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Hôpital Maisonneuve-Rosemont

Le travail des infirmières minuté

Le travail des infirmières minuté
Photo d’archives Présidente du syndicat des soins, Sylvie Boulet s’inquiète du minutage.

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L’hôpital Maisonneuve-Rosemont souhaite calculer à la minute près toutes les interventions des infirmières des unités de soins de courte durée.

La direction de l’hôpital a récemment lancé un appel d’intérêt pour connaître les différents logiciels disponibles en ce sens.

Selon le document, le système devra notamment être en mesure de calculer le temps des soins directs et indirects donnés aux patients, les pauses payées et la durée des déplacements avec ou sans patient dans les unités de soins.

Rapport en minutes

Questionnée à ce sujet, la direction de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont explique que le but est de tracer un portrait global des soins.

«À partir de ce que font les infirmières, ça pourrait aider à avoir un meilleur portrait de la clientèle dans le temps», croit Louise Châteauvert, directrice des soins infirmiers et de la prestation sécuritaire des soins et services.

Du côté syndical, cette idée de minutage crée certaines inquiétudes.

«C’est toujours bien de vouloir améliorer l’efficacité, mais il ne faut pas que le logiciel devienne la seule mesure pour savoir si on fait bien notre travail», réagit Sylvie Boulet, présidente du syndicat des soins.

Pas dans une usine

Selon elle, le même traitement peut prendre 5 minutes ou 25 minutes, suivant les circonstances.

«On travaille avec des humains, pas dans une usine de montage, dit-elle. Est-ce qu’ils vont croire qu’une infirmière, lorsqu’elle prend 10 minutes de plus que la moyenne, n’est pas bonne? Ça ne veut rien dire.»

Même si le logiciel concluait à des besoins accrus, des embauches ne sont pas dans les plans.

«Ce qu’on souhaite, c’est mettre la bonne personne au bon endroit. Il pourrait y avoir des déplacements si nécessaire, indique Mme Châteauvert. Mais nous avons un souci de qualité des soins.»

Selon Régine Laurent, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec, ce système déshumanise les soins.

«On ne peut pas soigner des humains avec un logiciel, il y a quand même des limites, dit-elle. Il y a des gestionnaires qui devraient pouvoir évaluer l’efficacité d’une équipe. C’est une façon de camoufler de la mauvaise gestion.»

Les entreprises avaient jusqu’au 13 août dernier pour se manifester. Impossible de savoir combien ont répondu à l’appel.

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