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Femmes et politique

Politiciennes et médias : l’égalité tarde

Plusieurs études révèlent que les femmes politiques ont droit à un traitement médiatique différent de celui réservé aux hommes

Pauline Marois
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Hommes et femmes politiques sont-ils égaux devant les médias ? La question intéresse les chercheurs partout dans le monde. Chez nous, des études relèvent certaines différences dans le traitement médiatique réservé aux politiciennes.

Hommes et femmes politiques sont-ils égaux devant les médias ? La question intéresse les chercheurs partout dans le monde. Chez nous, des études relèvent certaines différences dans le traitement médiatique réservé aux politiciennes.

Avec ses deux divorces, Kim Campbell a-t-elle les capacités d’unir le parti? Les États-Unis voudront-ils voir une femme — Hilary Clinton — vieillir sous leurs yeux ? Belinda Stronach serait meilleure que le Viagra pour remonter un parti qui en a bien besoin...

Ces troublantes réflexions évoquées publiquement par des journalistes et chroniqueurs patentés qui travaillent pour des médias de masse influents font l’objet de recherches sur le traitement médiatique réservées aux femmes en politique.

Ce n'est pas qu'une impression, les femmes politiques font beaucoup parler d'elles, mais pas toujours pour leur travail. C'est le constat auquel arrivent deux chercheures du Groupe de recherche sur la communication politique de l'Université Laval, qui ont notamment publié dans le Canadian Journal of communication.

Différence de traitement

En scrutant la couverture médiatique et les courses au leadership des dernières années sur la scène politique québécoise et canadienne, ces chercheures ont relevé des différences dans le traitement réservé aux politiciennes.

«Est-ce que c'est parce que ce sont des femmes ? Chose certaine, ça arrive moins souvent aux hommes», observe la co-auteure de l’étude Catherine Lemarier-Saulnier, qui consacre également sa thèse de doctorat à la différence entre les genres en politique.

S’il est vrai que les acteurs politiques, hommes et femmes, sont parfois complices de mises en scène médiatiques, par exemple avec leurs enfants, les chercheures notent que les commentaires sur l’apparence des politiciennes sont récurrents et que leur vie privée joue un rôle négatif dans les médias. Ces résultats concordent avec ceux des chercheurs américains sur le sujet, précisent-elles.

Double standard

Cette relation trouble qu’entretiennent les médias avec les femmes politiques se manifeste chez nous de plusieurs façons.

«Dès le départ, on va remettre en question la candidature de la femme. On va se demander si elle a les capacités ou si elle ne devrait pas se retirer devant un candidat plus fort dans une course au leadership. On l’a vu avec Hilary Clinton et Sheila Copps», décrit Mireille Lalancette, co-auteure de plusieurs études et professeure de communication politique à l’UQTR.

Autre différence dans le traitement médiatique réservé aux femmes, le recours à des détails sur leur féminité ou sur le fait qu’elles sont des femmes.

«On va décrire la politicienne en disant par exemple qu’elle portait un élégant tailleur, chose qu’on voit rarement pour les hommes», souligne Mireille Lalancette.

«On fera état de l’apparence des politiciennes, on va parler d’un air fatigué ou d’une coupe de cheveux qui sera décrite comme un signe d’instabilité, surtout aux États-Unis», ajoute Catherine Lemarie-Saulnier.

Les politiciennes font aussi l’objet d’un double standard, affirme madame Lalancette.

«Par exemple, la fortune de Pauline Marois l’a souvent discréditée alors que celle de Paul Martin est perçue comme un signe de réussite», décrit-elle.

Les femmes représentent près du tiers des sièges à l’Assemblée nationale et 22% des élus à la Chambre des communes. Les médias jouent un rôle clé dans la production de modèles, d’où l’intérêt de se pencher sur la façon de les présenter à la population, soutiennent les chercheures.

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