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Le pessimisme du PQ

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Je ne dis pas ça pour me vanter, mais j’ai 65 ans. Je suis né à Québec, d’une vieille souche de l’île d’Orléans. Je suis nationaliste comme nous le sommes tous. Le français est mon outil de travail.

Je ne dis pas ça pour me vanter, mais j’ai 65 ans. Je suis né à Québec, d’une vieille souche de l’île d’Orléans. Je suis nationaliste comme nous le sommes tous. Le français est mon outil de travail.

J’ai connu, de mon vivant, la fin de l’ère Duplessis, le déclin de l’hégémonie de l’Église catholique et celui de la domination des Anglais sur le Québec.

J’ai connu la fin du Québec profond, celui des coupeurs de bois et des porteurs d’eau, de ce Québec complexé et honteux de lui-même – mis à mort dans les sketches d’Olivier Guimond ou d’Yvon Deschamps.

J’ai vécu l’extraordinaire essor économique, intellectuel, culturel et politique du Québec des 50 dernières années, de la Révolution tranquille à la loi 101, de Bombardier au cirque Éloise.

UN « FÉDÉRASTE » !

Alors, je me demande pourquoi je suis de moins en moins à l’aise avec le Parti québécois, sa rhétorique, son projet et la culture politique qui sous-tend ses lois sur la langue, l’identité et les «valeurs québécoises».

Les gens qui critiquent ce que j’écris disent que c’est parce que je suis un fédéraliste – ce qui explique tout à leurs yeux.

Mais ce n’est pas une religion pour moi et je ne suis certainement pas un militant (c’est plus une question de réalisme: nous vivons présentement dans une fédération et qualifier de «national» tous les musées, parcs et bibliothèques du Québec n’y a rien changé).

«Tenant du multiculturalisme» est cet autre péché cardinal qu’on associe du même souffle à celui de «fédéraste».

Là encore, je ne peux y voir un complot dirigé contre le Québec. Le multiculturalisme est plutôt le sous-produit de l’avion à réaction, qui a créé le brassage des populations qu’est le monde d’aujourd’hui, ici comme ailleurs.

Il ne fait que postuler que tous les hommes (et femmes) sont semblables et jouissent des mêmes droits.

RESPECTER L’HISTOIRE

Je suis un passionné d’Histoire et je ne pense pas qu’il faille trucider le passé pour embrasser la modernité (comme nos grands-parents qui mettaient la hache dans les bahuts en pin pour faire place à des mobiliers de cuisine chromés).

Mais je ne pense pas que les enfants de la loi 101 sont moins Québécois parce qu’ils ont grandi dans un milieu multiculturel. Ils sont seulement moins effrayés par – ou allergiques à – la diversité qui trouble tant les plus vieux et ceux qui vivent plus loin de Montréal...

Comme n’importe quel démocrate d’Occident, je grogne quand le gouvernement utilise son pouvoir pour interdire des choses (cégep en anglais, menus en italien, le turban) ou pour imposer des «valeurs».

LA PEUR DE L’AVENIR

Mais c’est la raison pour laquelle le PQ pose de tels gestes qui m’en éloigne.

Le discours nationaliste est devenu pessimiste devant l’avenir, nostalgique et sur la défensive devant le présent.

Pourtant, les 50 dernières années démontrent que nous avons les ressources et l’étoffe pour affronter l’avenir avec détermination, plutôt qu’essayer de s’en protéger à coups de lois, de chartes ou de lubies constitutionnelles.

Un Québec séparé ne serait pas très différent; une charte n’effacerait pas les «étrangers».

Une meilleure éducation, un meilleur gouvernement, une meilleure économie, une nouvelle attitude, plus confiante, plus entreprenante, plus solidaire nous mèneraient beaucoup plus loin qu’une charte pour défendre des «valeurs québécoises», je pense...

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