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Laurentides

Son chat castré de force

La SPCA refuse de lui rendre un mâle reproducteur sans le stériliser

Gabrielle Rolland
Maxime Coursol/Agence QMI Gabrielle Robillard est engagée dans un bras de fer avec la SPCA pour récupérer Minuit, son chat de Bengale.

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Depuis des semaines, Gabrielle Robillard se bat contre la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) afin de récupérer son chat, un mâle reproducteur d'une valeur de 3500 $.

L’histoire a commencé le 2 août. Alors qu’il était dehors, attaché à son harnais, le chat mâle reproducteur de race Bengale de Mme Robillard, Minuit, s’est libéré et est parti dans les bois autour du lac Labelle, où demeure sa maîtresse. Le lendemain, il n’était toujours pas revenu. Inquiète, Mme Robillard a alors placé des affiches demandant l’aide du public pour retrouver l’animal, qui lui a coûté 3500$. Une semaine plus tard, un voisin contacte Mme Robillard.

«Il avait récupéré mon chat et l’avait emmené avec lui à Montréal, raconte- t- elle. Mais comme Minuit n’est pas castré, il faisait son territoire dans son appartement. Il l’a donc laissé à la SPCA de Montréal le 11 août», raconte la jeune femme.

En retard d’un jour

Gabrielle Robillard a immédiatement appelé la SPCA. Mais la loi stipule qu’au bout de trois jours sans qu’un animal soit réclamé, la SPCA en devient propriétaire. Mme Robillard appelait le 15 août, quatre jours après que le chat eut été laissé à l’organisme.

«On m’a d’abord dit que c’était trop tard et qu’on ne pouvait pas me remettre Minuit, raconte la femme. Finalement, à force de démarches, on m’a dit que je pouvais venir le récupérer et que ça me coûterait 165$.»

Le samedi 17 août, Mme Robillard fait donc le trajet de Labelle à Montréal pour récupérer son chat à l’heure convenue. Sur place, une surprise l’attend.

«Ils m’ont annoncé qu’on avait changé d’idée, déclare la femme. On était prêt à me rendre mon chat, mais il serait stérilisé avant, afin de contrer l’élevage.»

Cette nouvelle a anéanti Mme Robillard. Toiletteuse de formation, elle rêvait de participer à des expositions de chats depuis toujours. Elle a fait venir Minuit d’un élevage de Louisiane. La propriétaire juge que l’organisme n’a aucun droit sur Minuit, qui, dit-elle, a été en quelque sorte volé avant d’aboutir entre leurs mains.

La SPCA s’explique

De son côté, la SPCA indique que le chat sera rendu à sa propriétaire, mais stérilisé. La directrice de la protection des animaux à la SPCA de Montréal, Alanna Devine, indique qu’aucun frais ne sera imposé, mais que la politique de stérilisation est claire.

Pressée de questions au téléphone sur le fait qu’il s’agit ici du chat d’une éleveuse professionnelle, certifiée par une association internationale, Mme Devine précise qu’aucune exception n’est faite pour de tels cas particuliers.

«Avoir un animal est un luxe, pas un droit. Dans un souci de contrôle de la population des chats, nous avons pour mission d’éviter qu’un animal se reproduise lorsqu’il se retrouve à l’extérieur.»

Au sujet de la légitimité des droits de la SPCA sur Minuit, puisqu’il a été en quelque sorte volé, Mme Devine refuse de se prononcer.

«Nous avons reçu ce chat d’une personne de Montréal. De plus, le délai de trois jours où un propriétaire peut venir récupérer son animal s’est écoulé avant que nous soyons contactés à ce sujet. Le chat est donc maintenant la propriété de la SPCA.»

Minuit a été placé dans une famille d’accueil. Au moment de mettre sous presse, il n’avait pas encore été remis à Mme Robillard et il était impossible de savoir s’il était déjà castré ou non.

 

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