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Enseignants armés

Un retour en classe armé

Un retour en classe armé
Photo courtoisie En Ohio, cet été, des dizaines de professeurs ont suivi un programme d’entraînement de trois jours offert gratuitement par la Buckeye Firearms Association.

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Aux États-Unis, des centaines de professeurs retournent en classe après avoir appris à manier une arme et à contre-attaquer un tireur fou. Certains prévoient même transporter leur arme sur le campus, et ce, sans l’approbation de leur commission scolaire.

New York | Aux États-Unis, des centaines de professeurs retournent en classe après avoir appris à manier une arme et à contre-attaquer un tireur fou. Certains prévoient même transporter leur arme sur le campus, et ce, sans l’approbation de leur commission scolaire.

«C’est toujours la même chose, avec les tueries dans les écoles: on pleure, on fait des veillées, on s’indigne, on relance le ­débat sur les armes à feu, mais rien de concret n’est fait. Cessons de parler et passons à l’acte, c’est le temps d’entraîner les professeurs», dit James Irvine, ­président de la Buckeye Firearms ­Association, en Ohio.

Le comité d’action politique proarmes à feu a lancé en mars dernier un programme d’entraînement pour apprendre aux professeurs à tirer et à déjouer un tireur.

Il y avait 24 places au départ, ils ont reçu 1400 demandes. La formation d’une valeur de 1000 $ est offerte gratuitement aux enseignants.

Le phénomène est de plus en plus répandu aux États-Unis. Dans tout le pays, une vingtaine d’États permettent aux adultes de transporter une arme chargée sur le campus de l’école, sous certaines conditions.

Après la tuerie de Sandy Hook, en décembre dernier, une trentaine d’États avaient proposé des projets de loi pour ­armer le personnel des écoles.

Depuis 1980, il y a eu 137 tueries dans des écoles aux États-Unis et 297 personnes ont été tuées par balle, selon le livre The Bully Society: School Shootings and the Crisis of Bullying in America’s Schools.

Être proactifs

«Sandy Hook a vraiment changé l’état d’esprit des professeurs dans le pays. On veut être proactif. On ne veut plus être des victimes passives, on veut pouvoir protéger nos enfants», dit Amy, 34 ans, ­professeure dans une école primaire à ­Columbus, en Ohio.

Elle préfère taire son nom de famille puisque ses collègues ne savent pas qu’elle a suivi la formation. Elle est la seule de sa commission scolaire.

Pendant les trois jours du stage, Amy a appris à tenir son arme, à tirer, à ­recharger et à réagir devant un tueur de masse au milieu d’obstacles et dans les couloirs et escaliers d’une école.

«Je suis toujours inquiète que quelque chose arrive à mes élèves. Si cela se produit, je suis en contrôle maintenant. Je sais quoi faire», dit Amy.

Le sentiment d’inquiétude a été renforcé à la fin d’août avec l’irruption d’un homme armé d’une kalachnikov dans une école primaire de Géorgie, aux États-Unis. Il a pris les employés en otage avant de ­tirer sans faire aucun blessé.

Le massacre de l’école Sandy Hook, au Connecticut, le 14 décembre 2012, a coûté la vie à 20 élèves et 6 adul­tes. Plusieurs adep­tes des armes à feu, dont la National ­Rifle Association (NRA), ont avancé que la présence d’un garde ou d’un professeur armé dans l’école aurait pu limiter la catastrophe.

«Je pense que c’est nécessaire de suivre ce genre de formation. On n’apprend pas seulement à tirer, mais aussi à traiter les blessés et à réagir en cas ­d’urgence», dit Lisa, 35 ans, professeure de troisième année dans une école du Southwest ­Local School District, en Ohio. Elle ne veut pas révéler son nom de famille parce que la direction de son école n’a pas ­encore approuvé le port d’arme à l’école.

Il n’y a pas qu’en Ohio que ce genre d’entraînement a été donné au cours de l’été. Ces derniers mois, Josh Felker, ­un ancien militaire, a entraîné entre 600 et 700 enseignants au maniement des armes au Texas.

«Plusieurs professeurs m’ont dit qu’ils envisager d’apporter une arme dissimulée dans leur classe sans le dire à leur direction, au risque de perdre leur emploi. Depuis Sandy Hook, ces professeurs paniquent», dit le fondateur de la compagnie LoneStar Handgun, à San Antonio.

Femmes

La plupart des professeurs qui ont suivi l’entraînement au Texas sont des femmes. «Elles ont peur et n’en ont rien à foutre de perdre leur emploi et de faire face à la justice, elles veulent seulement protéger leurs élèves», ajoute M. Felker.

Selon Max Wachtel, docteur en psychologie médicolégale au Colorado, il y a eu en moyenne 2,46 fusillades par année dans les écoles depuis 2000. Les chances qu’une fusillade survienne dans une école ­secondaire aux États-Unis sont de 1 sur 21 000. Les chances qu’une fusillade ­survienne dans une école primaire sont de 1 sur 141 463.

 

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