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Sport | Morts subites

Un cas rarissime

Des médecins recommandent des tests systématiques pour déceler les anomalies

Un cas rarissime
Photo d’archives Le jeune espoir du hockey, Jordan Boyd, 16 ans, s’est écroulé sur la patinoire lors du camp des recrues du Titan d’Acadie-Bathurst.

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La mort du jeune hockeyeur Jordan Boyd, lundi, a causé toute une commotion dans le monde du sport. Si le syndrome de la «mort subite du sportif» est très rare, il est possible de réduire encore le nombre de cas, estiment certains spécialistes.

La mort du jeune hockeyeur Jordan Boyd, lundi, a causé toute une commotion dans le monde du sport. Si le syndrome de la «mort subite du sportif» est très rare, il est possible de réduire encore le nombre de cas, estiment certains spécialistes.

Le Dr Francis Fontaine parle d’environ un cas sur 50 000 chez les sportifs. «Mais quand ça arrive à un jeune de 16 ans, c’est dramatique...» ajoute le médecin membre de l’Association québécoise des médecins du sport.

Le médecin, qui travaille avec des jeunes pour plusieurs programmes de sport-étude, croit que même si certains cas restent toujours indétectables, il est possible de déceler certaines anomalies en imposant des tests physiques à tous les jeunes qui participent à des sports organisés, que ce soit au niveau secondaire, collégial ou universitaire.

«En ce moment, c’est un peu à la discrétion de chaque programme, au Québec, note le Dr Fontaine. Il y a des jeunes qui n’ont pas de ­médecin de famille et donc aucun examen de base.»

Le spécialiste conseille de s’inspirer de certains États américains ainsi que de ­plusieurs pays européens, qui imposent un examen médical physique, ainsi qu’un questionnaire sur les antécédents personnels. Déceler un problème tôt permet d’assurer un suivi étroit du jeune concerné.

«C’est certain qu’on en échappera toujours, mais au moins, ces tests nous permettraient de détecter au moins 50 % des cas, et de leur faire passer un électrocardiogramme», précise le Dr Fontaine.

«Malheureusement, il n’y aura jamais une ­garantie à 100 %, précise le Dr Mario Talajic, cardiologue à l’Institut de cardiologie de Montréal. Un individu sur 2000 à 3000 a des malformations, qui ne mènent pas nécessairement à une mort ­subite. Mais dans certains cas, la première manifestation est la mort subite.»

Indétectable

C’est ce qui semble être le cas de Jordan Boyd, 16 ans, qui s’est écroulé sur la patinoire lors de son premier entraînement avec la Ligue de hockey ­junior majeur du Québec (LHJMQ). Le jeune homme avait subi les évaluations médicales appropriées, incluant un électrocardiogramme, et ne semblait pas avoir quelconque problème cardiaque.

Le Dr Paul Poirier, cardiologue pour les Remparts de Québec, une autre équipe de la LHJMQ, croit ­fermement que le jeune Boyd avait subi tous les examens requis. «La LHJMQ est très sérieuse par rapport à l’approche médicale. Selon moi, l’autopsie ne révélera aucun problème de structure du cœur, ajoute-t-il. Il s’agit d’un problème électrique du cœur, de l’arythmie maligne.»

Néanmoins, les Drs Poirier et Fontaine s’entendent pour dire que les entraîneurs pourraient être mieux formés quant aux symptômes d’une anomalie cardiaque. «Si un jeune a des évanouissements ou des douleurs à la poitrine en pratiquant un sport, c’est important d’en parler», insiste le Dr Fontaine.

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