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Plan Nord

Deux ans après son lancement, le Plan Nord est mort

Plus facile de travailler en Afrique ?
Photo Courtoisie Jean Tremblay devant un hydravion Otter turbiné qui a volé beaucoup moins qu’à l’habitude depuis sa base du réservoir Caniapiscau.

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La débâcle du Plan Nord fait mal à bien des travailleurs et des entreprises du Québec, et pas seulement au nord du 49e parallèle. Parlez-en à Jean Tremblay, vice-président d’Air Saguenay, une entreprise d’aviation de brousse située à Chicoutimi.

La débâcle du Plan Nord fait mal à bien des travailleurs et des entreprises du Québec, et pas seulement au nord du 49e parallèle. Parlez-en à Jean Tremblay, vice-président d’Air Saguenay, une entreprise d’aviation de brousse située à Chicoutimi.

Le trafic aérien est un indicateur clé de l’activité économique dans le nord du Québec. C’est comme ça, par exemple, que le carburant est envoyé aux minières.

«En 2011, on était en pleine effervescence, rappelle M. Tremblay. Cette année, si on n’avait pas eu les feux de forêt, on aurait été en grande difficulté. Si on veut rester en vie, il va falloir que l’économie reprenne.»

Il évalue entre 50 et 60% la baisse de l’activité aérienne dans le Grand Nord entre 2011 et 2013. Trente employés ont perdu leur emploi en deux ans chez Air Saguenay, sur une centaine d’employés et des hydravions sont maintenant à vendre.

Plan Nord ou plan mort?

«Est-cequ’on doit parler du Plan Mort? Nous, on le sent comme ça en tout cas», dit-il.

Selon lui, le climat d’incertitude entretenu par le gouvernement Marois a clairement contribué à refroidir l’intérêt des prospecteurs pour les richesses minérales d’ici.

«Quand tu ne sais pas ce qui va arriver, tu évites de prendre des risques», dit-il. Il n’est pas le seul à penser comme ça.

• Guy Bourassa, PDG de Nemaska Lithium, qui projetait de construire une usine de transformation du lithium à Valleyfield, a dû mettre ses projets sur la glace par manque de financement. «Peu importe ce qui se décide à Québec (sur la Loi sur les mines), ce sera mieux que l’incertitude actuelle», dit-il.

• Mario Rouillier, président de Forages Rouillier, en Abitibi, parle d’une baisse d’environ un tiers de son chiffre d’affaires depuis un an. «Qu’est-ce qui se passe avec le Québec? Tout le monde nous demande ça dans le milieu», dit-il.

• André Tremblay, responsable de l’exploration chez Ressources Métanor, une des seules minières entièrement québécoises, déplore qu’on fasse passer les compagnies minières pour des parias au Québec. «Ça nous ralentit dans notre expansion et ça complique le financement.»

• Marc Boisvert, de la compagnie d’exploration MDN, dit que son entreprise a mis en veilleuse ses projets au Québec pour se consacrer à un projet en Tanzanie. Dans certains cas, c’est plus facile de travailler en Afrique, selon lui. 

• Ghislain Poirier, de Stornoway Diamonds, avoue que sans l’aide financière du gouvernement, sa compagnie serait en grave difficulté. «Sans eux, on serait dans la m...», dit-il.

• Guy Hébert, PDG de Ressources Strateco, estime que le Québec est en train de se faire une mauvaise réputation. «Partout au Canada, on continue d’investir sauf au Québec.»

 

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