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Vacances | Abitibi-Témiscamingue

Festivals et plein air en Abitibi-Témiscamingue

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ROUYN-NORANDA - «Le jour s’est levé sur Rouyn, avec ses gros rayons d’or, j’ai jasé avec mon instinct, et j’ai couché dans mon char», chante Richard Desjardins, fidèle ambassadeur de l’Abitibi-Témiscamingue. Si je n’ai pas couché dans mon char lors de mon récent séjour dans la région, j’ai effectivement jasé avec mon instinct de citadine pour lui dire de prendre congé, le temps que moi, je prenne le large.

En algonquin, le mot Abitibi signifie «là où les eaux se séparent» et Témiscamingue «eau profonde». Avec ses quelque 22 000 lacs et rivières et sa position sur une ligne de partage des eaux, on peut dire que la région porte un nom à son image. L’Abitibi-Témiscamingue, c’est la rencontre de la forêt boréale et de la forêt mixte, c’est le calme, les cours d’eau et les aurores boréales, c’est la chasse, la pêche et l’histoire fascinante des travailleurs de mines, et c’est aussi une capitale culturelle en pleine ébullition.

Culture à Rouyn-Noranda

Créer ce qui n’existe pas encore, combler les manques et les besoins, faire de la culture un point central de la ville; c’est dans cette optique visionnaire axée sur la culture que la ville de Rouyn-Noranda - avec l’aide de son maire, Mario Provencher - s’est autoproclamée Capitale culturelle en 2012.

«Il y a une effervescence culturelle dans la région, affirme Sonia Demontigny, consultante en développement tourisme culturel, festivals et événements chez Tourisme Abitibi-Témiscamingue. Nous avons cette envie de changer le monde, d’aller plus loin. Et puis, nous voyons comme un point positif le fait d’être une région éloignée.»

Car, pour une région éloignée, l’Abitibi-Témiscamingue peut se vanter d’avoir su façonner des festivals d’envergure. On pense, entre autres, au très couru Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qui en est à sa 32e édition, ou encore au Festival de musique émergente, dont le mandat est de faire découvrir les artistes de demain depuis 11 ans et dont le défi est «d’être encore là dans cent ans». On pense aussi au Festival des Guitares du monde en Abitibi-Témiscamingue, à la Foire gourmande ou au festival du DocuMenteur de l’Abitibi-Témiscamingue, dont la belle folie a fait des petits jusqu’en Italie.

«On prend possession de notre culture. On est la colonisation de notre culture», ajoute Jacques Matte, président directeur du Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue.

Les artistes de la région s’appliquent depuis fort longtemps à mettre en valeur leurs racines et leur patrimoine. Ainsi, la culture est partout, que l’on télécharge la cinquantaine de capsules historiques et culturelles de l’auto-circuit «L’indice du bonheur» pour découvrir – à pied, à vélo ou en voiture - la ville de Rouyn-Noranda; que l’on fasse un saut dans le temps avec les acteurs du magasin général Dumulon; que l’on déambule dans le Vieux-Noranda en s’arrêtant à L’Écart, ce lieu de diffusion en art actuel et visuel; que l’on prenne la route pour se rendre jusqu’à la boutique de l’atelier des artistes Liliane Gagnon (peintures miniatures) et Jacques Baril (sculpteur); ou que l’on explore l’exposition «Il était quarante fois...» au centre d’exposition de Rouyn-Noranda.

Pêche au Rapide-Sept

Mais en Abitibi-Témiscamingue, la nature aussi est partout.

Confortablement installés dans un bateau, à des kilomètres de Rouyn-Noranda, Jim McVeigh et moi prenons tout simplement le temps de vivre. «J’aime la tranquillité, la nature et la liberté. On ne peut pas être plus libre que cela!», m’explique cet Irlandais de souche en balayant le lac du regard. Originaire de Val-D’Or, il quitte depuis une cinquantaine d’années sa maison de Sherbrooke pour revenir passer tous ses étés sur le lac Décelles, qu’il connaît comme le fond de son filet à poissons. «On a l’Abitibi dans le sang, même si on n’habite plus ici», ajoute-t-il entre deux coups de moulinet.

