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UQAM | Initiation décriée

«Putes» et «pimps» causent l’indignation

UQAM
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY

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Les initiations de l’UQAM ont indigné plus d’un groupe féministe cette semaine, lorsque des étudiants en communication ont déambulé avec des poupées gonflables et des affiches vulgaires.

Les initiations de l’UQAM ont indigné plus d’un groupe féministe cette semaine, lorsque des étudiants en communication ont déambulé avec des poupées gonflables et des affiches vulgaires.

Alors que débutaient mardi les initiations en communication, un groupe féministe externe à l’université en a eu assez de la prédominance des «putes» et des «pimps» à travers les activités.

Les «Féministes enragées», comme les ont surnommées les initiés, ont distribué des tracts pour inciter la population étudiante à perturber les activités des initiations qui ont lieu durant toute la semaine.

«Ce qui nous choque, c’est de voir une bande de sales machos dicter aux étudiantes de leur crier «viens moi dans le dos» en jouant aux pimps, alors que l’exploitation sexuelle n’est pas un jeu», ont expliqué Marie et Madeleine, jointes par le Journal.

Les deux femmes dénoncent les défis à connotation sexuelle imposés par les initiateurs, appelés «putes zèbres» ou «pimps», qui encourageaient la violence et les menaces. Mardi, les deux étudiantes ont détruit une poupée gonflable, ce qui a dégénéré en altercation entre les féministes et les initiés.

« Pas drôle du tout »

Éliane Legault-Drouin, porte-parole de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES), convient qu’il faut prendre ces manifestations au second degré, mais il y a des limites, insiste-t-elle.

«Nous travaillons au quotidien avec des femmes qui ont vécu l’exploitation sexuelle et la prostitution, le viol et l’humiliation, ce n’est pas des choses dont on rit, affirme-t-elle. Je sais qu’on dit souvent que les féministes n’ont pas le sens de l’humour, mais là, c’est juste de mauvais goût.»

«On comprend très bien le point des féministes, affirme un membre du comité organisateur, qui a préféré taire son nom. On avait utilisé un penchant un peu grivois pour favoriser l’intégration et pour faire rire, mais cela a été négligent de notre part. C’est effectivement dégradant.»

Il assure que les termes «putes» et «pimps» seront retirés du vocabulaire des initiations, bien qu’ils faisaient partie d’une longue tradition dans les initiations.

Des effets concrets

Dès que la direction a été informée de la controverse, elle s’est pressée d’agir, assure la porte-parole de l’UQAM, Jenny Desrochers. «La faculté de communication et les services à la vie étudiante ont rencontré le comité organisateur pour lui demander de retirer les affiches et les activités qui pouvaient être offensantes, ce qu’ils ont fait», précise-t-elle.


• Le site web www.initiations2013.com a été fermé mardi tout comme le compte Twitter des organisateurs, @putes_zebres.

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