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Les sangs

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Avec sa couverture blanche comme neige, ce court roman pourrait facilement passer inaperçu dans l’avalanche de livres de la rentrée. Et ce serait fort dommage, car ses pages renferment une histoire aussi dérangeante que le Maleficium de Martine Desjardins (aux Éditions Alto), qui a été l’un de nos gros coups de cœur de l’année 2009.
En mode lecture
Les sangs
Karine Vilder
collaboration spéciale
Avec sa couverture blanche comme neige, ce court roman pourrait facilement passer inaperçu dans l’avalanche de livres de la rentrée. Et ce serait fort dommage, car ses pages renferment une histoire aussi dérangeante que le Maleficium de Martine Desjardins (aux Éditions Alto), qui a été l’un de nos gros coups de cœur de l’année 2009.

En trempant sa plume élégante dans l’encre du libertinage, la Québécoise Audrée Wilhelmy nous entraîne en effet tout droit dans l’antre d’un digne descendant de Barbe Bleue. Mais contrairement au personnage du conte, Féléor Barthélémy Rü n’est pas doté d’un physique repoussant. Loin de là. Il commencera d’ailleurs très tôt à enflammer le cœur des dames et les sept tableaux qui composent ce récit délicieusement atypique se chargent de nous le prouver sans délai.

De l’un à l’autre, on fera ainsi la connaissance de Mercredi Fugère, une adolescente délurée fascinée par l’œuvre du Marquis de Sade et ses nombreuses scènes d’asphyxie érotique, de Constance Bloom, une botaniste obsédée par la mort de son précédent mari qui s’injecte toutes sortes de toxines dans l’espoir de trouver celle qui saura enfin décupler ses orgasmes, d’Abigaëlle Fay, une ex-danseuse étoile tellement habituée aux souffrances physiques que douleur et plaisir sont devenus indissociables, de Frida-Oum Malinovski, une veuve obèse qui ne demande qu’à se vautrer dans la luxure, de Phélie Léanore, une idéaliste ayant fait don de sa vie à Féléor à condition de pouvoir choisir le jour et le lieu, de Lottä Istvan, une beauté parfaite à la longue chevelure rousse qui ne réussira pas à échapper aux funestes prédictions de son jeu de tarot, et de Marie des Cendres, une jeune soubrette prête à tout pour attirer l’attention de son dangereux maître.

Inutile de préciser que personne ne s’en sortira indemne, qu’on ait ou non épousé Féléor Barthélémy Rü: Audrée Wilhelmy nous réservant bien des surprises, on a refermé ce livre dans un état de béatitude presque total.

Les sangs
d’Audrée Wilhelmy
Aux Éditions Leméac,
156 pages
FRISSONS GARANTIS
Guet-apens
de Sam Hawken
Aux Éditions Belfond,
374 pages

Si El Paso, au Texas, est la ville la plus sûre des États-Unis, on ne peut pas en dire autant de Ciudad Juárez, qui ne se trouve pourtant qu’à quelques kilomètres de là. Les autorités mexicaines vont même jusqu’à affirmer que cette ville est la plus dangereuse du monde, près de 7500 personnes y ayant été assassinées entre 2006 et 2012. En raison de sa proximité avec la frontière américaine, Ciudad Juárez est en effet devenue l’une des principales plaques tournantes du trafic de drogue et les nombreux gangs qui y ont élu domicile ne reculent devant rien pour étendre leur domination. Depuis peu, certains d’entre eux se sont d’ailleurs installés à El Paso, ce qui explique pourquoi une vaste opération transfrontalière dirigée par le FBI est sur le point d’être lancée.

C’est donc là qu’entreront aussi en scène Cristina Salas, une mère monoparentale appartenant à l’unité antigang de la police d’El Paso, Matias Segura, un agent fédéral mexicain qui pourrait presque en remontrer à Zorro, et Flip Morales, un Latino de 26 ans en liberté conditionnelle qui a survécu à quatre ans de prison grâce à ses accointances douteuses avec le gang des Aztecas.

À défaut d’être un vrai bon polar, le style de l’auteur manquant sérieusement de piquant, ce roman nous en apprend beaucoup sur ce qui se passe présentement de chaque côté du Rio Grande.

