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Charte des valeurs

Maria Mourani expulsée

Le chef bloquiste Daniel Paillé lui montre la porte parce qu’elle s’oppose à la charte

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La proposition de charte des valeurs québécoises du gouvernement Marois a semé la bisbille au sein du Bloc québécois et entraîné l’expulsion du parti, jeudi, de la députée montréalaise Maria Mourani.

Le chef bloquiste, Daniel Paillé, a montré la porte à la députée d’Ahuntsic après qu’elle eut manifesté sur toutes les tribunes sa vive opposition à l’intention du gouvernement péquiste d’interdire le port de signes religieux ostentatoires dans la fonction publique québécoise.

M. Paillé lui reproche d’avoir joint sa voix au collectif «Indépendantistes pour une laïcité inclusive» né en réaction à certaines propositions de la charte et de s’en être faite la porte-parole.

Mme Mourani a fait un rapprochement entre le nationalisme ethnique et certains aspects de la charte qui, selon elle, divisent les Québécois et les souverainistes. Elle a affirmé que le Parti québécois fait «fausse route» et que si le projet de charte vise «peut-être à gagner des élections à court terme», il crée en revanche une «atmosphère déplorable».

Position irréconciable

Pour le chef bloquiste, la position défendue par la députée est «irréconciliable» avec celle de sa formation politique. Il n’a pas apprécié qu’elle porte un «double chapeau» et déplore le «ton» et le «choix de mots» de ses interventions.

Il soutient lui avoir demandé de délaisser son rôle de porte-parole auprès du collectif pour mener le débat au sein du caucus du Bloc, ce qui, dit-il, elle a «malheureusement refusé de faire».

«Ce que l’on doit faire, c’est de respecter le débat qui a lieu par la nation québécoise et ce sont les 125 députés (de l’Assemblée nationale) qui vont décider. Après lorsqu’il y aura une loi, une charte, bien le rôle des députés du Bloc ce sera de la défendre comme étant un intérêt du Québec sans compromis à Ottawa», a plaidé M. Paillé.

Il soutient avoir pris cette décision de son propre chef et ne pas avoir eu «de conversation, d’ordre ou de suggestion» à cet égard tant par le gouvernement Marois que par le Parti québécois.

Elle commentera vendredi

Mme Mourani a refusé de commenter son expulsion du caucus bloquiste, jeudi, mais le fera vendredi.

La députée d’origine libanaise et de confession chrétienne devra dorénavant siéger aux Communes à titre d’indépendante. Le Bloc ne compte plus que quatre députés.

L’expulsion de Mme Mourani a aussi provoqué le départ volontaire de la vice-présidente de l'exécutif du Bloc québécois de Jonquière-Alma, Julie Sheinck.

«Un parti qui réprimande ses membres parce qu'ils prennent une position différente de la leur, je ne me reconnais tout simplement plus là-dedans. (...)», a-t-elle écrite sur sa page Facebook.

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