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Contrat | UQAM

Appel d’offres annulé

Les demandes du gouvernement et de l’industrie ont eu raison de l’UQAM

Pierre Duchesne
© Photo d’archives, Annie T. Roussel Le ministre de l’Enseignement supérieur, Pierre Duchesne.

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L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a annulé, vendredi après-midi, son appel d’offres controversé de 13 millions de dollars qui visait les produits d’un seul fournisseur, Cisco, et rien d’autre. Une décision que salue le gouvernement.

L’Université du Québec à Montréal (UQAM) a annulé, vendredi après-midi, son appel d’offres controversé de 13 millions de dollars qui visait les produits d’un seul fournisseur, Cisco, et rien d’autre. Une décision que salue le gouvernement.

Ce rebondissement majeur survient à trois jours de la date limite de la fin de l’appel d’offres, qui avait déjà été reporté à deux reprises depuis la publication de notre premier reportage du 30 juillet mettant en lumière cet avis très précis. Il visait une modernisation d’envergure des infrastructures réseau de l’UQAM.

Si le contrat avait été donné, il se serait agi de l’un des contrats les plus coûteux accordés cette année dans le domaine des technologies d’information du Québec. L’industrie a sévèrement contesté l’appel d’offres, décriant le fait que de l’ouvrir à des fournisseurs concurrents aurait réduit la facture de moitié.

L’étude n’a pas suffi

L’UQAM a défendu ses pratiques, disant qu’une étude externe justifiait sa décision de ne viser qu’un seul fournisseur, une étude confidentielle sur laquelle l’Université a refusé de fournir des détails. L’établissement a aussi publié un communiqué pour déplorer le contenu de nos reportages.

Mais tout laisse croire que l’étude externe n’a pas permis de justifier la pratique de l’UQAM, qui a décidé, après plusieurs échanges avec le gouvernement, d’annuler son appel d’offres pour reprendre le processus ultérieurement. Préoccupés, le Conseil du trésor et le ministère de l’Enseignement supérieur ont suivi de près le dossier, demandant même à l’UQAM de reporter son appel d’offres, la semaine dernière.

«Je suis satisfait de la décision de l’UQAM», a affirmé le ministre Pierre Duchesne en entrevue avec notre Bureau d’enquête.

Meilleur dénouement

Il explique que l’UQAM n’a pas agi de mauvaise foi, mais au regard de la «reddition de comptes» et de la «transparence», l’Université a choisi la meilleure façon de continuer à avancer. «Nous allons continuer de travailler avec l’UQAM pour rester dans la transparence», ajoute-t-il.

Le ministre est d’avis que le message demeure clair pour les organismes publics : «Dans l’attribution des contrats, le processus doit être juste, éthique, équitable et ouvert à la concurrence».

De son côté, Dominic Provost, du Conseil du trésor, a aussi salué la décision de l’UQAM, qui «tient compte de la préoccupation du gouvernement concernant l’ouverture à la concurrence».

L’UQAM, pour sa part, a indiqué, par voie de communiqué, qu’elle avait respecté les lois. Elle justifie l’annulation en mentionnant que l’appel d’offres s’est préparé alors que l’application d’une loi était en évolution. Le Conseil du trésor explique plutôt que c’est la «compréhension» de la loi qui a pu évoluer.

Le président de l’Association des revendeurs du Québec, Pierre Salbaing, qui avait amorcé cette croisade de l’industrie, s’est dit rassuré. «Pour nous, ce n’est pas une victoire. C’est le respect de la loi, et ce, dans l’intérêt de tous, même de l’UQAM», dit-il, ajoutant qu’il s’agit d’un signal fort aux institutions publiques. L’appui du gouvernement l’incite d’ailleurs à poursuivre sa mission.

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