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Anniversaire | BPC

Saint-Basile se souvient

Le 23 août 1988, un incendie ravageait un entrepôt de BPC et forçait l’évacuation de 5200 citoyens

Saint-Basile se souvient
Photo d’archives Des images d’apocalypse qui demeurent dans les mémoires.

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C’était il y a 25 ans, le 23 août 1988. L’incendie d’un entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand allait bouleverser la communauté. Quelque 35 000 gallons de matières toxiques allaient brûler, forçant à évacuer 5200 personnes de plusieurs communautés.

C’était il y a 25 ans, le 23 août 1988. L’incendie d’un entrepôt de BPC à Saint-Basile-le-Grand allait bouleverser la communauté. Quelque 35 000 gallons de matières toxiques allaient brûler, forçant à évacuer 5200 personnes de plusieurs communautés.

Aurélie Blanchet, ex-résidante du secteur des Hauts-Bois à Sainte-Julie et qui habite maintenant Saint-Bruno, se souvient des événements comme si c’était hier. :«J’allais avoir 17 ans. Des pompiers sont arrivés à la maison en pleine nuit pour nous dire de quitter immédiatement en raison du nuage de fumée toxique qui s’échappait de l’incendie. On n’a pas eu le temps de prendre nos affaires.»

La famille d’Aurélie a dû passer de longues journées dans des hôtels de Boucherville et de Longueuil avant de pouvoir rentrer chez elle.

Au fait de l’actualité

Un autre évacué, Yves Lessard, de Saint-Basile-le-Grand, qui travaillait comme négociateur du travail à l’époque, a appris la nouvelle en quittant une rencontre à Laval tard ce soir-là.

«J’ai entendu la nouvelle à la radio. On ne parlait que de ça.» Il a fait le tour des refuges pour retrouver les membres de sa famille. Il s’est ensuite dirigé sur place pour voir l’étendue des dégâts.

Il se souvient d’avoir assisté à une conférence de presse donnée vers 3h du matin par le ministre de l’Environnement, Clifford Lincoln.

«J’étais bien au fait de l’actualité et des dangers de cet entrepôt. Je savais ce qui brûlait. Il y avait des transformateurs, de l’équipement d’Hydro-Québec et des barils de BPC. Beaucoup de BPC.»

Yves Lessard savait alors que ce drame allait prendre des proportions inimaginables.

Des poursuites

Le maire Bernard Gagnon venait à peine de prendre ses fonctions lorsque la catastrophe est arrivée.

«Le dossier de l’entreposage de ces BPC était d’actualité à l’époque. Le propriétaire, Marc Lévy, avait installé son entrepôt rempli de BPC sans autorisation ni permis. C’était un fait accompli et nous étions pris avec ça. C’est pourquoi nous avions multiplié les poursuites et les amendes contre le propriétaire bien avant les événements», relate le maire Gagnon, qui était en vacances en Floride le soir de l’incendie.

«C’est ma directrice générale qui m’a avisé de la catastrophe à 20h40 le soir du 23 août 1988, quelques minutes après le début de l’incendie», se souvient M. Gagnon. «J’ai sauté dans le premier avion disponible et suis revenu quelques heures plus tard.»

Des milliers d’évacués

Le maire était alors loin de se douter que 5200 personnes, à commencer par ses concitoyens, des gens de Saint-Bruno et des résidants d’une partie du Domaine des Hauts-Bois à Sainte-Julie allaient être évacuées durant 16 jours en raison des risques associés au nuage noir dégagé par l’incendie.

Avec le recul, le maire de Saint-Basile-le-Grand en veut aux fonctionnaires du ministère de l’Environnement de l’époque, qui ont tardé, dit-il, à prendre leurs responsabilités.

«Un fonctionnaire nous avait même dit de cesser les poursuites contre M. Lévy de peur de le conduire à la faillite, s’exclame le maire Gagnon. Heureusement, c’est du passé. Les BPC ont quitté et le site a été revitalisé pour un usage agricole. La plaie est enfin éliminée!»

 

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