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Les incidents sont mal rapportés, selon l'AQPR

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Photo Vincent Breton / Agence QMI Le CHSLD conventionné de Saint-Michel-de-Bellechasse.

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Plusieurs Centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) ne compilent aucune statistique du nombre d'incidents qui surviennent entre leurs murs, déplore l'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQPR).

Le nombre de chutes, d'erreurs de médication ou encore d'agression ou d'abus dans les résidences pour aînés serait donc bien plus important en réalité que les chiffres ne le laissent paraître. «On constate qu'il y a plus de 1000 événements malheureux chaque jour dans le réseau de la santé et des services sociaux, indique le directeur général de l'AQPR, Mathieu Santerre. Mais visiblement, la réalité est bien pire que ce que les statistiques nous démontrent.»

Le ministère de la Santé invite les établissements visés à plus de transparence. D'ailleurs, une loi datant de 2002 les force à divulguer ces chiffres. Pourtant, certains CHSLD se montrent récalcitrants. Le ministère de la Santé sait qu’il y a une sous-déclaration des incidents, souligne M. Santerre.

Dix-huit établissements de soins, dont 12 CHSLD, omettraient de compiler ces données, tandis que d'autres retiennent une partie de l'information, selon un rapport du ministère de la Santé. «C'est la loi du silence», déplore M. Santerre.

L'AQPR demande donc au ministre Réjean Hébert d'intervenir et de serrer la vis aux délinquants. «Le nom de chacun des établissements est identifié noir sur blanc dans le rapport. Depuis 2002 qu'une loi existe. Et là, on se retrouve dix ans plus tard et ce n'est pas appliqué partout», a dit le directeur général de l’AQRP.

Des données exactes permettraient de mieux identifier les risques afin d'améliorer les services et de faire davantage de prévention pour éviter ces incidents, soutient l'AQRP.

Près de 217 000 événements indésirables ont été recensés par le ministère d’octobre à mars dernier. Plus de la moitié de ces incidents surviennent chez des personnes âgées de 75 ans et plus et la majorité se produisent dans les CHSLD ou les centres hospitaliers.

Hébert suit la situation

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, n’était pas disponible pour donner des entrevues. Son attachée de presse, Geneviève King-Ruel, a toutefois indiqué à l’Agence QMI qu’il était au courant de la situation et qu’il suivait de près son évolution.

M. Hébert a d’ailleurs écrit une lettre aux établissements en question le 26 juin dernier pour leur rappeler leur obligation de transmettre les données au registre national des incidents et des accidents.

Mme King-Ruel a également tenu à préciser qu’à défaut d’avoir alimenté le registre national, la plupart des 18 établissements identifiés par l’AQRP avaient en revanche transmis leurs données à leur registre local.

 

 

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