De la centaine de pourvoiries que l’on retrouve en Abitibi-Témiscamingue, c’est sur les terres du Rapide-Sept que je me suis retrouvée pour commencer mon expérience en nature, en plein bois, à 45 minutes de Val-D’Or. C’est ici que le propriétaire André Yersin accueille des pêcheurs canadiens, américains et européens depuis 2009. Partageant sa vie entre sa Suisse natale et le Québec, il affirme proposer «du sauvage et du vrai» à ses clients-pêcheurs.

«Notre accueil est simple et chaleureux, le lac, la forêt et la propriété sont propres, nous offrons la tranquillité, la simplicité, le confort en plus d’une bonne qualité de pêche pour le pêcheur averti», assure-t-il.

Récipiendaire du Grand Prix du Tourisme en Abitibi-Témiscamingue section Pourvoirie, Rapide-Sept offre la location de chalets de bois rond 5 étoiles, de chalets 4 étoiles en pension européenne (juste le dodo) et américaine (dodo et repas) et du camping dans une nature boisée aux abords du lac Décelles. Une terrasse sur l’eau, un bar-billard pour les jours de pluie, une petite plage où se tremper les orteils et la possibilité de partir à la cueillette de bleuets et de champignons, des balades en kayak et en pédalo ou la découverte des mines de Val-D’Or complètent le programme proposé par la pourvoirie.

Au retour des journées de pêche, le propriétaire et ses acolytes offrent aussi, de bon cœur, de cuisiner les prises du jour. Du lac Décelles, on peut s’attendre à retirer les dorés noirs et jaunes (de 14 à 22 pouces), brochets, esturgeons et perchaudes. «La meilleure période pour la pêche est en juin, explique-t-il. Par contre, il faut réserver un an à l'avance. Les mois de juillet et d’août sont plutôt familiaux.»

«Il faut absolument participer à un «shore lunch», ajoute Jim McVeigh. C’est un BBQ sur feu de bois que l’on fait entre amis, souvent sur la plage, des prises de la journée. On met tout en commun, on y ajoute de patates, c’est un véritable happening et c’est tellement bon!»

Balades au parc national d’Aiguebelle

En attendant l’ouverture du nouveau parc national Opémican prévu pour 2017, plusieurs belles balades dans le parc national d’Aiguebelle restent à faire. Avec ses 45 km de sentiers, le premier parc national à avoir vu le jour en Abitibi-Témiscamingue est tout à fait sublime.

Je découvre ses merveilles en empruntant le sentier Les paysages, qui porte bien son nom en offrant de jolies vues sur l’étendue des 268 km carrés du parc. Au loin, une passerelle suspendue balance ses 70 mètres de long, 22 mètres au-dessus des eaux, en narguant mon foutu vertige. J’opte plutôt pour une expédition en rabaska qui permet de l’admirer d’un autre angle, en fendant l’eau calme du lac Lois.

Ouvert tout au long de l’année, le parc national d’Aiguebelle propose à ses visiteurs de séjourner dans l’un de ses trois chalets (avec eau courante et électricité), sa dizaine de camps rustiques en bois ronds, ses huit tentes Huttopia ou l’un de ses 47 emplacements de camping.

Prendre part à une quinzaine d’activités de découvertes, se promener à pied, en canot, en kayak, en chaloupe ou en pédalo, pêcher dans certains lacs du parc, faire du vélo de montagne, voir de ses yeux la ligne de partage des eaux (là où prend tout son sens le vieux mot Abbittibbi) et avoir la chance de vivre des nuits au ciel rempli d’aurores boréales; c’est un peu cela le parc national d’Aiguebelle, et l’Abitibi-Témiscamingue.

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