> 5 questions à
Audrée Wilhelmy
Après avoir lu Les sangs, on a voulu en savoir un peu plus sur ce livre et son auteure.
Vous vous êtes inspirée du conte Barbe Bleue pour écrire Les sangs?
Oui, même si, après coup, il en reste peu de traces! La cruauté de ce conte me semble assez specta culaire et je voulais en explorer les perversions et la violence implicite. Ce qui m’étonne encore, c’est qu’on raconte cette histoire à des enfants!
Et c’est un conte qui vous a particulièrement marquée durant votre enfance?
En fait, je ne me rappelle pas que mes parents me l’aient raconté un jour. C’est plutôt en regardant l’émission Iniminimagimo, qui explorait chaque semaine des contes différents, que je l’ai découvert. Mais j’en ai gardé un souvenir très vif.
Comment le nom de Féléor Barthélémy Rü vous est-il venu à l’esprit?
Je cherchais un nom ayant une consonance un peu slave, car je ne voulais pas qu’on puisse situer le roman. Dépeindre l’endroit n’était pas ma priorité. J’avais d’autres choses à dire. C’est d’ailleurs pour ça que les femmes de Féléor ont aussi des noms qui viennent de partout: Mercredi Fugère, Constance Bloom, Frida-Oum Malinovski...
Laquelle de ces femmes vous a donné le plus de fil à retordre en cours de rédaction?
Marie des Cendres, la dernière. Quand j’ai eu l’idée de raconter son histoire sous forme de fragments, ça a été tout seul. Mais avant d’en arriver là, ça a été interminable. Même si maintenant je l’aime, au départ, ce n’était pas un personnage auquel j’étais attachée.
Vous avez également fait les illustrations du livre?
Pour les besoins du texte, j’ai inventé de nouvelles fleurs. Je dessine énormément et ça a été une sorte de compromis, car ces illustrations ressemblent peu aux dessins que je fais habituellement. En même temps, j’étais contente de laisser une trace de cette pratique...

NOTRE DÉCOUVERTE DE LA SEMAINE
Québec
Collectif
aux Éditions Lonely Planet,
512 pages

Ce n’est pas parce qu’on vit au Québec depuis toujours qu’on en connaît chaque recoin par cœur. Alors si on se demande déjà quoi faire pendant le long week-end de la fête du Travail, ce guide pourrait se révéler très utile! En plus de proposer toutes sortes d’activités amusantes (dévaler les pentes du mont Tremblant en luge Skyline, visiter le château Ramezay, déambuler dans le centre d’arts visuels de la fonderie Darling, descendre les rapides de Lachine en bateau à propulsion, etc.), il nous donnera aussi plein d’idées d’escapades à quelques encablures de Montréal: virée de canot- camping dans la réserve faunique de Papineau-Labelle, tournée des principaux musées d’Ottawa, pause farniente dans l’une des innombrables petites auberges des Cantons de l’Est, visite des vieux quartiers de Trois-Rivières, etc.

Un outil plutôt bien fait qui nous permet de découvrir autrement notre belle province.

Avec sa couverture blanche comme neige, ce court roman pourrait facilement passer inaperçu dans l’avalanche de livres de la rentrée. Et ce serait fort dommage, car ses pages renferment une histoire aussi dérangeante que le Maleficium de Martine Desjardins (aux Éditions Alto), qui a été l’un de nos gros coups de cœur de l’année 2009.

En trempant sa plume élégante dans l’encre du libertinage, la Québécoise Audrée Wilhelmy nous entraîne en effet tout droit dans l’antre d’un digne descendant de Barbe Bleue. Mais contrairement au personnage du conte, Féléor Barthélémy Rü n’est pas doté d’un physique repoussant. Loin de là. Il commencera d’ailleurs très tôt à enflammer le cœur des dames et les sept tableaux qui composent ce récit délicieusement atypique se chargent de nous le prouver sans délai.

De l’un à l’autre, on fera ainsi la connaissance de Mercredi Fugère, une adolescente délurée fascinée par l’œuvre du Marquis de Sade et ses nombreuses scènes d’asphyxie érotique, de Constance Bloom, une botaniste obsédée par la mort de son précédent mari qui s’injecte toutes sortes de toxines dans l’espoir de trouver celle qui saura enfin décupler ses orgasmes, d’Abigaëlle Fay, une ex-danseuse étoile tellement habituée aux souffrances physiques que douleur et plaisir sont devenus indissociables, de Frida-Oum Malinovski, une veuve obèse qui ne demande qu’à se vautrer dans la luxure, de Phélie Léanore, une idéaliste ayant fait don de sa vie à Féléor à condition de pouvoir choisir le jour et le lieu, de Lottä Istvan, une beauté parfaite à la longue chevelure rousse qui ne réussira pas à échapper aux funestes prédictions de son jeu de tarot, et de Marie des Cendres, une jeune soubrette prête à tout pour attirer l’attention de son dangereux maître.

