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Bouchons vus du balcon

Les résidents de l’avenue Papineau subissent les contrecoups des embouteillages

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Prisonniers de leur maison et cloîtrés à l’intérieur avec portes et fenêtres fermées, des résidents de l’avenue Papineau, à Montréal, ne supportent plus les embouteillages monstres qu’engendrent des travaux entrepris à la fin juillet.

Prisonniers de leur maison et cloîtrés à l’intérieur avec portes et fenêtres fermées, des résidents de l’avenue Papineau, à Montréal, ne supportent plus les embouteillages monstres qu’engendrent des travaux entrepris à la fin juillet.

Marcelle Gagnon en a marre des bouchons de circulation qui se forment à toute heure du jour devant chez elle.

Depuis le 22 juillet, la dame de 81 ans doit fermer toutes ses fenêtres aux heures de pointe, sans quoi elle a du mal à respirer.

«C’est infernal! Tant que le trafic n’est pas fini, toutes mes fenêtres demeurent fermées», explique celle qui réside sur l’avenue Papineau depuis 32 ans.

La Commission des services électriques de Montréal procède à l’installation d’un nouveau système d’éclairage le long de l’avenue Papineau.

Elle ne se souvient pas d’avoir vu «tant de véhicules à la queue leu leu» allant vers le pont Jacques-Cartier depuis qu’elle demeure à cet endroit.

La congestion se forme régulièrement entre 14 h et 19 h, selon des résidents du secteur.

Dépôt de poussière

Cet embouteillage quotidien crée une poussière noire visible à l’œil nu. Ces particules s’accumulent sur le bord des fenêtres et sur le plancher des résidences adjacentes à l’artère qui mène droit au pont, a constaté le Journal.

«Il y a de la poussière sans bon sens dans la maison, lance Mme Gagnon. Ça ressemble à du gravier très fin. Quand je passe la main sur les murs, c’est noir, noir, noir.»

L’octogénaire balaie et époussette chaque jour son balcon et ses fenêtres.

Même son de cloche dans l’appartement de Fannie Pilon-Millette.

«C’est sans parler du bruit et de la diminution de la qualité de l’air liée à toute la pollution que produisent ces voitures en attente», déplore-t-elle.

Prisonniers malgré eux 

D’ailleurs, elle doit prévoir 30 minutes, ces jours-ci, pour atteindre la rue Sherbrooke, qui se trouve à deux pas de chez elle.

«Juste pour sortir de chez moi et prendre ma voiture pour aller à l’épicerie, c’est l’enfer», dit-elle.

«Si j’arrive et qu’il est passé 15 h, c’est foutu», raconte Marcelle Gagnon, qui a désormais l’impression d’habiter «en bordure d’une autoroute».

Source de pollution

C’est lorsqu’ils roulent peu ou pas que les voitures, les camions et les autobus produisent le plus de pollution.

David Widory, professeur au département des sciences de la Terre et de l’atmosphère à l’Université du Québec à Montréal, estime que tous les facteurs sont présents pour concentrer la pollution sur l’avenue Papineau.

«C’est une rue peu large où l’on retrou­ve un effet de canyon qui tend à accumuler les polluants émis dans la rue», a-t-il ­commenté.

Les citoyens qui habitent sur l’avenue Papineau doivent s’armer de patience puisque les travaux vont s’étirer jus­qu’au début de novembre.

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