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Tuer la poule aux œufs d’or

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La faillite de Detroit a fait couler beaucoup d’encre. Toutefois, parce que le statut légal des municipalités canadiennes les empêche de déclarer faillite, la nouvelle a été traitée avec détachement et de précieuses leçons ont été ignorées. C’est regrettable, car, comme le dit l’adage, celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre.

La faillite de Detroit a fait couler beaucoup d’encre. Toutefois, parce que le statut légal des municipalités canadiennes les empêche de déclarer faillite, la nouvelle a été traitée avec détachement et de précieuses leçons ont été ignorées. C’est regrettable, car, comme le dit l’adage, celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre.

Si la capitale de l’automobile a retenu toute l’attention vu l’ampleur historique de sa faillite, il faut savoir que déjà 36 municipalités et autorités locales américaines se sont placées sous la protection du chapitre 9 depuis janvier 2010, et qu’une vingtaine d’autres villes pourraient également y avoir recours prochainement.

Certes, chaque ville présente des spécificités qui peuvent expliquer son insolvabilité. En revanche, la plupart d’entre elles partagent une caractéristique importante: elles sont incapables de financer le régime de retraite de leurs employés! Dans le cas de Detroit, il représente la moitié de sa dette de 18,5 milliards de dollars.

Or, les régimes de retraite n’atteignent pas des proportions démesurées par accident. Les faillites municipales sont d’origine anthropique. La ville de Detroit, par exemple, était l’une des villes les plus prospères des États-Unis dans les années 50. Toutefois, bien que les travailleurs de l’industrie de l’automobile fussent parmi les mieux rémunérés, les syndicats ont multiplié leurs exigences, notamment en matière de régime de retraite.

Fardeau fiscal

De plus, même lorsque leurs demandes étaient déraisonnables, les syndicats bénéficiaient de l’appui quasi inconditionnel de la classe politique grâce au pouvoir électoral qu’ils représentaient. Au fil du temps, les politiques prétendument progressistes et solidaires des administrations municipales, toutes démocrates depuis 1962, se sont multipliées.

Conformément à la pensée gauchiste, caractérisée par le déni systématique du gros bon sens économique et des preuves empiriques, les autorités locales ont misé sur la fiscalité pour financer ces largesses. Elles ont saigné les contribuables pour offrir de généreux cadeaux à quelques privilégiés.

Detroit est la ville du Michigan où le fardeau fiscal par habitant est le plus élevé. Des 50 plus grandes villes américaines, Detroit est celle où l’impôt foncier est le plus élevé. Detroit est également l’une des villes qui exigent un impôt sur le revenu des sociétés, sur le revenu des particuliers et même sur le revenu de ceux qui travaillent dans la ville sans y résider.

Taxer et dépenser. Voilà quel était pendant longtemps le mode opératoire de Detroit. Résultat? L’insouciance des gouvernements et la cupidité des syndicats ont détruit ce que l’initiative privée et le travail avaient bâti. Ils ont tué la poule aux œufs d’or!

Leçons­

Les leçons à retenir sont simples. (1) Un État ne doit jamais faire de promesses impossibles à tenir; (2) S’il a promis l’irréalisable, il se doit de corriger le tir le plus rapidement possible afin d’éviter que la situation ne s’aggrave; (3) Les citoyens ne doivent jamais faire confiance aux politiciens quand ceux-ci affirment qu’une taxe supplémentaire suffirait pour générer les revenus nécessaires au financement de leur plus récente promesse. Ils sont plus occupés à gagner des votes qu’à assurer la santé des finances publiques; (4) Finalement, tous doivent comprendre et reconnaître que vivre selon ses moyens est l’unique mode de vie durable et responsable.

C’est vrai pour Detroit. C’est vrai pour le Québec.

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