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Charte des valeurs

Charte des valeurs: les 15 villes désapprouvent

Montréal
photo d'archives Montréal

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À peine a-t-il été dévoilé que le projet de charte des valeurs suscite déjà du mécontentement partout dans la province. Alors que ­Montréal rejette en masse le projet, les garderies privées, elles, iront jusqu’au boycott.

Hier, les 15 villes liées de l’île de ­Montréal ont exprimé leur désaccord ­envers le projet de charte. Les candidats à la mairie ont également réclamé que ­Montréal soit exempté des dispositions de la charte.

Ainsi, c’est l’ensemble des élus montréalais qui rejettent le projet dévoilé par ­Québec, hier.

«On va se battre contre la charte pour qu’elle ne soit pas adoptée. C’est une ­attaque intolérable contre la liberté de ­religion. Mais si le gouvernement va de l’avant quand même, c’est certain que nous allons utiliser notre droit de retrait», a ­affirmé le maire de la ville de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather.

«Nous avons une vie multiculturelle à Montréal. La définition de la laïcité de Québec ne représente en rien cette ­réalité», a aussi déploré le maire de l’arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de- Grâce, Lionel Perez.

«On envoie le signal comme quoi nous sommes une société moins tolérante que d’autres, alors que ce n’est pas le cas. C’est malheureux. Même si la charte n’est pas adoptée telle quelle, une partie du mal est déjà fait», a dénoncé le candidat à la mairie de Montréal, Marcel Côté.

Boycott dans les garderies privées

De son côté, l’Association des garderies privées du Québec entend carrément ­boycotter la charte.

Furieux, le président de l’Association des garderies privées, Sylvain Lévesque, entend se «battre jusqu’au bout», quitte à entreprendre des recours en justice pour se soustraire à l’interdiction de porter des signes religieux visibles.

«On va se défendre. Il n’y a aucune ­éducatrice qui va perdre son emploi à cause de cela, je vous le garantis, a-t-il dit au Journal. On ira jusqu’en Cour s’il le faut.»

L’Association québécoise des CPE (AQCPE) se dit en réflexion et entend consulter ses membres avant de se ­prononcer.

«De façon générale, nos membres sont d’avis que le voile intégral nuit à l’atteinte des objectifs pédagogiques. Les autres signes, comme le hijab, n’ont pas d’impacts selon eux», explique Louis Sénécal, directeur général de l’Association.

«Est-ce que des éducatrices vont poser des gestes? On ne peut pas répondre à cette ­question à ce moment-ci.»

Hôpital musulman

L’heure était à l’inquiétude hier au sein des différentes communautés culturelles montréalaises.

Le président de l’Association des ­musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, Haroun Bouazzi, croit que ­plusieurs travailleurs et travailleuses ­seront prêts à «se battre jusqu’au bout pour leurs droits à la liberté et au ­travail».

«Ils pensent gagner la bataille. Mais si la charte est adoptée telle quelle, ne vous étonnez pas de vous retrouver avec un ­hôpital musulman dans trois ou quatre ans, où les femmes médecins pourront ­travailler librement avec leur voile», lance-t-il.

«Plusieurs femmes vivent actuellement des moments déchirants. Petit à petit, on va assister à une escalade des moyens de pression. Les gens vont vouloir se battre pour leur liberté.»À peine a-t-il été dévoilé que le projet de charte des valeurs suscite déjà du mécontentement partout à travers la province.

 

 

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