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Abandonnée sur la 138 par la chauffeuse d’autobus: «Je pensais que j’allais mourir»

Abandonnée par autobus léa
PHOTO COURTOISIE Alors qu’elle est la dernière à rester dans le véhicule scolaire, la conductrice descend Léa face au bar de danseuses «Paradise» du côté de la route 138 en direction de Châteauguay.

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MERCIER – Le premier jour de classe de Léa, 7 ans, aura été source d’un grand stress pour elle et ses parents. Non seulement a-t-elle changé d’école, mais en plus elle a été abandonnée le 29 août sur le bord de la route 138, à Mercier, à 3 kilomètres de chez elle, par la chauffeuse de son autobus scolaire.

Léa a été transférée à l’école des Bons-Vents de Mercier par la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries pour y faire sa deuxième année du primaire. On avait alors assuré aux parents qu’elle pourrait prendre l’autobus le matin et le soir. La situation s’est avérée plus compliquée, mais la veille de la rentrée, la famille était assurée que Léa pourrait prendre l’autobus.

À la fin des classes, elle est montée à bord du seul autobus présent et a montré à la conductrice la cocarde avec son bordereau d’embarquement, contenant son nom et son adresse.

Durant le transport, Léa voit la voiture de sa mère qui se dirige vers son quartier. Elle pointe l’auto à la chauffeuse, lui demandant de la suivre pour qu’elle sache où elle demeure. L’adulte lui répond alors que c’est impossible que ce soit aussi loin.

Alors qu’elle est la dernière à rester dans le véhicule scolaire, la conductrice descend Léa face au bar de danseuses «Paradise» du côté de la route 138 en direction de Châteauguay. La circulation est rapide dans ce secteur et, de ce côté de la route, il n’y a pas de piste cyclable où marcher.

«Elle a dit : "Est-ce que t’habites proche?" J’ai dit oui», de raconter Léa, qui a expliqué plus tard à sa mère qu’elle craignait s’éloigner encore plus si elle disait non.

Du haut de ses 7 ans, elle a alors entrepris une longue marche sous le soleil lors d’une journée torride. Elle a cogné à trois portes où des amis habitaient pour téléphoner à la maison, mais personne n’y était.

Panique

Pendant ce temps, ses parents se faisaient un sang d’encre. Sa mère, Janick Corbeil, l’attendait depuis 16 h 15 à l’intersection précisée par la commission scolaire et gardait contact avec son mari, qui se dirigeait vers le service de garde où normalement Léa aurait dû être reconduite dans une telle situation.

«Je suis une personne qui ne panique pas facilement, mais je faisais les mille pas», a raconté la mère de famille.

La fillette ne connaissait pas le chemin pour retourner chez elle, jusqu’à ce qu’elle trouve un point de repère. Débrouillarde, elle a réussi à se rendre à la maison, 45 minutes plus tard. Au total, elle a marché 3,3 km. «Elle est arrivée en pleurs, rouge comme une tomate».

Léa lui a dit qu’elle était descendue de l’autobus sur le boulevard. Sa mère croyait qu’il s’agissait du boulevard Sainte-Marguerite, qui n’est qu’à trois intersections de la maison, mais aussitôt Léa lui a précisé avoir passé devant l’épicerie IGA et le restaurant Tim Hortons. Elles ont pris la voiture pour voir le trajet que sa fillette avait fait. «C’était inconcevable!» a raconté Mme Corbeil, qui n’y croit toujours pas.

Le lendemain, l’autobus n’est pas passé la prendre. Son père a confronté la chauffeuse une fois à l’école, en colère à la suite des événements. Elle a tout nié, mettant la faute sur les responsables du transport, omettant de s’excuser et de réaliser le drame qui aurait pu survenir.

En fin de journée, le père la suivait avec sa voiture pour s’assurer du bon déroulement du trajet, à la demande de Léa.

La chauffeuse renvoyée

Après le congé de la fête du Travail, Léa a eu un nouveau chauffeur d’autobus. Celle qui l’avait laissée seule sur la route 138 avait été suspendue sans solde. Le 10 septembre, la conductrice a officiellement été renvoyée par la compagnie Transbus.

Le président de Transbus, Stéphane Tremblay, a qualifié les événements d’inacceptables. Il s’agit heureusement d’un cas isolé, selon le président. Ayant grandi dans le monde du transport d’écoliers, il n’a jamais vécu une telle situation.

La conductrice avait 14 ans d’ancienneté chez Transbus. «C’est une situation qui est grave, c’est le papa et le président qui parle», a précisé M. Tremblay. On a débarqué un enfant de 7 ans sur la route 138, là où il y a eu un accident il n’y a pas longtemps. On est chanceux qu’il ne soit rien arrivé à Léa. C’est une gaffe monumentale! On transporte notre futur. Une petite fille de 7 ans est excessivement vulnérable. Si ça avait été une de mes filles, j’aurais probablement été plus mauvais que Claude (père)».

Il arrive qu’un enfant s’endorme dans l’autobus et manque son arrêt. La procédure pour un chauffeur d’autobus est alors de contacter, par sa radio émetteur-récepteur, son supérieur. Celui-ci prendra une décision, qui est généralement d’amener l’enfant au service de garde, qui contactera les parents.

Procédure simple que la chauffeuse fautive n’a pas faite. Les parents doivent avoir une confiance absolue envers le chauffeur de l’autobus qui conduit leur enfant, ajoute-t-il.

«C’est émotif ce dossier-là pour moi, a confié M. Tremblay, qui n’a pas pesé ses mots pour montrer sa colère. Les parents nous confient ce qu’ils ont de plus précieux au monde.»

La Commission scolaire des Grandes-Seigneuries a qualifié cette situation comme étant «déplorable» et avait fait la demande que la conductrice ne travaille plus sur les trajets de la commission scolaire.

 

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