Inutile de préciser que personne ne s’en sortira indemne, qu’on ait ou non épousé Féléor Barthélémy Rü: Audrée Wilhelmy nous réservant bien des surprises, on a refermé ce livre dans un état de béatitude presque total.

Les sangs
d’Audrée Wilhelmy
Aux Éditions Leméac,
156 pages

FRISSONS GARANTIS

Guet-apens

de Sam Hawken
Aux Éditions Belfond,
374 pages

Si El Paso, au Texas, est la ville la plus sûre des États-Unis, on ne peut pas en dire autant de Ciudad Juárez, qui ne se trouve pourtant qu’à quelques kilomètres de là. Les autorités mexicaines vont même jusqu’à affirmer que cette ville est la plus dangereuse du monde, près de 7500 personnes y ayant été assassinées entre 2006 et 2012. En raison de sa proximité avec la frontière américaine, Ciudad Juárez est en effet devenue l’une des principales plaques tournantes du trafic de drogue et les nombreux gangs qui y ont élu domicile ne reculent devant rien pour étendre leur domination. Depuis peu, certains d’entre eux se sont d’ailleurs installés à El Paso, ce qui explique pourquoi une vaste opération transfrontalière dirigée par le FBI est sur le point d’être lancée.

C’est donc là qu’entreront aussi en scène Cristina Salas, une mère monoparentale appartenant à l’unité antigang de la police d’El Paso, Matias Segura, un agent fédéral mexicain qui pourrait presque en remontrer à Zorro, et Flip Morales, un Latino de 26 ans en liberté conditionnelle qui a survécu à quatre ans de prison grâce à ses accointances douteuses avec le gang des Aztecas.

À défaut d’être un vrai bon polar, le style de l’auteur manquant sérieusement de piquant, ce roman nous en apprend beaucoup sur ce qui se passe présentement de chaque côté du Rio Grande.

Audrée Wilhelmy

Après avoir lu Les sangs, on a voulu en savoir un peu plus sur ce livre et son auteure.

Vous vous êtes inspirée du conte Barbe Bleue pour écrire Les sangs?

Oui, même si, après coup, il en reste peu de traces! La cruauté de ce conte me semble assez specta culaire et je voulais en explorer les perversions et la violence implicite. Ce qui m’étonne encore, c’est qu’on raconte cette histoire à des enfants!

Et c’est un conte qui vous a particulièrement marquée durant votre enfance?

En fait, je ne me rappelle pas que mes parents me l’aient raconté un jour. C’est plutôt en regardant l’émission Iniminimagimo, qui explorait chaque semaine des contes différents, que je l’ai découvert. Mais j’en ai gardé un souvenir très vif.

Comment le nom de Féléor Barthélémy Rü vous est-il venu à l’esprit?

Je cherchais un nom ayant une consonance un peu slave, car je ne voulais pas qu’on puisse situer le roman. Dépeindre l’endroit n’était pas ma priorité. J’avais d’autres choses à dire. C’est d’ailleurs pour ça que les femmes de Féléor ont aussi des noms qui viennent de partout: Mercredi Fugère, Constance Bloom, Frida-Oum Malinovski...

Laquelle de ces femmes vous a donné le plus de fil à retordre en cours de rédaction?

Marie des Cendres, la dernière. Quand j’ai eu l’idée de raconter son histoire sous forme de fragments, ça a été tout seul. Mais avant d’en arriver là, ça a été interminable. Même si maintenant je l’aime, au départ, ce n’était pas un personnage auquel j’étais attachée.

Vous avez également fait les illustrations du livre?

Pour les besoins du texte, j’ai inventé de nouvelles fleurs. Je dessine énormément et ça a été une sorte de compromis, car ces illustrations ressemblent peu aux dessins que je fais habituellement. En même temps, j’étais contente de laisser une trace de cette pratique...

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