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Profilage politique

Une jeune femme se dit harcelée par le SPVM

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Une militante ayant participé à plusieurs manifestations étudiantes se dit harcelée par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), qu'elle souhaite poursuivre pour profilage politique.

Katie Nelson, originaire d'Edmonton, affirme que depuis plusieurs mois, elle est victime de harcèlement physique, verbal et sexuel de la part d'agents du SPVM. Ils lui remettraient des contraventions, l'interpelleraient dans la rue sans raison, la siffleraient, etc.

L'avocat spécialisé en droit constitutionnel, Me Julius Grey, défend la jeune femme. Il souhaite ainsi établir un précédent sur la question du profilage politique, une zone grise dans le droit au Canada.

Il s'agit d'une accusation qui, contrairement au profilage racial ou social, ne serait pas encore reconnue par les autorités. «Ils sont en déni, a déclaré à ce sujet Francis Dupuis-Déri, professeur en sciences politiques à l'Université du Québec à Montréal. C'est comme les autres formes de profilage, c'est-à-dire que vous êtes ciblé pas pour ce que vous faites, mais à cause de ce que vous êtes, ce que la police croit que vous êtes. Le profilage racial, c'est la couleur de votre peau, le profilage politique, c'est vos idées politiques.»

«Selon les principes du droit, la police doit être neutre, a-t-il ajouté. Elle ne doit intervenir que lorsque vous commettez un méfait. Pas parce qu'elle pense que les gens qui s'habillent comme vous commettent généralement un méfait.»

Un juge devra décider s'il accueille ou non la cause, puisqu'il n'y aucun précédent pour du profilage politique au Canada.

La Ville de Montréal s'est refusée à tout commentaire puisque la cause a été portée devant les tribunaux. Le SPVM n'a pour sa part pas encore décidé s'il allait répondre publiquement à cette attaque.

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