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Signes religieux

Prêtes à perdre leur emploi

Des éducatrices en garderie jurent qu’elles ne se départiront jamais de leur voile

Prêtes à perdre leur emploi
Photo le journal de montréal, sarah-maude lefebvre «J’ai laissé mon pays pour vivre une vie meilleure. Là, j’ai l’impression qu’on me dit de tout arrêter et de retourner chez moi», lance Zakia Maali, assise à côté de son fils.

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Extrêmement bouleversées à l’idée que les signes religieux soient bannis des institutions publiques, des éducatrices en garderie se disent prêtes à tout pour conserver leur voile, quitte à perdre leur emploi.

Extrêmement bouleversées à l’idée que les signes religieux soient bannis des institutions publiques, des éducatrices en garderie se disent prêtes à tout pour conserver leur voile, quitte à perdre leur emploi.

À la garderie privée Le Roitelet, située à Montréal, près de la moitié des 15 éducatrices sont de confession musulmane et portent le hijab.

«Ce matin, quand nous avons lu le Journal, c’était la panique. Comment le gouvernement peut-il faire une chose pareille? C’est devenu la folie totale au Québec», ­déplore la propriétaire, Samira Khreiss.

Rejetées

Les éducatrices de cette garderie sont formelles: même si le gouvernement interdit le port du hijab dans la sphère publique, elles continueront de le porter, coûte que coûte.

«Quand je suis arrivée au Québec, il y a 10 ans, je pensais que je m’établissais dans un pays de liberté, sans discrimination. J’ai laissé mon pays et ma famille derrière moi pour vivre une vie meilleure. Là, j’ai l’impression qu’on me dit de tout arrêter et de retourner chez moi», lance Zakia Maali.

«Pourquoi devrai-je enlever mon voile maintenant? Je ne l’ôterai pour rien au monde. Si je perds mon emploi, ce sera le chômage, puis le bien-être social. Tant pis», poursuit-elle.

Amina Lhachimi déplore aussi cette mesure «discriminatoire».

«Le hijab ne nuit pas à la qualité de mon travail, dit-elle. Ce n’est qu’un bout de tissu. Les parents ne se sont jamais plaints. Je parle aux enfants en français et leur transmets mon savoir d’éducatrice, pas ma religion. Je n’accepterai pas ça.»

L’Association des garderies privées du Québec abonde dans le même sens.

«Le Québec est une société diversifiée. Si quelqu’un porte une petite croix dans son cou ou un voile, ça change quoi? C’est quoi le problème?» s’interroge la porte-parole, Mona Lisa Borrega.

Malaise

Ailleurs dans le secteur public, on semble marcher sur des œufs face à cette nouvelle résolution du gouvernement Marois. La Fédération des comités de parents, l’Association québécoise des centres de la petite enfance et plusieurs syndicats ont refusé, hier, de se prononcer sur la question.

Haroun Bouazzi, de l’Association des musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, parle, lui, d’un «triste jour pour le Québec».

«C’est une décision très grave qui va contribuer à diviser la société sur la base de critères malsains. Cela causera des blessures importantes à la société.»

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