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Le débat sur les accommodements religieux est un débat extrêmement émotif qui touche les gens au plus profond de leurs croyances.

Le débat sur les accommodements religieux est un débat extrêmement émotif qui touche les gens au plus profond de leurs croyances.

Devant l’importance de ce débat, les leaders d’opinion doivent cesser de colporter toutes sortes de faussetés et de demi-vérités sur l’opinion publique.

La propagande médiatique a atteint son paroxysme dans ce débat. Il y a les bons et les méchants comme dans un vieux bon western. Cela me rappelle étrangement la campagne référendaire de 1995.

Les dix vérités de l’opinion publique

Remettons le tout en perspective et regardons objectivement ce qu’en pensent les Québécois.

1) Il y a un écart considérable entre ce que les élites disent et ce que le peuple pense. Contrairement à ce que laissent croire la plupart des médias, les Québécois souhaitent résoudre la question des accommodements raisonnables et sont favorables à l’interdiction des signes religieux visibles dans la fonction publique.

2) Le Québec est encore divisé

Quarante-neuf pour cent des francophones appuient le projet de charte et 34% s’y opposent alors que seulement 15% des anglophones soutiennent le projet de charte et 72% s’y opposent. Nous observons une division sur les plans linguistique, territorial, générationnel et partisan.

3) Un débat partisan

Le niveau d’appui au projet de charte a chuté de 57% à 43% au cours des dernières semaines. Les libéraux et allophones, plutôt partagés au départ, sont devenus radicalement contre. Quatre-vingts pour cent des péquistes appuient le projet de charte alors que 70% des libéraux s’y opposent.

4) Partagé sur le principe, mais d’accord sur son application.

Plus le gouvernement présente des cas concrets et plus les gens y sont favorables. Ils sont favorables à encadrer tous les cas d’accommodements religieux, à interdire les signes religieux dans la fonction publique et à exiger que le visage soit toujours à découvert.

5) Un débat montréalais

Contrairement à la croyance populaire, ce sont les francophones de Montréal qui sont les plus favorables au projet de charte. Soixante et un pour cent d’entre eux souhaitent l’interdiction des signes religieux. Les allophones sont deux fois plus favorables à l’interdiction de signes religieux que les anglophones.

6) Un débat de génération

Les jeunes sont désintéressés et plutôt défavorables au projet de charte alors que les plus vieux sont davantage préoccupés par le débat identitaire et favorables à ce projet.

7) Pas d’exception

La grande majorité s’oppose à ce que les hôpitaux ou municipalités puissent se soustraire à la réglementation.

8) Contre toute logique

Cinquante-quatre pour cent souhaitent maintenir le crucifix à l’Assemblée nationale même si cela défie toute logique. Nous ne sommes pas à une contradiction près.

9) Des médias partisans

Contrairement à ce que laissent croire les grands médias canadiens, le tiers des Canadiens des autres provinces sont favorables au projet de charte québécoise. Ce taux serait encore plus élevé si une charte similaire était proposée dans leur propre province.

10) La CAQ marginalisée dans ce débat.

La moitié des caquistes appuient la charte et l’autre moitié la rejettent. Au final, la CAQ n’attire plus que 18% des électeurs et 19% des francophones. Si la tendance se maintient, nous assisterons de nouveau à une lutte à deux entre le PQ et le PLQ à la prochaine élection.

Le Québec était divisé sur la place de la religion dans les années 60, divisé entre souverainistes et fédéralistes dans les années 80 et divisé entre la droite et la gauche dans les années 2000. Le cycle recommence. Back to the future !

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