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Le Québec se dévoile

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Le débat sur les accommodements religieux met en lumière une grande évidence. Il y a un grand écart entre ce que les élites disent et ce que le peuple pense.

Le débat sur les accommodements religieux met en lumière une grande évidence. Il y a un grand écart entre ce que les élites disent et ce que le peuple pense.

On nous raconte que le débat sur les accommodements religieux n’intéresse plus personne. Pourtant, notre sondage démontre que 75 % des Québécois estiment que ce débat est aussi ou plus important qu’à l’époque de la commission Bouchard-Taylor.

On nous fait croire que les citoyens sont divisés sur la question des accommodements. La vérité, c’est que la grande majorité estime qu’il y a trop d’accommodements religieux au Québec et qu’on devrait interdire l’usage de signes religieux ostentatoires par les employés des services publics.

Par contre, il y a un vrai fossé entre les perceptions des différentes communautés. Les francophones s’opposent massivement aux accommodements religieux, alors que les anglophones sont fortement en faveur. Mais ce qui étonne vraiment, c’est l’appui plus élevé des communautés allophones à la charte. Ces enfants de la loi 101 s’intègrent de plus en plus dans les valeurs de la majorité francophone.

Il existe aussi un autre fossé entre les perceptions des Montréalais et des autres. Plus on est âgé, plus on est éloigné des centres, plus on est francophone et plus on souhaite une Charte des valeurs. Plus on est Montréalais, jeune et anglophone et plus on s’y oppose.

Valeurs québécoises

On argumente que cette charte limitera les libertés individuelles et qu’elle est un encouragement à la peur et à l’intolérance. Les Québécois croient tout le contraire et qu’elle permettra plutôt de protéger les valeurs québécoises.

On ajoute qu’il est ironique que le PQ souhaite éliminer les signes religieux, mais maintenir le crucifix à l’Assemblée nationale. C’est une drôle de logique, mais le PQ demeure en symbiose avec la volonté populaire.

On s’oppose en disant que cette Charte des valeurs ne sera pas applicable. Peut-être, mais il est unique de constater qu’habituellement, les Québécois sont d’accord au niveau des principes et en désaccord sur les moyens concrets. Dans ce cas-ci, les Québécois sont favorables au principe et sont encore plus favorables quand on leur donne des exemples concrets.

Porteuse de tension

Mais s’il y a une chose sur laquelle tout le monde s’entend, c’est que cette charte est porteuse de tension. La majorité des Québécois croit que cette charte ne réglera pas tous les problèmes, mais créera plus de chicanes.

Il sera vraiment intéressant de mesurer l’évolution de l’opinion des Québécois lorsque les points de vue s’affronteront et que le débat deviendra de plus en plus émotif.

Pour le gouvernement, il ne s’agit pas de faire des gains, car les Québécois sont déjà convaincus, mais plutôt de bien gérer les oppositions. Ce qui ne sera pas facile.

Parce que ce n’est pas juste un débat culturel ou identitaire, mais aussi un débat générationnel et un débat territorial entre le Montréal urbain et le Québec profond.

Le Québec est à la croisée des chemins...

Contrairement à la croyance populaire, les sondages ne font pas changer d’avis les gouvernements. Ils ne mesurent que le niveau de courage dont les politiciens ont besoin pour changer les choses.

 

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