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La charte qu’il nous faut

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Le Journal a dévoilé, hier, le contenu de la charte des valeurs québécoises, annoncée officiellement pour septembre. Le gouvernement Marois interdira les signes religieux chez les employés de l’État ainsi que dans les garderies, les écoles et les hôpitaux, à quelques exceptions près. Si l’expression «valeurs québécoises» est malheureuse, au-delà de la sémantique, cette charte est la bienvenue.

Le Journal a dévoilé, hier, le contenu de la charte des valeurs québécoises, annoncée officiellement pour septembre. Le gouvernement Marois interdira les signes religieux chez les employés de l’État ainsi que dans les garderies, les écoles et les hôpitaux, à quelques exceptions près. Si l’expression «valeurs québécoises» est malheureuse, au-delà de la sémantique, cette charte est la bienvenue.

Elle représente la réponse mesurée à un problème majeur: la fragmentation identitaire et sociale de nos sociétés sous la pression du multiculturalisme. C’est la grandeur des sociétés occidentales de permettre la diversité des styles de vie. Mais il faut aussi rappeler de temps en temps ce qui rassemble les membres d’une même société.

Mais l’identité collective s’effrite. L’individualisme nous piège: on ne veut voir dans le voile, par exemple, qu’un symbole exprimant une croyance personnelle. Pourtant, il s’agit aussi d’un symbole communautaire et politique. On le voit clairement en Europe: il témoigne, à bien des égards, d’une forme d’auto-exclusion sociale et d’un refus de s’intégrer pleinement à la société d’accueil.

POSER DES BALISES

Mais cette réalité est censurée. On se dit que «tout le monde est beau, tout le monde est fin». On chante «l’ouverture à l’autre». C’est un commandement sacré. Mais on ne se demande jamais de quel «autre» il s’agit. Et de combien «d’autres» il s’agit. Et ne serait-il pas temps, aussi qu’on demande à «l’autre» de s’ouvrir à «nous»?

Avec la charte, la société d’accueil pose enfin des balises. On critiquait le multiculturalisme. Il s’agit maintenant de le remplacer. Un principe est rappelé: c’est aux immigrants à s’adapter à la société d’accueil. Et non l’inverse. Le système des accommodements raisonnables doit cesser. Il y a des conditions à respecter pour évoluer au Québec. Le gouvernement les précise enfin.

À Rome, on fait comme les Romains. Il ne suffit pas de respecter les lois du pays d’accueil. Il faut en adopter la culture. Encore faut-il que la société d’accueil cesse d’avoir peur de son ombre. Cela suppose qu’on enseigne l’histoire. Cela suppose qu’on fasse sérieusement de la langue nationale la langue des services publics. Le Québec n’est pas une page blanche.

Je note avec bonheur que Bernard Drainville ne succombe pas au fantasme de la table rase. Il n’aseptise pas l’espace public. Il respecte le patrimoine catholique du Québec, qui alimente encore l’identité nationale québécoise. Ainsi, il n’entend pas retirer le crucifix de l’Assemblée nationale. Les Québécois lui en seront reconnaissants. Ils ne veulent pas se déraciner de leur histoire.

UN QUÉBEC CATHO-LAÏC

J’aime dire que le Québec est catho-laïc. Il s’agit, aujourd’hui, de conjuguer notre vieil héritage catholique avec les exigences d’une laïcité moderne. C’est à cette identité que les immigrants doivent s’intégrer, en acceptant qu’elle recouvre l’espace public. Cela ne les empêche évidemment pas de conserver leurs convictions personnelles, ce qui va de soi.

Hélas! il y en a qui perçoivent dans cette réaffirmation de l’identité québécoise une régression. En hurlant d’indignation, ils accusent le gouvernement d’intolérance et de xénophobie. Les médias canadiens-anglais nous feront aussi une leçon de morale et une séance de Quebec bashing. Le gouvernement Marois devra se rappeler cette vieille maxime de sagesse: faire et laisser braire.

«Bernard Drainville ne succombe pas au fantasme de la table rase »
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