eh oui, un petit 4 $ pour un aller-retour Québec-Montréal, c’est possible. Dans une voiture électrique, bien sûr. Il est grand temps que nous mettions fin au gâchis d’un milliard de voitures buveuses au pétrole sur Terre.

Eh oui, un petit 4 $ pour un aller-retour Québec-Montréal, c’est possible. Dans une voiture électrique, bien sûr. Il est grand temps que nous mettions fin au gâchis d’un milliard de voitures buveuses au pétrole sur Terre.

«Drill, baby, drill», répétait l’ex-gouverneure de l’Alaska, Sarah Palin, fervente partisane des forages sur le sol américain. Elle n’avait pas tort de dire que mieux vaut produire du pétrole ici qu’enrichir des dictatures à l’étranger. Surtout dans la foulée du 11 septembre 2001, l’œuvre d’un commando terroriste composé de Saoudiens. Mais ce qui scierait vraiment les jambes des commanditaires internationaux de l’extrémisme, ce serait la fin de notre dépendance au pétrole.

Si les moteurs électriques avaient connu un perfectionnement comparable aux ordinateurs au cours des dernières décennies, il y a longtemps que les arrogants princes du pétrole auraient pris leur trou.

20 MILLIARDS $

Nous sommes 8 millions et nous dépensons presque 20 milliards $ en pétrole par année. Aux États-Unis? C’est pire! Qu’attendons-nous pour nous brancher et pour accélérer l’électrification du parc automobile? Un petit pourcentage du faramineux budget de recherche militaire américain aurait probablement suffi pour améliorer les moteurs électriques au point de les rendre abordables.

Le problème, c’est la puissance des multinationales du pétrole, souvent associées aux compagnies d’armement, qui n’ont pas intérêt à arrêter de pomper l’or noir pour nous siphonner des milliards. Nos gouvernements ne pèsent pas lourd contre ce que le président américain Dwight Eisenhower appelait le «complexe militaro-industriel». Elles veulent hausser leurs prix pour nous arnaquer pendant les vacances? Elles le peuvent. Elles veulent retarder l’arrivée d’un moteur électrique qui rendra l’essence caduque? Elles le peuvent.

RÉVOLUTION IMMINENTE

L’audacieuse compagnie californienne Tesla a déjà vendu au Québec une centaine de véhicules très aérodynamiques avec une autonomie qui peut s’élever jusqu’à 500 km par temps chaud ou doux. Parmi les propriétaires d’une Tesla: l’expert Jacques Duval. Il y a déjà au moins deux bornes de recharge de moteur entre la métropole et la capitale, notamment à Trois-Rivières. BMW et Mercedes se lancent dans la course, le phénomène sera de moins en moins marginal.

Quand mon ami l’avocat environnementaliste Mario Langlois m’a fait essayer sa voiture électrique, il s’est amusé à me couper le souffle en accélérant à une vitesse incroyable pour une voiture normale. De 0 à 100 km/h en moins de 5 secondes.

Comme tout le monde, j’ai été profondément dégoûté par le mal nommé «accident» de Mégantic. Et que dire de l’opportunisme des partisans de l’oléoduc transcanadien qui ont profité des craintes associées au transport par chemin de fer pour officialiser leur projet?

Certes, il y a des raffineries à Montréal que ce pipeline alimentera. Mais l’essentiel du produit brut des sables bitumineux de l’Ouest va nous filer sous le nez et ira directement au Nouveau-Brunswick. Je veux bien croire qu’il faut exploiter notre pétrole au maximum tant et aussi longtemps que celui-ci sera fortement en demande en raison de la croissance endémique de la Chine et de l’Inde, mais... qui va payer pour les sites et l’équipement abandonnés quand la révolution électrique surviendra?

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