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Docteurs en détresse

Plus de 200 jeunes médecins québécois ont demandé de l’aide en 2011-2012

Docteurs en détresse
Photo Courtoisie Les résidents en médecine sont de plus en plus nombreux à demander de l’aide. En 2011-2012, ils étaient même plus nombreux que les spécialistes et les omnipraticiens à consulter pour une première fois

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Dépression, problèmes financiers, alcoolisme, stress: le nombre de jeunes médecins québécois qui ont requis de l'aide pour affronter des difficultés personnelles a littéralement explosé au cours de la dernière année.

Dépression, problèmes financiers, alcoolisme, stress: le nombre de jeunes médecins québécois qui ont requis de l'aide pour affronter des difficultés personnelles a littéralement explosé au cours de la dernière année.

Pas moins de 141 résidents en médecine ont reçu un soutien du Programme d’aide aux médecins du Québec (PAMQ) pour la première fois en 2011-2012, lit-on dans le dernier rapport de l’organisme.

Il s’agit d’une augmentation de 55% par rapport à l’année dernière, alors qu’ils n’avaient été que 91 à le faire.

À titre comparatif, les médecins spécialistes et les omnipraticiens, qui représentent plus de professionnels, ont été fort moins nombreux à consulter pour la première fois en 2011-2012 (voir tableau).

Instauré en 1990, le PAMQ vient en aide aux médecins qui ont des difficultés de toutes sortes (toxicomanie, alcoolisme, santé mentale, etc.).

Fin du tabou ?

Directrice générale du PAMQ, la Dre Anne Magnan se réjouit de voir qu’autant de rési­dents vont aujourd’hui chercher de l’aide: «Ça me rassure de voir que les jeunes ont le réflexe de réagir et de ne pas rester dans leur marasme. C’est positif.»

D’ailleurs, elle croit que la forte hausse générale des demandes depuis quelques années (voir autre texte) est liée à une plus grande sensibilisation depuis 2005.

«Avant, on ne parlait pas de la santé des médecins, c’était un tabou important, dit-elle. Ça a grandement évolué au cours des dernières années. C’est une réalité plus naturelle qu’avant.»

Le président de l’Association des médecins résidents du Québec, Joseph Dahine, croit aussi que la publicisation du PAMQ a un effet sur les statistiques.

«Depuis deux ans, on porte à bout de bras le message de la détresse psychologique chez les médecins, explique-t-il. Les chiffres sont bien réels, et ça ne représente qu’une partie de la réalité.»

Âge moyen de 30 ans

Si l’on ajoute les médecins résidents qui ont reçu des interventions en groupe ou qui n’en étaient pas à une première demande, ce sont 187 jeunes docteurs qui ont été aidés en 2011-2012. La moyenne d’âge des résidents est de 29,8 ans.

Techniquement, les médecins résidents ont terminé leurs années d’études à l’université. Ils en sont à l’étape de la spécialisation et travaillent dans le réseau de la santé sous supervision.

Chez les résidents, Joseph Dahine croit que la réussite scolaire, les difficultés finan­cières et l’intimidation causent aussi un stress supplémentaire.

Fait à noter: davantage de résidents en médecine de famille vont chercher de l’aide.

Nuire à son image

Selon le PAMQ, les médecins «sont portés à s’isoler plutôt qu’à demander de l’aide»; ils craignent de nuire à leur image et le jugement de leurs collègues.

Et Joseph Dahine croit que cette réalité est encore plus présente chez les résidents.

«C’est pire parce que tout le monde se bat pour avoir un job. Personne ne veut montrer sa faiblesse.»

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