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Partir avec son vin

Une nouvelle façon de se procurer de l’alcool au Québec quand les dépanneurs sont fermés

Partir avec son vin
Photo mélanie Bergeron, le journal de Montréal Sofia Leblanc, barmaid chez Rachel Rachel, peut maintenant laisser ses clients repartir à la maison avec une bouteille de vin achetée au restaurant si celle-ci est hermétiquement refermée.

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Si vous aviez l’habitude de quitter le restaurant avec les restes de votre repas sous le bras, vous pouvez maintenant le faire aussi avec votre bouteille de vin.

Si vous aviez l’habitude de quitter le restaurant avec les restes de votre repas sous le bras, vous pouvez maintenant le faire aussi avec votre bouteille de vin.

La Loi sur les permis d’alcool a été modifiée en juin afin de permettre cette pratique. Cela a créé une nouvelle façon de se procurer de l’alcool au Québec, où il était impossible d’en trouver pour emporter à la maison après la fermeture des dépan­neurs, à 23 h.

Les restaurants et les bars ont en effet le droit de servir de l’alcool jusqu’à 3 h du matin.

La loi s’applique toutefois uniquement au vin. Le client doit avoir consommé une partie de la bouteille sur place et elle doit être rebouchée.

Deux à trois fois plus cher

Bémol, les restaurants et les bars facturent le vin deux à trois fois plus cher que la Société des alcools du Québec. Les consommateurs qui auront recours à cette pratique pour contourner la fermeture des dépanneurs paieront donc leur vin au prix fort.

La Loi a été modifiée à la demande des 12 000 détenteurs de permis d’alcool du Québec, mais elle est loin de plaire aux propriétaires de dépanneurs.

Parmi la dizaine de restaurants visités, aucun n’affichait cette récente possibilité à sa clientèle. Maxime Langlois, gérant de la Brasserie Rachel Rachel avoue n’avoir eu aucune demande de la part des clients qui fréquentent son établissement depuis le mois de juin.

«Les gens ne sont pas au courant et notre personnel ne le spécifie pas non plus lorsqu’il vend des bouteilles», explique-t-il.

Même son de cloche au restaurant Tapéo, où les clients ne semblent pas savoir que le reste d’une bouteille peut être emporté à la maison.

«Ça n’arrive pas souvent que les gens ne finissent pas leur vin chez nous, de toute façon», a commenté Victor Afonso, le propriétaire du commerce.

Au Keg, les serveurs offrent au client la possibilité d’emporter la bouteille si elle est à moitié pleine au moment du service du dessert.

«Sauf dans cette situation, on ne l’offre qu’à la demande des clients et c’est plutôt rare», assu­re Véronique Riendeau, la directrice générale d’un steak house situé dans le Vieux-Montréal.

Certains gestionnaires estiment que cette nouvelle disposition plaira à bien des consommateurs, une fois qu’ils en seront informés.

«Les gens peuvent partir avec leur bouffe, pourquoi ne pourraient-ils pas partir avec leur vin s’il en reste?» se demande M. Langlois, du Rachel Rachel. Par ailleurs, il croit que cette modification légis­lative encouragera une consommation responsable.

«Si le client n’a pas fini sa bouteille de vin et s’il sent que c’est assez, il la referme et rentre chez lui, c’est tout!»

Quoc Huy Truong possède un restaurant asiatique qui ferme ses portes à 3 h du matin. Il craint que des gens ne se présentent et commandent une assiette uniquement pour acheter du vin. «S’ils arrivent et repartent, ils ne consomment plus chez nous et ce sont des revenus en moins», remarque-t-il.

Réforme « très attendue »

L’Association des restaurateurs du Québec (ARQ) attendait une modification de la Loi sur les permis d’alcool depuis 10 ans.

«C’est une nouvelle positive pour nous. En réalité, la plupart des restaurateurs laissaient déjà leurs clients repartir avec leur vin, alors cette modification à la loi est très facilitante», explique François Meunier, vice-président de l’ARQ.

«Il n’y a plus de préoccupations quant à savoir si, lorsqu’on prend une bouteille, on sera capable de la finir, ajoute-t-il. Les clients peuvent repartir avec le produit qu’ils ont légitimement payé.»

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