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Le courrier

Étudiants syndiqués

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Inévitablement, un jour ou l’autre, le débat sur le droit de grève étudiant refera surface. À l’heure actuelle, les tribunaux confirment que ce droit n’existe pas. Mais les activistes étudiants s’en réclament pour imposer leurs volontés à leurs confrères et consœurs de même qu’à l’ensemble de la société. Puis, lorsque les tribunaux les rappellent à l’ordre, ils jouent aux victimes et déplorent la judiciarisation du conflit.

Le coup de force du printemps érable n’a pas tout réglé. Doit-on donner à des groupes qui reçoivent un service, en l’occurrence l’éducation, le même droit qu’à ceux qui fournissent une prestation de travail? Historiquement, le droit de grève a été accordé aux syndicats pour protéger des employés qui, pour gagner leur vie, devaient travailler pour des employeurs qui détenaient le gros bout du bâton. Le droit de grève a été accordé pour rétablir un équilibre dans le rapport de forces. Doit-on accorder le même droit aux étudiants des cycles supérieurs dont les études sont déjà largement payées par les contribuables et qui, ultimement, aimeraient bien que leurs études soient gratuites? Dans le rapport de forces employeur employé, un employeur doit faire des compromis s’il ne veut pas être acculé à la faillite. Pas l’État. Il transférera le fardeau à d’autres couches de la société.

Certains argumenteront que l’éducation profite à la société. C’est vrai, mais on peut également observer que ceux qui utilisent cet argument sont souvent ceux qui sont incapables de rentabiliser leurs études. Ne nous leurrons pas. Les droits existent et sont reconnus par la Constitution ou les lois existantes; leur application relève des tribunaux. Dans la vie politique, ce sont les intérêts qui sont le moteur des revendications sociales.

Serge Parent

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